@xana
Bonjour.
Premier point : je ne stigmatise en aucune manière ceux qui rejettent les médias traditionnels. Ensuite, je n’ai jamais dit que j’associais le fait de s’en écarter en privilégiant d’autres sources au complotisme. Au contraire, je pense précisément que le rôle des médias alternatifs est important pour diffuser des messages qui passeraient totalement inaperçus sans eux. C’est particulièrement vrai dans les domaines de la politique, de l’économie, des choix de société ou de la vulgarisation scientifique. Je crois donc qu’il faut encourager ces initiatives visant à concurrencer les médias dominants. De plus, ceux qui se tournent vers ces alternatives entament une démarche potentiellement saine.
Je suis ainsi entièrement d’accord avec vous quand vous dites que le pouvoir tend à museler une certaine opposition et que les médias indépendants ont un rôle actif à jouer en ce sens. Je consulte et soutiens d’ailleurs plusieurs d’entre eux à titre personnel. La défiance envers les médias traditionnels me semble alors bien justifiée, et je n’y vois, à ce stade, aucune association automatique avec le complotisme.
Quoi qu’il en soit, le problème que je pose dans l’article dépasse la seule question de la source d’information. En effet, les médias parallèles ne sont pas forcément plus fiables que les autres. Ils mettent en avant des sujets ou des opinions, invisibilisés par ailleurs, d’accord, mais, rien n’assure pour autant que les contenus proposés seront systématiquement crédibles. En somme, l’erreur est dans une sorte de simplification qui voudrait que tout ce qui sort de la médiasphère traditionnelle soit biaisé là où tout ce qu’avancent les sites alternatifs serait toujours vrai par principe.
C’est finalement la méthode qui doit prévaloir sur la seule origine de l’information. Un fait est validé par des preuves reproductibles, des recoupements, de la transparence, etc. La diversité des sources est alors nécessaire, mais elle ne suffit pas si elle n’est pas complétée d’un esprit critique actif.