@Eric F
Vous parlez de “maximalisme”. Permettez-moi de revenir au terrain historique.
L
es grands empires coloniaux européens — français, britannique, néerlandais, espagnol, portugais — ont été démantelés au XXᵉ siècle. Non pas parce qu’une puissance extérieure aurait décidé leur destruction, mais parce que leur logique impériale est devenue politiquement, économiquement et moralement insoutenable.
Le monde ne s’en est pas plus mal porté. Au contraire, la fin des empires coloniaux a ouvert une ère nouvelle fondée sur le principe de souveraineté des États.
L’histoire européenne est claire : les puissances impériales qui déclenchent des guerres d’expansion et les perdent en sortent transformées, parfois profondément.
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1918 : disparition des empires allemand, austro-hongrois, ottoman.
- 1991 : dissolution de l’URSS après échec stratégique et épuisement structurel.
Parler d’un affaiblissement structurel de la Russie après une défaite militaire n’est pas du maximalisme. C’est une observation historique.
La Russie contemporaine reste, qu’on le veuille ou non, marquée par une mentalité impériale. Elle raisonne encore en zones d’influence, en glacis stratégique, en sphère de domination. Ce décalage temporel est manifeste.
Mais l’histoire est constante sur ce point. Jean-Baptiste Duroselle l’a formulé avec sobriété : « Tout empire périra. » Ce n’est ni un slogan ni un programme militaire.C’est un constat de longue durée.
La question n’est pas de “démanteler” artificiellement la Russie par une invasion occidentale — scénario fantasmatique — mais de constater qu’un régime engagé dans une guerre impériale, sous sanctions massives, dans une dépendance économique croissante vis-à-vis de la Chine, crée lui-même les conditions d’une recomposition interne.
Pour l’instant, les mentalités russes restent éloignées de cette évolution. Mais l’histoire, elle, ne s’arrête pas aux représentations nationales.