• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Bonjour @Sigurdhur,

Votre parallèle avec la prison à perpétuité est intéressant, mais il passe justement à côté de la différence fondamentale que je souligne.

Il ne s’agit pas de savoir ce que les partisans de la peine de mort soutiennent ou non, il s’agit de regarder la réalité de l’erreur judiciaire en face. La prison à perpétuité, aussi dure et imparfaite soit-elle, conserve une dimension que la mort détruit instantanément : la réversibilité. Si de nouvelles preuves apparaissent, si l’on réalise dix ans plus tard qu’un homme est innocent, on peut le libérer et tenter de réparer ce qui peut l’être. Ce fut le cas pour Patrick Dils, un innocent qui a passé quinze ans en prison. On ne répare rien dans un cimetière.

L’argument de la faillibilité humaine reste donc, à mon sens, totalement probant et implacable. La justice des hommes est par définition imparfaite ; lui donner un outil parfait et définitif comme la mort est une contradiction dangereuse. Quand l’État exécute un innocent, il cesse d’être la justice pour devenir un meurtrier de plus. Et cela, aucune rhétorique ne peut l’effacer.



Palmarès