@jakem
Suite 4 :
Or une fois éradiquée la quête du bon, du bien et du beau, et que les exigences morales, spirituelles et esthétiques ont été réduites à la portion congrue, ne reste guère que la prédation, soit l’accaparement des biens et des corps. De ce point de vue, le long règne de Jack Lang a été emblématique d’une conception néopatrimoniale du pouvoir. François Mitterrand en début de règne, avec qui il aimait se rendre quelque soir à Venise pour prendre un apéritif sur le Lido, par avion du Glam, l’avait bien instruit des mœurs d’Ancien Régime. On ne saurait ici faire la chronique des affaires qui ont émaillé sa pratique du pouvoir, moins en matière de subversion culturelle, comme le fut l’événement fondateur de Chaillot, qu’en matière de prévarication et d’abus de pouvoir. Des costumes jamais payés ni rendus à l’entreprise Smalto, qui s’élèvent à des sommes astronomiques en cours de jugement (reléguant les costumes Fillon à une œuvre de charité) ; des séjours dans des palaces jamais payés, à Cannes où l’on mit fin à sa venue, ou dans le monde arabe, où l’on se plaignait de son insistance au Quai d’Orsay ; ou ce restaurant libanais de l’IMA mis en faillite par son directeur, débiteur d’une dette astronomique qui fut chiffrée dans Le Canard Enchaîné.