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Lombre Von Trek 28 septembre 20:56
Lombre Von Trek

@guylain chevrier

Cher docteur en histoire,

Comme promis, je suis très attentif à votre retour. 

Reprenons d’abord quelques uns de vos passages.

=> « le sens de l’histoire, c’est le fait que le droit s’est détaché progressivement en Occident de la croyance et de l’influence des Églises pour produire des règles communes, des lois, auxquelles les hommes devaient rendre des comptes aux hommes et non à une chose indémontrable comme un dieu, qui autorise ceux qui s’en réclament à vous imposer ce qu’ils veulent. »

Votre phrase n’apporte pas de réponse à ma question. Vous ne définissez pas le « sens de l’histoire ». Vous donnez ce qui pour vous est une conséquence inéluctable de ce « sens » (un genre de dogme sur le progrès de l’humanité....) sans donner une définition claire de votre croyance-racine qui permettrait une discussion dans l’agora.

=> « c’est le fait que le droit s’est détaché progressivement en Occident de la croyance ».

Ceci, ce n’est pas un « sens de l’histoire » dans un sens transcendantal, c’est une étape qui arrive dans toute civilisation dans son développement « normal ». Croire que cela implique une transcendance, c’est être religieux et ne pas connaitre l’histoire comparée (notamment l’Inde antique, l’Égypte antique qui ont traversé EXACTEMENT les mêmes phases, cf Spengler).
Vous prenez un fait particulier (classique mais peu connu du grand public, tout le monde n’a pas lu Spengler, Toynbee et d’autres) pour en faire un « miracle » en croyant prouver l’existence d’un sens transcendant de l’histoire.

=> « Ce qui nous fait remonter aux anciens Grecs, qui sont passés de tout voir à travers des dieux à l’invention du politique et de la démocratie, le gouvernement des hommes par les hommes »

Le meilleur, c’est que vous donnez vous même le contre exemple. Les grecs ont connu aussi leur age de la raison avec un droit qui venait de la raison (logos) et des hommes (démocratie) (Solon, Socrate, Platon, Aristote, Diogène, etc....) . Mais ces grecs antiques sont ensuite revenues à la Religion (cultes à mystères « orientaux », etc...Puis le christianisme....).

Comment est ce possible si le sens de l’histoire est si « évident », si « impératif » et si « puissant » ?

Pourriez vous m’expliquer le mécanisme qui a conduit à une telle « régression » pour les grecs antiques que vous semblez bien connaitre et expliquer en quoi nous ne pourrions pas connaitre dans nos sociétés occidentales, en ce moment, la même chose ?

N’y aurait il pas une explication rationnelle à cet abandon du « logos » et de la « démocratie » et à ce refuge dans la « religion » ?

Explication que refuse de voir ceux qui soutiennent ces « mots vides » et ferment les yeux sur les problèmes très prosaïques que rencontrent d’autres citoyens, sous prétexte de ces idéaux alibis pour que « la fête continue » ?

=> « Parce que les religions sont fondées sur des dogmes inspirés d’une puissance divine imaginaire, indémontrable, et comme le voit Emmanuel Kant, cela conduit à l’arbitraire et à la dictature. »

Je peux « reprendre », comme exemple, votre phrase sans trop de problème tellement elle est générique et imprécise (« Sophisme », un truc des grecs antiques....).

« Parce que les politiques sont fondées sur des dogmes inspirés d’idéaux séduisants, inatteignables, et comme le voit Edmund Burke, cela conduit à l’arbitraire et à la dictature. »

Les faits ?

— Un dogme peut aussi être de nature politique, « athée » et conduire à l’arbitraire et à la dictature : Stoline (communisme), H1tler(spencerisme) et Ursula (technocratisme) l’ont amplement démontré.
— Je note que ce qui a stoppé l’arbitraire et la dictature de l’URSS était en grande partie lié au christianisme orthodoxe.
— Je note aussi que ce qui a chassé l’empire britannique de l’Inde était fondamentalement de nature religieuse. et il a réussit l’exploit de le faire « sans » violence....(à l’échelle d’un continent, c’est une performance rare, un genre de miracle....)
— Nous parlons du génocide vendéen ? L’idéal républicain d’arbitraire
— Nous parlons du comité de salut public ? l’idéal républicain de dictature (dictature dont le principe vient de la REPUBLIQUE romaine)

Pour bien comprendre le contexte, vous précisez être « chargé d’enseignement à l’Université (droit public) ». Quand vous parlez de l’état, vous êtes donc juge et partie ? Non ?

Je pense malgré tout avoir compris votre positionnement : je vous pose donc une question pour élever le débat : quelle est, selon vous, la limite du pouvoir de l’État ?

L’État doit-il seulement garantir les libertés et l’égalité devant la loi, ou doit-il également intervenir pour transformer les convictions, les pratiques et les institutions qui lui paraissent contraires à son idéal ? (idéal qui dans nos sociétés n’est plus au mains des citoyens....)

Une religion organisée qui respecte le droit commun doit-elle, selon vous, rester une composante légitime de la société civile, ou l’État doit-il chercher à limiter son influence au-delà de ce que le droit commun interdit ? Et si oui, sur quel fondement et jusqu’où ?



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