@microf
On pourrait dire que c’est une vision optimiste… au point d’en devenir presque philosophique.
Car affirmer que ces pays « vont lentement bon train », c’est un peu comme reprendre le paradoxe d’Achille et de la tortue. Sur le papier, tout avance : la tortue progresse, étape après étape, et Achille semble toujours la rattraper… sans jamais y parvenir. Le mouvement existe, mais l’écart demeure.
Ici, c’est assez similaire. Oui, il y a des signes de recomposition, des affirmations de souveraineté, des ruptures affichées avec les anciens partenaires. Mais dans le même temps, les fragilités structurelles persistent : insécurité diffuse, dépendances économiques, tensions sociales non résolues. On avance, mais vers quoi exactement, et à quelle vitesse réelle ?
Quant à l’idée que « les maîtres d’hier ne reviendront plus jamais », elle relève davantage de la formule que de l’analyse. Les formes de présence changent, les acteurs se transforment, mais les logiques d’influence, elles, ne disparaissent pas. Elles se déplacent, parfois se renforcent, souvent se recomposent.
Bref, Achille court toujours. La tortue aussi. Mais croire que la course est déjà gagnée, c’est peut-être aller un peu vite… justement.