Le rôle de l’État dans le Modèle Joule
Dans le Modèle Joule, l’État ne disparaît pas. Il calcule démocratiquement les besoins collectifs : santé, enseignement, justice, infrastructures, recherche, sécurité et administration. Ces besoins sont ensuite financés par la Banque Joule, et non par des impôts et des prélèvements incorporés aux prix.
La différence est majeure.
Dans le système actuel, l’État prélève une partie des revenus produits dans la boucle capitaliste. Il dépend ainsi de la croissance, de l’emploi, des salaires et du chiffre d’affaires des entreprises.
Dans le Modèle Joule, les capacités humaines, techniques et mécaniques sont préalablement évaluées. Le financement collectif correspond aux besoins et aux ressources réellement disponibles.
Le débat ne se limite donc plus à savoir si le service doit être public ou privé. Il consiste à déterminer :
quel besoin doit être satisfait ;
quelles ressources réelles sont nécessaires ;
quelle quantité d’énergie humaine et mécanique sera mobilisée ;
qui organise le service ;
comment son efficacité sera contrôlée ;
quelle marge entrepreneuriale peut être légitimement reconnue.
Les entrepreneurs peuvent conserver leur initiative et leur capacité d’organisation. Mais leur activité ne leur permet plus d’accumuler indéfiniment un pouvoir économique en faisant payer aux citoyens l’usage de leur propre capital énergétique.
Sarah Knafo maintient la dépendance au salariatLe livre considère le travail comme le principal moyen légitime d’accéder au revenu. La limitation des allocations doit pousser les personnes capables de travailler à retrouver un emploi.
Cela paraît cohérent tant que les entreprises ont besoin d’une quantité importante de travail humain. Mais l’automatisation et l’intelligence artificielle remettent progressivement cette condition en cause.
Si les machines produisent davantage avec moins de salariés, le programme de Sarah Knafo rencontre une contradiction :
il faut travailler pour vivre ;
mais l’économie a besoin de moins en moins de travail humain ;
la propriété des machines et de l’IA reste concentrée ;
leurs gains de productivité alimentent principalement le capital de leurs propriétaires.
Le Modèle Joule répond précisément à cette contradiction. Les machines représentent une accumulation de travail, de connaissances et d’intelligence humaine. Leur puissance productive doit donc contribuer à la subsistance générale et non seulement à la rémunération de ceux qui les possèdent juridiquement.
Deux conceptions de la libertéPour Sarah Knafo, être libre signifie principalement :
conserver une plus grande part de son revenu ;
entreprendre avec moins de contraintes ;
choisir ses services ;
limiter le pouvoir de l’administration ;
protéger la propriété privée.
Pour le Modèle Joule, cette liberté reste incomplète tant que l’être humain doit vendre sa force de travail pour obtenir les moyens de vivre.
La liberté économique suppose alors :
un accès garanti à la vie ;
la disparition du lien de subordination salariale ;
la rémunération de l’apprentissage ;
la reconnaissance de l’énergie humaine de chacun ;
la participation des partenaires économiques aux décisions ;
la maîtrise collective des machines et de l’intelligence artificielle.
Sarah Knafo veut rendre le salarié plus libre à l’intérieur du marché. Le Modèle Joule veut faire de lui un adulte économique qui n’est plus obligé de se soumettre au détenteur du capital.
à suivre ....Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
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