@JPCiron
« La réforme de Zoroastre est précisément de passer au dieu unique ». Il semble qu’il n’y est que partiellement parvenu et de toutes façons, c’est encore un hénothéisme avec le dualisme entre l’Esprit bénéfique et l’Esprit maléfique, même si Ahura Mazdā reste le dieu principal. Frantz Grenet a beaucoup publié sur le zoroastrisme et ses liens avec le shi’isme.
Une des difficultés à comprendre cette religion est le fait que les écrits se sont étalés sur plusieurs siècle, du 10ème siècle avant notre ère dont il ne reste pas grand chose au 2ème/3ème siècle après notre ère et par une instabilité des dogmes. Les derniers textes ont été écrits après les Evangiles et ont pu en être influencés, mais les liens les plus évidents sont avec certains documents de Qumran : « L’Instruction sur les deux Esprits » contenu dans la « Règle de la communauté ». Ces textes n’ont rien de chrétiens, mais se situent dans la mouvance judéo-chrétienne. Qumran est d’abord un dépôt de textes obsolètes qu’on ne pouvait pas détruire à cause de leur caractère sacré. Les versions successives montre une grande plasticité des dogmes de cette communauté, très influencée par d’autres religions.
Une des caractéristiques du zoroastrisme est son lien très fort avec le pouvoir politique. D’abord avec le roi Wishtāsp, protecteur de Zoroastre, puis avec le rôle des prêtres, investis partout dans l’administration et la justice. Il est possible que Wishtāsp soit le véritable instigateur du zoroastrisme dans une manœuvre destinée à consolider son pouvoir. Pour avoir un peu étudié les liens entre pouvoir et religion, j’ai tendance à penser que cette hypothèse est la plus plausible.