@ Emile
L’emplacement d’Avitacum n’est en soit pas décisif pour déterminer celui de Gergovie. Si on démontrait sans conteste qu’Avitacum était à Aydat, cela constituerait un indice mais pas une preuve pour y situer Gergovie. En faveur d’Aydat, il y a le lac bien connu et l’ancien nom Aidac.
Dans la même catégorie des indices, voyez la salamandre de François 1er avec la tête quasiment systématiquement tournée vers sa patte arrière droite, c’est à dire vers Mont Redon. Et la forme même du haut de cette patte dépassant de derrière le corps de l’animal fait penser au profil de Mont Redon. Ce n’est pas une preuve mais cela mérite qu’on y réfléchisse.
Sur le chapiteau de Jonas de Mozac, l’église et la ville semblent se situer au pied de la montagne de la Serre. Il s’agirait donc plutôt de Saint-Saturnin que du Crest. Sur ce chapiteau figurent deux têtes de monstre ; celle qui recrache située à l’extrémité de la mer/montagne de la Serre et celle qui avale Jonas placée plus en arrière, sous la barque/oppidum, un peu comme la patte arrière de la Salamandre : à l’emplacement de Mont Redon.
https://www.romanes.com/Mozac/Saint_Pierre_de_Mozac.html#95
La description précise de Bibracte n’étant fournie par aucun auteur antique, il vous a fallu réfléchir à l’emplacement le plus logique à partir des maigres éléments fournis par Strabon (Cabillo = ville, Bibracte = citadelle) pour la localiser à Mont-Saint-Vincent, la plus importante forteresse des Comtes de Chalon. Et vous avez expliqué comment les Eduens ont organisé la défense de leur territoire autour de ce site certainement pas choisi au hasard.
Dans le cas de Gergovie, nous disposons de la description donnée par César. Je répète que je ne trouve rien à redire à votre explication de la bataille hormis que je suis toujours moyennement convaincu qu’on puisse lancer une attaque-éclair depuis la Roche-Blanche en espérant arriver au Crest avant les Gaulois retranchés sur l’éperon de la Serre. Les vestiges pouvant être reliés à la bataille y sont très maigres, le camp d’Orcet n’est peut-être qu’un camp de transit et les doubles-fossés de la Roche-Blanche sont à demi convaincants dans la mesure où énormément de sites sont dotés de double-fossés.
Grâce à l’Armorial de Revel, on peut constater que Le Crest était un site militaire majeur en Auvergne, ce qui est confirmé pas un historique très complexe où on voit régulièrement revenir de grands noms de la région (Roche-Aymon, Chazeron, Aycelin de Montaigu, Langeac...). Ce sont souvent des officiers haut placés à la cour du Duc ou du Roi qui deviennent seigneurs du Crest...
... Mais Mont-Redon peut aussi faire valoir ses arguments. Châtellenie disputée par le Comte et l’Evêque avant de tomber dans l’escarcelle des seigneurs de la Tour d’Auvergne dont la puissance n’a fait qu’augmenter au cours des siècles jusqu’à Catherine de Medicis. Un détail m’intrigue dans l’Armorial de Revel : l’excellent état de la forteresse. Alors que beaucoup de sites sont encore plus ou moins en ruines après la Guerre de Cent Ans, même Le Crest porte quelques stigmates ; Montredon semble avoir été remis à neuf prioritairement avant tous les autres. Seule la petite enceinte extérieure a été laissé à l’abandon.
Identifier Gergovie pour identifier Gergovie n’a en soit pas beaucoup de sens si on ne comprend pourquoi elle se situe à tel endroit plutôt qu’à tel autre. Il faut bien garder à l’esprit que le concept de capitale militaire est un OVNI pour les chercheurs universitaires. Tout au plus se contentent-ils de dire qu’un site est stratégique sans expliquer pourquoi. Pour être convaincant, il faut proposer un modèle applicable à toutes les cités gauloises et capable de faire « sortir de terre » toutes nos anciennes citadelles gauloises. Le modèle qui fonctionne pour Bibracte doit fonctionner aussi pour Gergovie.
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