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Lucadeparis 4 octobre 2021 09:39
Lucadeparis

Je ne suis pas du tout convaincu par l’assimilation du bon cheval à l’affect et du mauvais cheval à la conation. Pourquoi l’affect serait bon et la conation mauvaise ? Il y a ce que Spinoza appelait les « passions tristes ». Une phobie par exemple pourrait être considérée comme un affect négatif (une peur disproportionnée, paralysante de quelque chose). On pourrait parler de la jalousie, l’envie, lorsqu’elles atteignent certaines proportions. Dans ce passage de Phèdre sur le cheval ailé, Platon écrit que « l’envie réside loin du chœur céleste » : l’envie n’est-elle pas un affect ?

Et si « Le bon cheval représente les affects, c’est-à-dire, l’énergie disponible, docile car soumise aux volontés du cocher », en quoi considérer que ces volontés, du domaine de la conation, seraient mauvaises ? Après, pour justifier cela, la volonté est réduite à la « volonté rétive ».

Bref, je ne vois pas comment réduire la conation, le « désir » au « désir des choses terrestres », alors que la cognition serait céleste : « c’est parce que la contemplation de ces réalités ultimes que sont les idées le remplit de joie que le cocher s’efforce de s’en approcher en conduisant l’attelage vers le Ciel » : il peut y avoir la conation de faire le bien, comme la connaissance de choses médiocres. Il y a là une praxéologie de la cognition et de l’affectivité bonnes, et de la conation mauvaise.

 

(Il est remarquable que dans ce passage sur le cheval ailé, Platon définit Dieu : « Quant à celui d’immortel, il n’est point le résultat d’une démonstration, nous le composons sur de simples conjectures ; et sans avoir jamais vu Dieu et sans le comprendre suffisamment, [246d] nous disons que c’est un être vivant immortel dont le corps et l’âme sont de leur nature éternellement unis. ».)



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