Giorgio Vasari écrit que Léonard de
Vinci avait peint une Cène d’une beauté merveilleuse, très
vénérée par les Milanais, exprimant l’amour, l’indignation, le
désarroi, le soupçon des apôtres au sujet de celui qui avait
trahi, mais il manquait deux têtes, celle de Judas et celle du
Christ, que le peintre n’avait su ou pu réalisé pour des raisons
opposées, il finit par peindre la tête de Judas, mais s’avouait
impuissant à montrer celle du Christ, son imagination ne parvenant
pas à montrer la beauté et la grâce céleste incarnée, aussi le
tableau serait demeuré inachevé, en fait Vasari exagère, puisqu’on
voit bien la tête du Christ, mais il soulève un problème réel qui
est celui de l’adéquation de la représentation et de la réalité
spirituelle, qui n’existe pas dans le cas de l’icône orthodoxe, qui
se veut un art sacré alors que la peinture occidentale n’a pas le
même caractère.
Il n’y a pas au départ de représentation, mais des signes comme le poisson ou le chrisme, il n’y a pas eu non plus de codes formels précis, si ce n’est en négatif ou en suggestion, par exemple les éléments d’un tableau devaient respecter la hiérarchie des personnages et le sens des éléments symboliques pour que l’oeuvre puisse être montrée publiquement ou dans les édifices religieux.