• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Pascal L 17 avril 2020 18:51

@JPCiron
Il n’y a pas de dualisme dans le livre de Job. Ce livre ne nous parle pas de Satan mais de Dieu. Satan est en quelque sorte un personnage secondaire, comme le sont les amis de Job qui introduisent des pensées hérétiques. Si dans le livre de Job, Satan est nommé l’adversaire, ce n’est pas l’adversaire de Dieu mais de Job. Ce livre s’oppose donc à une pensée dualiste. Ce sont les réponses de Job qui nous montrent le visage de Dieu. Si le dualisme a pu exister dans les débuts du Judaïsme, au moins la période mythique pré-Esdras, il a progressivement disparu.

« le mal apparaît virtuellement aussi puissant que le Dieu créateur du bien » Je suis souvent surpris par les théologiens protestants et je ne vois pas comment il peut arriver à cette conclusion en lisant le livre de Job. Satan a toujours besoin de l’autorisation de Dieu pour agir et si Dieu le laisse faire, c’est pour que la vérité finisse par éclater. Il y a une relation à faire avec les souffrance endurée dans notre monde. Dieu ne veut pas le mal mais le laisse faire. Dieu est toujours capable de transformer un mal en bien. Par exemple lors du sacrifice d’Isaac par Abraham, ce n’est pas Dieu qui demande à Abraham de sacrifier son fils (je me suis fait confirmer la traduction par un spécialiste de l’Hébreu), c’est Abraham qui a voulu sacrifier ce qu’il avait de plus cher et Dieu ne lui a pas fait de reproche. C’est ainsi que Dieu reprend Abraham tout en douceur et nous pouvons déjà y voir une marque de l’amour de Dieu. Cette histoire est un mythe, mais quelle belle leçon sur l’amour de Dieu cela peut être.

« le Dieu créateur du bien » Quelle terrible interprétation anthropologique de la nature divine. Le bien et le mal nous ramène toujours à une loi, mais ce n’est pas le propos de Dieu. Une loi peut toujours conduire à des injonctions contradictoires et nous retire notre responsabilité humaine. Une loi ne peut que conduire à un Dieu pervers, ce qui semble contraire à l’observation. Toute la Bible nous montre un Dieu Amour. Par l’amour, nous ne nous posons pas la question de savoir si ce que nous faisons est bien ou mal, mais si cela a été fait par amour ou pas et donc si cela fait du bien à la personne à qui nous le faisons. Le mal ne peut être le contraire du bien, ce qui conduirait à une dualité, mais est lié à l’absence d’amour. Un peu comme le froid n’est pas le contraire du chaud, mais le signe de l’absence de chaleur. La haine n’est pas le contraire de l’amour, mais son absence.

« la mention « ... fils des Dieux  » est devenue « … fils de Dieu  », puis « … Anges de Dieu », et enfin aujourd’hui « … enfants d’Israël » » Je vous renvoie vers Deutéronome 14,1 : « Vous êtes des fils pour le Seigneur votre Dieu » Ce texte s’adresse bien aux croyants, donc toutes ces traductions sont bonnes sauf la première, l’Hébreux est une langue parfois un peu cryptique. Elohim qui signifie Dieu est un pluriel utilisé au singulier et pourtant quand on lit la partie élohiste du Pentateuque, on ne peut pas comprendre que cela signifie plusieurs dieux. C’est donc un pluriel de majesté. Le Pentateuque est une compilation de plusieurs traditions. Vous dites vous même que la compilation date de l’époque d’Esdras, alors vous ne pouvez avoir une interprétation totalement littérale quand cela vous chante. Vous devez en comprendre ces mécanismes.

« on trafique les livres saints. C’est malhonnête ! » Ben voyons. Je dirai plutôt que vous n’y comprenez rien. Etonnant que personne n’ait pensé à publier une pensée si profonde ! N’oubliez pas de justifier.

« Il y a des archéologues qui ont publié la-dessus » Je vous conseille la lecture de « La Bible dévoilée » de Israël Finkelstein et Neil-Asher Silberman. C’est peut-être la référence que vous aviez en tête, mais vous devriez relire. Je ne suis pas sûr que vous ayez bien compris, car ils n’ont jamais exprimé vos conclusions. Nous pouvons en déduire, mais cela fait longtemps que nous le savons, que les événements historiques et scientifiques contenus dans le Pentateuque ne correspondent pas à la réalité. Ce sont des mythes, mais ce n’est pas pour autant que ces mythes n’ont rien à nous enseigner. A une époque où la transmission du savoir sur Dieu se transmet oralement, les exigences de l’oralité imposent des règles pour faciliter la mémorisation. Pas question de se répéter un traité de théologie le soir à la veillée. Les mythes sont le support de la théologie. En quelque sorte le doigt qui nous montre Dieu et vous ne voyez que le doigt. Changez donc de perspective. En fait, les personnes qui ont fait l’expérience de la rencontre de Dieu, et c’est toujours vrai, ne peuvent être inspirées que lorsqu’ils parlent de Dieu. Tout le reste n’intéresse pas Dieu et ils peuvent bien raconter ce qui les arrange. Nous ne pouvons pas en obtenir la preuve, mais nous pouvons chercher une vraisemblance dans ces récits sur Dieu. Et c’est là que cela devient intéressant. La vraisemblance peut se déduire du texte. Vraisemblance encore confirmée aujourd’hui par tous les témoignages que nous avons sur des rencontres avec Dieu. Youtube en est rempli. Que Abraham ou Moïse aient existé, nous n’en savons rien mais le texte à beaucoup plus à nous apporter. Par contre, nous pouvons situer historiquement les plaies d’Egypte, ce qui nous permet de prouver qu’Abraham ne pouvait pas être un contemporain de Zoroastre.

« faire remonter les Gâthâs au début du premier millénaire avant notre ère » Je ne lui donne pas tort. Le problème, c’est que les Gâthâs sont des hymnes, donc des prières qui ne représente que le quart de l’Avesta ancien. Le fait que les trois quarts de ce document n’aient pas pu être conservés est aussi significatif, probablement d’un changement important dans les dogmes.

« il y a souvent des redites, et cela permet de reconstituer les choses » Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que se sont des redites et non une expression différente des dogmes ? 

suite plus bas pour ne pas dépasser la taille max de la réponse...



Palmarès