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Decouz 19 mai 2022 18:31

Grossman arrive à la conclusion, dans Tout passe (1963), que l’histoire de la Russie a eu le cours inverse de celle de l’Occident : au lieu de fonder l’État sur la liberté et la prospérité par la démocratie, la Russie a basé la construction de l’État sur l’oppression. Le servage réinstauré par Pierre le Grand n’a fait que se renforcer sous Lénine, la Russie a bâti « une nation et un État au nom de la force, au mépris de la liberté ». Vassili Grossman considère que toute forme d’imposition d’un « bien suprême » à l’humanité se termine en carnage. Ce « bien suprême » se pervertit inéluctablement, engendrant le mal. Le mal est toujours fait au nom du bien : « Là où se lève l’aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. » Pour Grossman seule la bonté individuelle est possible, c’est ce qu’il appelle la « bonté sans pensée » :

Il faut considérer :

-l’Allemagne était vaincue, elle n’était pas en mesure de s’opposer à une dénazification dès lors que les crimes étaient évidents, les crimes de Staline n’ont été reconnus au moins partiellement qu’après sa mort, et personne ne pouvait l’imposer à l’URSS de l’extérieur.

-Ni la Chine, ni la Russie n’ont connu de régime démocratique selon les conceptions de l’Occident, mais les deux prétendent agir pour et représenter le peuple.

Ces deux pays sont passé directement de l’Empire au communisme (quelques nuances pour la Chine), alors que la France par ex a connu plusieurs siècles depuis la monarchie, avec des retours en arrière.



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