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Étirév 29 juin 2021 12:37

La colère est l’expression violente de la révolte de l’homme contre tout ce qui gêne les manifestations de son instinct.
La susceptibilité est le premier mot de la colère. L’homme susceptible se fâche quand il a tort, et quand on lui prouve qu’il a tort ; il se blesse surtout quand il s’aperçoit qu’on le prend pour ce qu’il est, c’est-à-dire quand il voit qu’on n’accepte pas le masque, dont il se couvre, comme le représentant réellement.
L’impatience, l’emportement, l’irascibilité viennent d’une impulsion motrice non coordonnée. Ce qui équivaut à dire que ce sont des manifestations qui ne sont pas guidées par le raisonnement ; elles sont spontanées et se produisent chez les individus dont l’intellectualité n’intervient pas dans la direction des actes. On les appelle des impulsifs, ils ne savent ce qu’ils font, leur violence prouve ce qu’ils veulent nier : leur déchéance.
La colère est donc le fait de l’homme qui a perdu presque toute sa vie intellectuelle en la dépensant dans la vie sexuelle.
Les caractères physiques de ces hommes les rapprochent des anthropoïdes (C’est pour cette raison qu’il affirme que le singe est son ancêtre, pour justifier cette ressemblance)
Loin d’être irresponsables de leurs actes, ils ont une immense responsabilité ; celle de leur déchéance, qui devrait, dans une société bien organisée, les priver de toutes espèces de droits, c’est-à-dire, comme dans l’antiquité, les mettre à l’interdit.
L’impulsivité a ses degrés. Elle commence à l’impolitesse et finit au crime.
La colère se manifeste même sans cause déterminante : l’homme mécontent de lui-même est continuellement prêt à s’en venger, et nous sommes destinés à être ses victimes, ne fût-ce que parce que nous devons supporter la vue de ses laideurs morales.
La politesse a été instituée pour corriger l’impulsivité.
La valeur des hommes se mesure par le degré de politesse qu’ils mettent dans leurs relations sociales.
NB : Le degré de sensibilité que possède un individu est en raison inverse de son degré de motricité.
Il en résulte que les individus sensitifs joignent à leurs qualités naturelles des qualités négatives engendrées par le défaut de force musculaire. A côté du calme, de la patience, de la persévérance, ils ont le manque d’action et, surtout, la timidité qui naît de l’aversion pour tout ce qui est lutte, combat, violence.
Il en résulte que les hommes les meilleurs sont en même temps les plus modestes et presque toujours les plus ignorés, puisque, à moins de circonstances exceptionnelles, pour se faire connaître il faut l’action, l’audace qu’ils ne possèdent pas.
En même temps les plus moteurs, c’est-à-dire les plus remuants occupent les premières places, alors qu’ils devraient occuper les dernières puisque leurs facultés intellectuelles sont moindres, leur réflexion plus lente et qu’ils possèdent, en échange, des facultés motrices qui les rapprochent des animaux et dont l’excès est un danger pour la société. Tout ce qu’on est convenu d’appeler qualités morales est le résultat des facultés sensitives, l’amour du bien, du beau, du vrai, la charité, la pitié, la fraternité, le raisonnement.
Dans le domaine des faits c’est la justice et le droit.
La prédominance du système moteur engendre des facultés toute contraires. C’est, d’abord, l’action, l’audace que donne la conscience de la force musculaire (« Les C.. sa ose tout... »). On ne craint rien d’un ennemi que l’on peut terrasser ; la brutalité, la cruauté, la violence, la tyrannie, l’injustice, la mobilité, le défaut de persévérance, l’égoïsme, l’orgueil, et enfin un sentiment de vengeance qui naît de ce que lorsqu’un individu a reçu une impression qui le blesse, mais dont il n’a pas pleine conscience, une impression qu’il ne peut pas apprécier à sa juste valeur parce qu’il lui manque pour délibérer des facultés sensitives qu’il n’a pas, il donne à cette impression une valeur exagérée et veut en tirer une vengeance exagérée. La jalousie naît de cette impression. C’est encore la domination, l’ambition, l’autorité arbitraire. En un mot c’est la force.
Sensibilité et motricité



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