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beo111 29 avril 10:11
beo111

@LeMerou

Marchés de niches, l’expression est effectivement maladroite, mais je n’avais que peu de temps et je voulais absolument éviter l’anglicisme « customisation », qui était pourtant plus proche de ce que je voulais exprimer.

La customisation, c’est ce qui a permis à SAGEMCOM de vivre sur les marchés du téléphone mobile par exemple. Car oui, il y a 20 ans, SAGEM était un acteur important de la téléphonie mobile, mais on ne le voyait pas en France car le gros des ventes se faisait à l’étranger.

On parlait du triomphe discret de Sagem, qui arrivait à vendre de bons téléphones pas cher dans des pays où le pouvoir d’achat était moins élevé qu’ici. La force de Sagem c’était la customisation, c’est-à-dire la capacité de vendre des dispositifs configurés de manière à répondre à des demandes culturelles spécifiques.

Si en plus c’est pas cher, alors c’est très compétitif. Le problème c’est que pour ne pas être cher la part du prix qui dépend de la quantité, tout ce qui est matériel quoi, dépendait de fournisseurs externes. Par exemple l’électronique venait de chez Texas Instruments. Et le problème c’est que quand la 3G est arrivée, eh bien TI ne faisait pas de 3G...

Sagem a donc du se fournir chez Ericsonn, un concurrent, bref, on marche sur la tête. Franchement EMP - Ericson Mobile Platform - fonctionnait bien, mais EMP nous a imposé trop de choses, notamment une SSII indienne pour faire le soft appli. Sagem a payé très cher le manque de souveraineté interne.

Résultat je me souviens, des téléphones tout buggués qui ont été vendus à perte à un opérateur italien. Et pourtant Sagem a continué à faire de bénéfices sur des marchés à la demande, de la vente liée en fait.

Par exemple je me souviens du téléphone Porsche, design très masculin, on aurait dit qu’on pourrait se raser avec. Ils étaient donnés pour tout achat de véhicule Porsche, mais Porsche, évidemment, nous les achetait.

Ça fait pas un gros marché, mais ça fait de la marge, car on est dans le luxe. Et avec les champions français dans le domaine du luxe, l’IA qui accroit la productivité, des near-shore francophones comme la Tunisie (ingénieurs 3 x moins cher), je pense qu’on a de bonnes cartes à jouer.



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