"On est passé d’une génération de femmes instruites dans les années
1960-1970 farouchement opposée à la polygamie à une génération qui
l’assume, voire la revendique », explique Fatou Sow Sarr, maître de
conférences à l’université Cheikh-Anta-Diop, à Dakar, et fondatrice du
laboratoire Genre et recherche scientifique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN).
Source de souffrance pour beaucoup de femmes et leurs enfants, la
polygamie peut aussi être vécue comme une contrainte par certains
hommes. « Je vis une situation ubuesque », lâche Abdou*,
62 ans, éminent universitaire et acteur de la vie intellectuelle
sénégalaise. Après trente-six ans de mariage et trois enfants, il a
épousé en secondes noces, sans tambour ni trompette, une consœur
divorcée d’un premier mariage. « Ma première femme n’a pas voulu
qu’on se sépare, car le divorce au Sénégal est une catastrophe sociale,
surtout pour la femme. La polygamie est dans mon cas un divorce qui ne
dit pas son nom », confie-t-il.
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https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/05/11/au-senegal-la-polygamie-ne-fait-plus-peur-aux-femmes-instruites_5297654_3212.html