@Emmanuel Aguera
Je dois vous l’avouer direct : si la géopolitique me passionne, la science économique et sa cohorte de chiffres ont le don de m’ennuyer profondément. Je reste avant tout un littéraire, bien plus sensible à la force des récits et aux grands mouvements de l’Histoire qu’aux équations technocratiques.
Ceci dit, cette intervention de Jeffrey Sachs — que, je dois l’avouer, je connais peu — mérite qu’on s’y arrête, surtout quand il s’attaque à l’Union européenne. Certes, les motifs de critique ne manquent pas concernant l’Europe. Mais gardons en tête que le discours de cet économiste n’a rien de la parole d’Évangile : ça reste une opinion personnelle, profondément subjective par nature.
Là où nos chemins se séparent radicalement, c’est que je ne crois pas une seule seconde que l’Europe doive troquer sa dépendance envers Washington contre une quelconque complaisance envers le Kremlin. Pour moi, elle ne trouvera sa vraie place qu’en s’émancipant totalement de toutes les influences extérieures, qu’elles viennent d’Amérique ou de Russie. Chercher des excuses à la politique de Poutine sous couvert d’analyse géopolitique, très peu pour moi.