Une poignée d’heures avant la capitulation officielle du Japon, il fut même question d’un troisième bombardement nucléaire dont la cible aurait été Tokyo. En effet, le 14 août 1945, en début d’après-midi, John Balfour, diplomate britannique à l’ambassade de Washington, expédiait un télégramme adressé au bureau des Affaires étrangères britanniques comprenant les indications ci-dessous :
« The President remarked sadly that he now had no alternative but to order an atomic bomb to be dropped on Tokyo ».
En parallèle, mais seulement quelques heures après, les États-Unis prenaient connaissance de la reddition officielle des forces armées et du pouvoir japonais suite à la déclaration d’Hirohito (15 août 1945).
Rappel de certains faits historiques en 1945 :
11 février, signature des accords de Yalta, l’un des engagements prévu entre les États-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne, prévoyait l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon deux ou trois mois après la capitulation
février-juin, de multiples raids aériens sont menés par les américains sur la ville de Tokyo, ils sont reconnus comme étant les bombardements les plus dévastateurs de la Seconde guerre mondiale, dépassant en nombre de victimes ceux de Hiroshima ou Nagasaki.
26 juillet, Potsdam ultimatum, USA, URSS et Chine aux manettes, le Japon doit se rendre où il sera détruit.
6 août, premier bombardement nucléaire sur Hiroshima réalisé par le funeste bombardier B-29 « Enola Gay » qui était accompagné par « Necessary Evil » afin d’immortaliser l’explosion de « Little Boy » et par « The Great Artiste » pour prendre des mesures.
8 août, déclaration de guerre des soviétiques au Japon, invasion soviétique de la Mandchourie (conformément aux accords prévus à Yalta, 90 jours, jour pour jour, après la capitulation allemande, l’armée soviétique déclare la guerre au Japon).
Malgré toute cette frénésie guerrière, le Japon n’avait pas abdiqué. Une bombe nucléaire plus tard, toujours rien, il en aurait donc fallu une seconde pour mettre K.O le pays du soleil levant selon la version officielle. Grâce à l’usage de la bombe nucléaire, les États-Unis ont créé leur mythe de la « quinte flush royale »,4 l’atout majeur, la force brute, la terreur pour gouverner, et ainsi imposer leur volonté. Cependant nous avons des éléments qui prouvent que la reddition du Japon pouvait être obtenu sans aucune autre forme de massacre dès le mois de mai 1945. Pour cela il aurait fallu négocier sous certaines conditions avec l’empereur Hirohito et ses représentants, ce qu’ont refusé les américains. Eux ils avaient d’autres projets comme tester leur nouveau jouet sur une population civile. Enfin, l’intervention militaire soviétique en Mandchourie est un autre élément décisif qui vient infléchir la propagande du grand vainqueur de la Seconde guerre mondiale.