@Gollum
Merci bien, Mister Gollum, pour ce retour enthousiaste : « Continuez vous faites des textes de qualité... C’est vrai qu’il n’y a plus beaucoup de lecteurs ici... » Cela me fait évidemment très plaisir.
« Moi l’Orient express je l’ai connu grâce à Hercule Poirot bien évidemment... Excellentes enquêtes que j’ai dévoré il y a de ça déjà un bon moment... »
Youpi ! Nous serons donc au moins deux, entre masques, faux-semblants, crime possible et vertiges, à mener l’enquête dans les couloirs du troublant - et, pourquoi pas, légèrement érotique - Orient-Express ! 
@Gollum
Ah ok, merci pour l’info. Honnêtement, quand c’est du « pointu », je comprends tout à fait les résistances. Les goûts et les couleurs, comme on dit, ça ne se discute pas… ou, au contraire, ça dispute sec !
Mais là, les trains, notamment la mythologie de l’Orient-Express, avec son parfum de cinéma rétro, ses madeleines de Proust retrouvées, l’Europe sillonnée de long en large, façon haute prouesse technologique pour l’époque et épopée moderne fascinante, avec pour ultime horizon possible Constantinople, l’ancien nom d’Istanbul, je pensais, très certainement bien naïvement, que cela pouvait intéresser un peu plus de monde.
Parce qu’il y a aussi toute la part de rêve, sur fond d’orientalisme, de curiosité, d’imaginaire et de découverte, que cette histoire véhicule et que l’exposition réactive joliment.
Il faut d’ailleurs voir, à la Villa du Temps retrouvé, les gamins en culottes courtes et leurs grands-parents se pencher avec délectation, bruitages (tchou-tchou, haut-parleurs d’embarquement ou d’arrivée, à la Tati) itou itou, sur la maquette de train, véritable clou de l’événement, qui trône, en charmante miniature de rêve, au milieu du parcours. Entre nous, je ne sais pas lesquels sont les plus joueurs, quitte à se faire plein de films avec, ou à redevenir « enfants » avec !
Alors oui, titiller les zygomatiques, ça peut être fort plaisant. Mais un peu de fond, agrégeant histoire, pédagogie, esprit de sérieux sans pédantisme et esthétique, ce n’est pas déplaisant non plus. C’est même, me semble-t-il, tout l’intérêt d’une exposition grand public, de 7 à 77 ans, et bien au-delà comme on dit.
Après, bon, on fait ce qu’on peut. Pour ma part, je regarde, je lis, j’écris, je partage ce qui m’a touché ou intrigué. Pour le reste, on verra bien ce que le prochain train nous réserve… ou pas.
Bonne journée à tout le monde, en train, à pied, à bicyclette ou à la nage.
Et le train, de toute façon, sifflera trois fois... 
@ahtupic
Voilà qui nous éloigne assez joliment du sujet.
@Phil
Oui oui, le pseudo, on connaît la chanson !
Mais, pardonnez-moi, il y a quand même une différence entre écrire sous pseudo et signer de son nom propre. L’engagement n’est simplement pas tout à fait le même. Mais chacun est évidemment libre de choisir la forme qui lui convient.
« Vous n’avez pas de chance, j’ai un peu de temps aujourd’hui. » Au contraire, c’est une chance ! Votre ressenti et votre opinion sont les bienvenus. L’art est un partage. Après, que nous soyons d’accord ou pas (tant mieux, d’ailleurs !), c’est une autre histoire.
J’ai, par exemple, dans la vie courante, un bon ami peintre qui déteste Picasso (l’œuvre autant que l’homme, sinon plus), ce qui est loin d’être mon cas. Cela ne nous empêche pas d’apprécier chacun la peinture de l’autre et, entre nous, de débattre à bâtons rompus. Lui, dans un registre plutôt « fluide », proche du Color Field Painting, dans la lignée, par exemple, d’un Gérard Traquandi. Et moi… eh bien, moi, je continue à aimer Picasso ! 
Bonjour Phil, oui, je m’en souviens : sous un autre pseudo anonyme, vous m’aviez déjà écrit là-dessus, avec le même lien. « Pollock et la CIA », bah, c’est archi connu, documenté, référencé, avéré : l’art peut être un sacré « soft power », et les États-Unis sont loin d’être les seuls à pratiquer cela, aujourd’hui plus que jamais ! C’est un marronnier, un vieux serpent de mer, selon moi, ce qui n’enlève absolument rien à l’importance historique et artistique de Jackson Pollock (1912-1956), figure de proue de l’Expressionnisme abstrait américain et de l’Action Painting, dont la peinture est devenue une légende, tout comme son image, notamment grâce aux photographies et aux films de l’artiste au travail. En gros, on le sait, le soft power, c’est influencer les esprits par la culture et les idées plutôt que par la force. Pendant la Guerre froide, l’abstraction américaine a bien été mobilisée dans cette stratégie culturelle pour promouvoir l’image d’une Amérique libre et créative face à l’URSS. Voilà.
Sur Debré, vous écrivez : « J’ai la nette impression que dans la peinture proposée, la dimension mentale est un paramètre hélas très présent. » Bah, tant mieux : vous y voyez un défaut, moi, j’y vois une qualité ! Les peintres pensent ! La peinture n’est pas là uniquement pour faire joli ou produire un effet sur un mur. « Bête comme un peintre » (Duchamp) est un lieu commun. La peinture est « chose mentale », disait Léonard de Vinci. Chez Debré, elle est à la fois sensible, poétique et mentale, voire spirituelle : elle brasse large, avec infiniment peu de moyens, des pigments, une toile, un châssis, quelques pinceaux-balais, et parfois la nature qui fait le reste. Il pouvait notamment laisser ses toiles dehors, exposées aux intempéries, provoquant ce que Bob Ross (1942-1995), le fameux présentateur-peintre américain à la légendaire coupe afro, appelait de « joyeux accidents ».
Vous écrivez : « Je suis plutôt sensible et admiratif du travail de « Zao Wou Ki ». Plus charnel, physique, et un puissant support à l’imaginaire. » Je prends ! Bien dit. Moi, j’apprécie les deux. En termes de « paysagisme abstrait » et de rendu très sensible, après les « Nymphéas » impressionnistes et modernes de Claude Monet, sur leurs toiles « ouvertes » aux multiples lectures, ces deux peintres nés la même année (1920), Olivier Debré et Zao Wou-Ki, font vibrer le paysage autrement, chacun avec son langage : dans l’art, certes, les rivalités existent, parfois mimétiques, mais l’esprit de compétition n’a pas lieu d’être quand deux œuvres peuvent simplement se répondre. Tenez, vous me donnez une idée : ce serait bien de voir un jour naître à Paris ou ailleurs une expo monographique qui les réunisse tous les deux ! 
@berry
Je vous remercie pour votre passage. Pour ma part, je préfère parler de peinture plutôt que de politique. C’était le sujet de mon texte.
@Eric F
Bien vu. Merci pour le compliment.
Pour autant, « De la Comédie-Française », je ne fais que l’esquisser : il y aurait encore tant à dire ! [Le rêve : ne point trop en dire, juste le haïku définitif ou... l’exquise esquisse qui en dit long.] Et tant d’autres angles d’approche sont possibles.
Le théâtre est un puits sans fond, entre authenticité, facteur humain et artifices. Pour autant, une IA peut-elle remplacer un comédien sur scène ? Et le cinéma, ici, avec son espièglerie et sa finesse de touche, qui ne sont pas sans rappeler le panache de Cyrano, s’en fait le plus bel écho : une ode aux grandeurs et aux petites misères du spectacle vivant.
Puis le rire en salle, cette interactivité complice avec le spectateur que Jean-Luc Godard qualifiait de « transport en commun », fait tout de même un bien fou... hormis les portables allumés et les bruits de popcorn à répétition, qui nous sortent précisément du film, hélas.
Aveu : il m’est arrivé de lire une excellente critique, dans « Les Cahiers du cinéma » ou « Télérama », d’en être séduit, voire épaté, par les idées, un angle insolite, sa construction, ou au contraire d’être en désaccord total, et de me dire malgré tout : « Voilà, j’ai « vu » le film ! » Mais chut...
Le plus beau compliment qu’un lecteur puisse me faire serait donc, possiblement, celui-ci : avoir encore davantage envie de découvrir le film après m’avoir lu.
Puis ne pas oublier que le cinéma, tout visuel qu’il soit, vient d’abord de l’écrit : du scénario et de la solitude de la plume pensante. 
@Fergus
« Merci à vous pour vos articles culturels que je lis avec beaucoup d’intérêt sans toujours commenter. » Merci à vous ! Aucun souci, bien au contraire. Et merci pour votre message. Le plaisir est partagé, cher Fergus. 
@Fergus
Merci cher Fergus, pour ce retour : c’est toujours un plaisir de vous lire ! J’ai particulièrement aimé votre focus récent sur les… choucas chantants (ou criants ?), charmants ou irritants, c’est selon - une vraie découverte pour moi !
Et entièrement d’accord avec vous : bien vu la comparaison avec le dernier Agnès Jaoui en date, « L’Objet du délit » (qui s’éternise un peu, 2h13 tout de même !). Comédienne-autrice que j’apprécie pourtant, elle confirme malgré tout une chose : décidément, le théâtre inspire le cinéma ces derniers temps.
Puisque l’on parle du tandem Jaoui-Bacri, alias les « JaBa », une pensée pour le regretté Jean-Pierre Bacri, remarquable comme d’habitude, notamment dans « Le Sens de la fête » (2017, Éric Toledano & Olivier Nakache), un film qui, personnellement, me semble en passe de devenir culte. On m’en reparle souvent ! Même mécanique de catastrophes en cascade, façon loi de Murphy : accidents, ratés et emmerdes en tout genre… Un mariage à organiser collectivement dans un château, à la place d’une pièce de théâtre à monter dans « De la Comédie-Française » : deux univers finalement pas si éloignés, avec leur lot de tensions, d’ego et de « pièce montée » qui vire au chaos total.
D’ailleurs, dans ce long-métrage, on retrouve Benjamin Lavernhe et Pauline Clément en futurs mariés : le monde est décidément petit… ou alors le cinéma adore recycler ses belles troupes ! 
@Octave Lebel
Merci beaucoup ! Votre commentaire me fait songer à « Macbeth » : si nous ne sommes que des acteurs de passage, alors le théâtre et le cinéma nous aident parfois à habiter un peu mieux la scène. 
@rosemar
Eh non ! Nausicaa est absente du film de Christopher Nolan. Le réalisateur a supprimé tout l’épisode chez les Phéaciens pour resserrer le récit sur le retour d’Ulysse à Ithaque. C’est d’ailleurs pour ça que j’écris, dès le début de l’article : « Alors oui, les hellénistes les plus sourcilleux regretteront peut-être l’absence de certains épisodes (…) », histoire de prendre quelque peu les devants face aux grand(e)s absent(e)s. Mais bon, on y trouve bien d’autres femmes, et pas des moindres : Pénélope, Circé ou encore Athéna. De quoi rappeler que, chez Homère, les femmes ne sont jamais de simples silhouettes. 
@Étirév
Merci pour ce retour, ami(e) des mythes - Étirév, peut-être « Vérité » à l’envers
-, et pour le lien. J’y ai trouvé des pistes de réflexion intéressantes sur la place du féminin dans les mythes antiques. Sans forcément adhérer à toutes les interprétations historiques proposées, j’aime beaucoup cette idée : « Tous les peuples ont obéi à la Femme ». Qu’elle soit d’Aristote ou qu’elle lui soit simplement attribuée, je la trouve particulièrement évocatrice. Les grands récits grecs n’ont décidément pas fini de nous faire réfléchir…
@Buzzcocks
« (…) un monde bien noir. » Oui. Merci pour ce retour !
Si je puis me permettre, de beaux parallèles… C’est aussi l’aspect universel d’Ulysse : partir, revenir… changé. Et, au fond, chaque époque raconte sa propre « Odyssée ». Comme le résumait en substance Sergio Leone, maître du western spaghetti aux côtés des deux autres Sergio (Sollima et Corbucci), « Homère a tout raconté ; nous ne faisons que raconter les mêmes histoires autrement. » En ce sens, j’aime voir dans l’Homme sans nom (Clint Eastwood) de la Trilogie du Dollar un Ulysse des grands espaces, qu’il s’appelle Colorado ou autrement : il n’a ni royaume à reconquérir ni patrie à retrouver, seulement une route à suivre et une ruse pour survivre…
@Laconique
Avec plaisir ! Merci d’avoir pris le temps de laisser un commentaire. 
@John
Eh oui ! (Au passage, merci, John, pour les liens proposés.) C’est bien pour cela que j’ai écrit : « (...) qu’on attribue à un polémiste de génie. » La formule est traditionnellement attribuée à Voltaire, mais elle a en réalité été rédigée, comme vous le signalez, par Evelyn Beatrice Hall pour résumer sa pensée, et non pour le citer mot à mot. Cela étant, avouons qu’elle lui va comme un gant. Comme quoi, les citations ont parfois une histoire presque aussi passionnante que les personnages auxquels on les prête. Et parfois, de Rambo à Rimbaud, il n’y a qu’un pas ! 
@John
Merci, cher John, pour les différents retours ; pour le premier lien (la « leçon de musique » avec un narrateur en casquette sympa. Ah, les années 80... Le simple pack de binouze en cadeau et entendre parler des requins de studio que sont Steve Lukather et Jeff Porcaro, du groupe californien Toto, ça fait plaiz’, franchement ; la classe, quoi !) et pour le lien (ultra !) vintage du concert dans un stade en plein air en surchauffe. Ça sent le bon vieux temps des eighties florissantes : deux génies, Michael Jackson (1958-2009) et Eddie Van Halen (1955-2020), sur scène ; le crossover musical parfait (avec Quincy Jones, « The Dude », l’homme de l’ombre aux manettes), ça ne se refuse pas ! Qui, aujourd’hui, pour une telle ampleur, une telle mythologie, un tel cocktail explosif, une telle électricité dans l’air ? On cherche encore. « Beat It » forever ! 
@ZenZoe
J’achète ! : « Pierres qui défient / Le temps use tout, sauf eux / Un riff tient debout / Même avec déambulateur. » Bon, d’accord, j’ai rajouté ma p’tite sauce !
En espérant que les Stones n’aient pas fini de me contredire.
@Gollum
« Alors que les Pink Floyd (grands absents de ce billet) [...]. » Pas faux, Mister Gollum, mais là, si l’on ouvre le chapitre Pink Floyd, ça risque de devenir un long tunnel galactique, avec article à rallonge à la clé (et j’aurais perdu tout le monde !). Merci pour votre retour, par petites touches impressionnistes, électroniques et cosmiques. 
@ZenZoe
Merci, chère lectrice, pour ce retour. « Article touffu, avec de nombreux thèmes en fait. Et c’est vrai qu’il y a des tas de choses à dire. » D’accord avec vous, et pourtant j’ai élagué ! J’aimerais un jour, néanmoins, atteindre le haïku minimal qui, non pas égale (ce serait bien trop prétentieux), mais approche un riff dévastateur et accrocheur de Jack Sparrow, oups pardon, Keith Richards sur scène. Pirate des guitares électriques endiablées !
« Tout jeune, on a le grain de folie, la force, l’adrénaline qui bout. Plus tard, tout ça décroît, quoi qu’on en dise. L’expérience en matière de création artistique ne remplacera jamais l’extravagance des débuts. » Mais oui, rassurons-nous : avec l’âge, l’expérience a du bon. Comme un bon vin, on va y croire.
« (...) et Mick Jagger bouge toujours avec autant de vigueur. » Tout à fait d’accord avec vous. Dégingandé, électrique, explosif, « sprinteur » tous terrains (traversant la scène en un rien de temps, comme à Cuba, à La Havane, pour un concert légendaire diffusé dernièrement un soir sur Arte, devant 500 000 personnes : les Stones avec le fameux concert « Havana Moon » du 25 mars 2016, alors qu’il avait déjà 72 ans), et toujours puissamment fougueux. Un des tout meilleurs ! Une bête de scène. Mais nous, cocorico, on avait Jojo. Ce n’était pas mal non plus. 
@Eric F
Merci pour ce retour, cher lecteur. Leonora Carrington est une sacrée découverte. Et dire qu’au départ j’y allais un peu à reculons, sans trop y croire. Simple coup de pub autour d’une exposition ou véritable cabinet de curiosités, puits sans fond d’une artiste restée quelque peu sous les radars chez nous ?
Au début, je résiste. Puis les tableaux se parlent entre eux. Puis ils nous parlent. Puis ils en font craquer... les murs !
L’inerte (la chose peinte) prend vie. La magie opère.
Il y a du Bosch, du Max Ernst, du Dalí, bien sûr, mais aussi du Frida Kahlo : une certaine « mexicanité » à l’œuvre. Et tant mieux si « la » Kahlo, superstar, n’est plus seule. La peinture mexicaine, et la peinture tout court, trop longtemps racontée au masculin, compte d’autres femmes puissamment inventives : Leonora Carrington, montreuse d’ombres et porteuse d’histoires, mais aussi l’architectonique Remedios Varo. Toutes deux méritent d’être (re)découvertes d’urgence.
Cette exposition mêle malicieusement peinture, imaginaire débridé, éternel féminin, part d’ombre (les murs craquelés du parcours en savent quelque chose... Fantômes joueurs, êtes-vous là ?), fantastique médiéval, tarot, récits ésotériques, symbolique religieuse, magie et spiritisme. Une vraie aventure de l’œil. Youpi. 
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