Maman France, le sein tari.
Hier encore nourricière, elle se dresse aujourd’hui, la poitrine
flétrie, vidée de son lait, mais gonflée à craquer… d’impôts,
de taxes, de promesses creuses, de budgets guerriers. Son sein
administratif, jadis généreux, ne distribue plus qu’un menu amer
: l’insécurité au petit-déjeuner, la vaccination obligatoire au
déjeuner, la précarité au goûter, la guerre au souper. À ses
pieds, ses enfants, naïfs, rêvent encore d’un pays apaisé, d’une
terre où l’on grandit sans peur.
Au-dessus d’elle, une élite agile danse, telle une caste de
prêtres d’un culte absurde. Leurs sermons ? Des homélies sur la
croissance, des incantations à la justice. Mais dans leurs mains
expertes, rien : que des mirages, de la poudre aux yeux. On vénère
la domination, on sacralise la servitude, on décore, on médaille le
renoncement… et tout cela, au nom d’une illusion : la République.
Pourtant, malgré la chute grotesque de cette matrone épuisée, ses
enfants (ceux qu’on veut déjà enterrer : Certificat de décès
signé d’avance ) s’obstinent. Ils crient, supplient, cherchent
désespérément, dans ce sein desséché, une étincelle, un
souvenir de tendresse maternelle. Ils rêvent du jour où ils
pourront enfin dire, sans amertume, mais avec fierté : « Oui, nous
sommes les enfants de Maman France. »