@jakem
( suite 2 et fin ) : « Face au risque que le RN gouverne le pays, il est nécessaire d’être en capacité de résister de l’intérieur au recul de l’État de droit et de la démocratie. Ce n’est pas antidémocratique, au contraire, c’est une manière de cranter la démocratie. » Cranter la démocratie ? Cette fois les propos, rapportés dans l’hebdomadaire Marianne, n’émanent pas d’un trublion gauchiste, mais d’un proche du président de la République justifiant le verrouillage des postes clés de l’État dans l’objectif assumé d’empêcher une éventuelle future majorité RN de gouverner. Il ne s’agit pas ici d’abolir le vote comme le préconise Lagasnerie, mais de le rendre presque inefficient, de déposséder le peuple de sa souveraineté pour la confier à des technocrates ou des juges non élus.
Depuis 2005 et le « non » français au traité constitutionnel européen, les élites politiques ont tendance à faire fi de la volonté populaire pour gouverner, voire à gouverner contre la majorité. Emmanuel Macron a poussé cette logique à son paroxysme. Sous son impulsion, le Conseil constitutionnel a vidé de sa substance la dernière loi immigration, pourtant peu restrictive, alors qu’elle était plébiscitée par la majorité des Français. Plus récemment, le premier ministre a décidé par décret de la politique énergétique de la France sans même un débat à l’Assemblée nationale.
Entre l’extrême gauche de Lagasnerie et l’extrême centre macroniste opposé au « populisme » au nom de « l’État de droit », il y a une différence de degré, mais pas de nature : tous deux rêvent d’une démocratie sans le peuple…>>