Côté russe,
les choses paraissent assez simples.
Quelle que
soit la politique des sanctions de l’UE et des USA contre la Russie, aussi
longtemps que Poutine restera au pouvoir la Russie poursuivra sans relâche les
objectifs suivants a minima, quoi qu’il en coûte (les Russes vont souffrir) et
avec cependant le soutien d’une majorité de Russes (c’est leur culture) :
- Maintien
de la Crimée dans la Fédération de Russie
- Mise
en sécurité des russophones du Donbass
- Refus
de bases avec sites de lancement de missiles américains en Ukraine, refus de l’Ukraine
dans l’OTAN.
La question
est évidemment celle de la longévité de Poutine au pouvoir dans un contexte où
les sanctions finiront par avoir un effet important sur la Russie. C’est l’inconnue,
car il est impossible de savoir si, quand et dans quelles conditions le pouvoir
va changer en Russie dans la prochaine décennie. Une hypothèse : le
pouvoir poutinien ne changera pas dans les 3 prochaines années.
Côté
européen, la première question est de savoir si les USA conserveront la
maîtrise absolue de la politique de l’UE vis-à-vis de la Russie (livraisons d’armes,
sanctions, négociations etc.). Compte tenu du profil des fonctionnaires
bruxellois de la Commission, on peut faire l’hypothèse du statu quo. Bruxelles
est soumise à Washington et le restera. Ce positionnement de Bruxelles est l’une
des causes de cette guerre (cf. Général Vincent Desportes).
Le
changement pourrait venir de certaines nations européennes, soumises à des
pressions de politique intérieure. La tendance à glisser à droite/extrême
droite a et aura des effets distincts selon les pays. Ce glissement ne changera
rien à la politique russe des Suédois, Finlandais, Baltes, Polonais, Roumains, Britanniques,
Tchèques ... Il pourrait changer le positionnement de pays tels l’Italie, la France,
l’Allemagne (? compte tenu de ses problèmes énergétiques/industriels) … mais à
la marge, du fait des pressions de Washington et Bruxelles. Fondamentalement,
la politique actuelle de l’UE devrait perdurer, dont son incapacité à négocier
sérieusement sous pression US (Minsk).
Il peut cependant y avoir de mauvaises surprises pour certains pouvoirs
européens en place, quelques désordres, mais l’ordre sera rétabli, avec
violence si nécessaire compte tenu du contexte.
Alors quoi,
tant les positions russes et US/européennes resteront éloignées ? Impossible
à prévoir, tant que les présidents américain et russe, sentant la proximité d’une
guerre nucléaire, ne se mettront pas à la table des négociations. Rien à
attendre de ce point de vue de la part de Biden. Il faudra attendre le prochain
président des Etats-Unis en 2024. En attendant, il faudra serrer les boulons (Macron)
et le reste (nous autres).
Contrairement
à l’auteur de l’article, je ne vois pas de bouleversements à venir dans l’UE concernant son
positionnement sur la guerre en Ukraine, ni dans sa structure comme conséquence de cette guerre. Les USA tiennent encore le manche.