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charly10 23 septembre 15:58

j ai trouve cette info intéressante qui explique le pourquoi de la chose .Lorsque le prix du gazole augmente, le débat se résume souvent au pétrole et aux taxes. Une comparaison entre 2014 et septembre 2026 révèle un phénomène moins visible : le prix hors taxes du gazole est passé d’environ 0,64 €/l à 1,30 €/l. Il a donc pratiquement doublé.

Or « hors taxes » ne signifie pas « prix du pétrole  ». En septembre 2026, ces quelque 1,30 € comprennent environ 1,06 € correspondant à la cotation internationale du gazole raffiné, auxquels s’ajoutent environ 0,24 € de transport-distribution et d’autres coûts et obligations. Le consommateur supporte donc déjà toute une chaîne de coûts avant que l’État n’ajoute l’accise puis la TVA.

La première surprise vient du raffinage. Un baril de Brent autour de 100 dollars en 2014 et autour de 100–105 dollars aujourd’hui ne signifie absolument pas que le gazole devrait coûter le même prix. L’euro s’est déprécié face au dollar, mais surtout le gazole raffiné s’échange aujourd’hui avec une prime exceptionnellement élevée par rapport au pétrole brut.

En septembre 2026, les tensions sur les capacités de raffinage et les approvisionnements internationaux en diesel ont considérablement accru cet écart.

C’est ainsi que la cotation du gazole raffiné est passée, en ordre de grandeur, d’environ 0,56 €/l en 2014 à plus de 1,06 €/l aujourd’hui. Le prix du Brent, à lui seul, est donc devenu un indicateur très insuffisant pour comprendre le prix affiché à la station.

Mais un deuxième phénomène mérite tout autant notre attention. Entre le produit raffiné et la pompe existe ce que l’administration appelle le «  transport-distribution ». Cette composante représentait environ 8 centimes par litre en 2014, contre plus de 20 centimes aujourd’hui. Elle comprend naturellement transport, stockage, fonctionnement des stations et rémunération des différents opérateurs. Mais la DGEC précise qu’elle comprend également des obligations réglementaires, parmi lesquelles les Certificats d’économies d’énergie (CEE), la TIRUERT destinée à favoriser les énergies renouvelables dans les transports, les stocks stratégiques ou encore certaines obligations de transport. Autrement dit, une partie du prix que nous qualifions de « hors taxes » résulte malgré tout de décisions publiques.

Le cas des CEE est particulièrement intéressant. Ce n’est juridiquement pas une taxe et les sommes correspondantes ne sont normalement pas versées au budget de l’État. L’Union européenne impose aux États des objectifs d’économies d’énergie ; la France a notamment choisi le système des CEE pour y répondre et en détermine le niveau et les modalités. Les vendeurs d’énergie et de carburants doivent ainsi financer des opérations permettant d’obtenir des certificats : isolation, pompes à chaleur, rénovations énergétiques, aides à certains véhicules électriques, programmes contre la précarité énergétique, etc. Le coût de cette obligation peut ensuite être intégré au prix de l’énergie payé par tous les consommateurs.

En 2023, le Sénat évaluait déjà le coût des CEE incorporé aux carburants à environ 7,3 centimes par litre. Pour la période 2026-2030, l’obligation française a encore été fortement relevée, à 1 050 TWh cumac par an — c’est-à-dire un volume conventionnel d’économies d’énergie cumulées et actualisées sur la durée de vie des équipements. Le coût exact par litre en 2026 devra cependant être établi avant d’avancer un chiffre définitif.

C’est probablement la distinction essentielle à retenir : le prix d’un litre de gazole ne se résume plus à “pétrole + marge + taxes”. Avant même l’accise et la TVA, l’automobiliste paie le produit raffiné, les conséquences du taux de change, le raffinage, son acheminement, son stockage, sa distribution, mais également le coût de plusieurs obligations énergétiques et environnementales. Certaines proviennent d’objectifs européens, tandis que leurs modalités et parfois leur niveau relèvent de décisions nationales. Parler uniquement des « taxes sur les carburants » ne permet donc plus de mesurer complètement le poids des politiques publiques dans le prix à la pompe : une partie de ce poids se trouve désormais en amont des taxes, directement intégrée au prix hors taxes.



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