@Bruno Hubacher
Vous n’avez pas totalement tort, mais pas raison tout de même. Pour commencer, je précise votre affirmation « cette opération GIEC ». Vous avez bien compris que dans le GIEC, il y a 2 entités qui se concurrencent : la science et la politique. Et ce sont les diplomates qui négocient mot après mot les conclusions des rapports scientifiques. Et ce sont eux qui mélangent captage technologique et reforestation.
C’est le Groupe 3 (WGIII) qui s’occupe des solutions pour atténuer le changement climatique. Contrairement aux idées reçues, ils ne croient pas aux miracles technologiques. Leurs conclusions se résument en trois piliers : pour eux, la priorité absolue est d’arrêter d’émettre. Les technologies d’émissions négatives (comme le captage) ne doivent être utilisées que pour les secteurs impossibles à décarboner totalement (comme l’aviation ou la fabrication du ciment), et non comme un permis de polluer pour le reste de l’économie. De plus, ils mettent de plus en plus l’accent sur la « suffisance » c’est-à-dire, la sobriété. Cela signifie : réduire la demande d’énergie (modifier les modes de transport, isoler les bâtiments) ; et changer les régimes alimentaires (moins de viande pour libérer des terres agricoles, ce qui évite d’avoir à choisir entre nourrir la population et planter des arbres).
Pour les scientifiques, les solutions les moins chères et les plus efficaces à court terme sont le déploiement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, et l’arrêt de la déforestation. Le captage industriel et la reforestation massive à l’échelle de continents sont des solutions jugées marginales, incertaines et coûteuses.
Oui, la photosynthèse existe et c’est un puits de carbone naturel supérieur aux usines de captage actuelles. Le problème n’est pas le mécanisme (l’arbre), c’est la quantité de surface terrestre nécessaire à cette solution si on refuse de baisser la production globale. Ce mélange avec le technosolutionisme est dû aux diplomates drivés par leurs gouvernements qui ne veulent pas remettre en question la croissance du PIB.