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Emmanuel Aguera 14 septembre 20:02
Emmanuel Aguera

@C’est Nabum

Bof, on peut en effet n’y voir qu’une pirouette.
J’espérais qu’on y vit une (partie d’) explication.

J’étais corrigé en vert ou en rouge sur mon cahier de classe. En comparaison avec la sus-bien-nommée pirouette, je me prenais une tarte lorsque mon père y voyait du rouge. Ce qui me fait me demander, d’ailleurs, si environ 60 plus tard les cahiers de classe existent encore, et si par miracle oui, si les parents doivent toujours les signer quotidiennement. (triple emploi de la même conjonction de subordination dans la même phrase ; le paternel m’aurait en son temps demandé de reformuler).

Bref, si la considération de l’enseignant par son autorité de tutelle a son importance, ce qui est indéniable et prépondérant, il me semble que la considération de l’enseignement dans et par le contexte sociétal me semble tout aussi importante.

De la comparaison avec d’autres pays : ayant enseigné à Londres, je ne suis pas surpris de voir les résultats anglais au-dessus de la moyenne de l’OCDE. De la malléabilité des programmes au décloisonnement des classes en passant par un salaire substantiellement plus élevé (quasiment le double qu’en France), tout s’explique facilement.

Enfin, je n’oublie pas la chute drastique (et générale !, cette fois) des résultats PISA depuis 2012 qui coïncide très exactement avec l’apparition de l’usage de l’IA, ce n’est évidemment pas un hasard et ce n’est pas Eric Sadin qui me contredira : (« Papa, pourquoi je vais à l’école ? » demande le pitchoun qui a sur son écran les réponses à toutes les questions qu’il se pose (encore faut-il qu’il sache les formuler...).

Pour finir, excusez ce copié-collé un peu grossier :

Éric Sadin, philosophe et essayiste français, analyse l’école d’aujourd’hui comme un lieu où s’exerce une logique technolibérale qui réduit l’apprentissage à une préparation à l’efficacité économique et à l’adaptation aux outils numériques. Pour lui, l’école traditionnelle, centrée sur la transmission de savoirs critiques et humanistes, est progressivement remplacée par un modèle où :

  • L’utilité immédiate prime : les programmes et méthodes sont conçus pour former des individus « compétitifs » dans un marché du travail en mutation, souvent au détriment de la réflexion autonome ou de la culture générale.
  • Le numérique est imposé comme une évidence, sans débat sur ses effets (surveillance, standardisation des esprits, dépendance aux algorithmes). Sadin dénonce notamment l’intégration massive des outils numériques à l’école, qu’il juge aliénante et formatrice à une société où l’humain devient un « nœud de données ».
  • L’école devient un lieu de captation  : elle participe à la collecte de données personnelles (via les plateformes éducatives, les évaluations numériques) pour alimenter des logiques de prédiction et de contrôle, typiques du capitalisme de surveillance.

Eric Sadin plaide pour :

  • Un retour à l’essentiel : enseigner la pensée critique, la philosophie, et les humanités pour résister à la déshumanisation technologique.
  • Une démocratisation du débat sur les outils numériques : refuser leur adoption systématique sans évaluation éthique et sociale.
  • Une réappropriation collective de l’éducation, où les enseignants et les élèves redeviennent acteurs de leur apprentissage, loin des logiques de performance et de surveillance.



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