« Au moment où la lutte contre les
discriminations sexistes implique des combats portant notamment sur
les violences conjugales, les disparités salariales et les
phénomènes de harcèlement, l’écriture inclusive, si elle semble
participer de ce mouvement, est non seulement contre-productive pour
cette cause même, mais nuisible à la pratique et à
l’intelligibilité de la langue française.
Une langue procède d’une combinaison
séculaire de l’histoire et de la pratique, ce que Lévi-Strauss et
Dumézil définissaient comme "un équilibre subtil né de
l’usage". En prônant une réforme immédiate et totalisante de
la graphie, les promoteurs de l’écriture inclusive violentent les
rythmes d’évolution du langage selon une injonction brutale,
arbitraire et non concertée, qui méconnaît l’écologie du verbe. »
Hélène
Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française
et Marc Lambron, directeur en exercice de l’Académie française, le
5 mai 2021.