@Eric F,
C’est précisément parce que l’Histoire s’éclaire par la géographie — et par le droit — que votre raisonnement ne tient pas.
L’argument de l’annexion « préventive » pour sécuriser Sébastopol est un habillage rhétorique qui inverse les rôles. En 2014, le statut de la base navale russe en Crimée était garanti par des traités bilatéraux - les accords de Kharkiv - courant jusqu’en 2042. L’Ukraine, alors militairement faible et constitutionnellement neutre, ne menaçait en rien cette présence. Prétendre que la Russie a dû violer les frontières d’un État souverain pour « prévenir » une menace hypothétique revient à légitimer la loi du plus fort au détriment du droit international.
Quant à la géographie, l’utiliser pour justifier la conquête d’un « corridor terrestre » vers la Crimée est une définition même de l’impérialisme du XIXe siècle. Si chaque puissance mondiale s’autorisait à envahir, annexer et dévaster ses voisins sous prétexte de sécuriser ses accès stratégiques ou ses bases militaires, la carte du monde ne serait qu’un champ de bataille permanent.
La géographie explique les obsessions sécuritaires d’un État ; elle ne justifie en aucun cas ses agressions militaires.