@Iris
Comment mesurer ou juger du degré démocratique d’un pays ?
Très bonne question mais d’abord qu’est-ce que nous percevons comme caractéristique de ce qu’est une démocratie. Il existe une multitude d’approches et celles qui ont été suivies conduisent inexorablement à l’échec.
Même si Platon n’était pas un grand démocrate, il plaidait sur un point essentiel que nous aurions dû retenir : En démocratie, il ne faut jamais donner le pouvoir à celui qui le revendique, c’est une source de dérive. Il insistait d’ailleurs sur l’importance du tirage au sort parmi les citoyens, le suffrage universel ne pouvant s’appliquer que si des personnes revendiquent le pouvoir.
Peut-être avons-nous chacun nos critères, mais il me semble que le pouvoir du peuple à influer sur la conduite de son pays est supérieur en France, même s’il n’y a pas de quoi pavoiser après ce qu’il vient de se passer.
Je ne le pense pas, pas plus en France qu’ailleurs. Le pouvoir est plus à une dimension mondiale aujourd’hui et nous sommes bien plus proche de la définition d’Aristote que de celle de Platon : la démocratie est une oligarchie dans laquelle on donne le droit de vote aux citoyens pour leur laisser croire qu’ils peuvent influencer le pouvoir.
Je ne connais pas suffisamment la Chine pour en parler avec certitude mais il reste pour moi évident qu’ils pèsent énormément sur les sujets qui leurs tiennes à cœur ; mais ce ne sont pas les mêmes aspirations que les nôtres. D’ailleurs, je ne connais pas un seul des 60 pays où j’ai pu avoir des rapports avec des autochtones qui ont les mêmes aspirations, les mêmes demandes.
En fait la situation est bien plus complexe qu’elle n’y parait, sauf à poser l’hypothèse que nous sommes les seuls et uniques détenteurs des aspirations d’un peuple, de tous les peuples.
C’est dans nos gènes, notre universalisme, nos valeurs, nos pensées comme mondialement universelles ; or il n’en ait rien, ce que beaucoup de pays comprennent comme étant notre position la plus arrogante dans ce monde multiculturel.