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jakem 12 janvier 14:33
jakem

Extraits d’un article d’Atlantico :

1— 

 La contestation qui anime l’Iran semble très difficile à analyser, pour certains à gauche qui peinent à admettre que les principaux griefs des Iraniens ne soient pas tournés contre le capitalisme ou même l’Occident. Comment comprendre cette difficulté à appréhender l’idée que la « fin de l’Histoire » n’aura pas lieu, ou en tout cas pas comme l’imagine une certaine gauche ?

Olivier Vial : Quand on regarde la façon dont une partie de la gauche occidentale réagit à l’Iran, on comprend assez vite que ce n’est pas un simple problème d’information ou de compréhension du terrain. C’est plus profond. C’est presque un réflexe de survie idéologique.

Il faut partir d’un constat un peu brutal : une partie de cette gauche ne tient plus aujourd’hui que par une armature conceptuelle qui lui permet encore de se raconter une histoire cohérente. Et dans cette armature, il y a quelques piliers devenus presque sacrés. Le premier, c’est la matrice décoloniale / anti-impérialiste, qui a fini par devenir non pas un outil d’analyse, mais une valeur cardinale. Une boussole morale. L’Occident y est perçu comme le centre du système d’oppression mondial. Et tout ce qui s’oppose à l’Occident, ou apparaît comme “anti-occidental”, est mécaniquement rangé dans le camp des opprimés, ou au moins des “résistants”.

Le problème, c’est que cette grille de lecture fonctionne tant que le réel accepte de se laisser découper en deux blocs. Mais dès que le réel déborde, dès qu’il devient plus complexe, cette grille se retourne contre ceux qui l’utilisent. Or, l’Iran est précisément un cas-limite : on a un peuple qui conteste un régime théocratique, autoritaire, et qui peut scander des slogans violemment hostiles aux mollahs, parfois même nostalgiques d’un autre ordre politique, sans que cela passe par une contestation “anti-capitaliste” ou anti-occidentale. Et ça, pour cette gauche, c’est une scène quasi impossible à interpréter.



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