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Article très intéressant qui met aussi en exergue la perspective sur des temps longs et le quotidien de plus en plus prégnant dans la vie des autochtones.
En fait beaucoup de choses se recoupent avec les analyses que nous pouvons faire en nous intéressant au sujet.
Je reste toujours attaché aux propos Ludwig Wittgenstein : Tout ce que le philosophe peut faire, c’est de détruire les idoles. Et cela ne veut pas dire en forger de nouvelles.
Que dire ... la communication est devenue mortifère, on ne communique plus vraiment, il y a eu une forme de glissement sémantique. Lucien Sfez l’a bien approché en explicitant qu’il ne serait sans doute pas venu à l’esprit d’un Grec du cinquième siècle de voir dans la cité une « société de communication ». Un citoyen grec ne doutait pas des vertus du langage et de la discussion, mais à ses yeux une idée de ce genre n’aurait pas représenté beaucoup plus qu’une tautologie sans intérêt.
L’influence habermassienne a pourtant maintes fois relevé cette aberration de la communication. En se sécularisant, les sociétés occidentales ont perdu les repères et les valeurs qui en assuraient traditionnellement la cohésion. Pour l’animal politique d’Aristote, la polis représentait un lieu d’échange et de parole dans lequel le citoyen puisait le sentiment de son appartenance à la communauté des êtres raisonnables. Citoyen et être de raison n’y faisaient qu’un. Habermas écrivait déjà : La communication devient la Voix unique, qui seule peut unifier un univers ayant perdu en route tout autre référent. Communiquons. Communiquons par les instruments qui ont, précisément, affaibli la communication. Voilà le paradoxe où nous sommes jetés.
Dès lors que vous tenez entre les mains d’un pouvoir centralisé l’ensemble des principes de communication, vous détenez une maitrise totale de la société, c’est une forme de dictature molle qui utilise le discours pour engager les populations sur la bonne voie, ce que nous retrouvons dans la fabrique du consentement d’Edward Herman et Noam Chomsky.
Dans la vie pratique, ma fille a suivi des études de journalisme. Dans sa formation universitaire, il existait deux branches de journalisme ; le journalisme et la communication. Elle m’a rapporté, il y a plus de 10 ans, que 98% des étudiants étaient dans la filière communication, ils n’étaient que 2 dans la filière journalistique. Ses expériences dans les journaux ont confirmé cette tendance, la plupart des « journalistes » ne font que de la communication, ils ne font plus de journalisme.