@Emmanuel Aguera
Hector Obalk ? Je connais ! Intéressant… Et il rend l’histoire de l’art accessible, via ses spectacles sur scène, richement illustrés : c’est un plus (même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. Disons qu’il est plus à l’aise avec l’art classique, via ses grilles de lecture bien calibrées, qu’avec l’art moderne et contemporain, comme Warhol ou Yves Klein, qui, par moments, lui échappe un peu). Et, en tout cas, merci pour votre retour ! Le débat reste ouvert, mais je suis globalement d’accord, nous sommes grosso modo raccord. En art, la sensibilité au pouvoir ! Et la technique, personnelle, qu’on s’invente par la pratique, à son service… pour rendre compte de la substantifique moelle de la vie, rien de moins ! 
@Sandro Ferretti
Merci pour le commentaire et le lien. Je m’en souviens, j’avais lu ! Bon titre, suggestif, portant cet hommage au décalé Arno. Et j’aime bien votre « boire et déboires », pour dire, entre les lignes, les hauts et les bas existentiels, sur fond éthylique, de l’artiste troubadour, bien cabossé. Mince, en vous lisant, le comparer, façon le classique « Il me fait penser à… », encore une énième fois à… Tom Waits (lui, toujours vivant, pour le coup, ouf !) était peut-être de trop. 
@Sandro Ferretti
Des aquarelles, même si on connaît davantage ses peintures, de Marie Laurencin, via « L’Été indien » de Joe Dassin, aux perspectives infinies, longues ombres portées diffuses, sans oublier les noirs profonds et les silhouettes solitaires à robe longue face à l’immensité de la mer de Léon Spilliaert, revisités en beauté crépusculaire par le Parisien Romain Bernini (« Merci Léon » !) ou par le Belge Arno : raccord peinture/musique bienvenu, pour des vases communicants entre ondes sonores et volutes plastiques vertigineuses. « Oostende, bonsoir. Spilliaert allume la digue. Comme tous les soirs. Aux couleurs nostalgie. Aux couleurs désespoir. Il nous peint nos marées... », belle entame de chanson écorchée (je préfère Tom Waits dans le genre !) et nostalgique, avec pour bitte d’amarrage entre Arno et Léon (non pas de Bruxelles, mais presque !), une ville natale commune : Ostende ! Nous voilà. La Belgique en force, et en fragilité... Mer grise et ciel lourd, stagnant entre encres de Chine et plage du Nord : bon voyage dans le clair-obscur brumeux et les marées noires du vague à l’âme, avec possiblement, parce que faille humaine à l’horizon, un drapeau noir baudelairien incliné sur un crâne, avec ou sans micro. Bigger Splash psychédélique et spleen nourrissant : le grand plongeon dans la mélancolie. Merci pour la réf ! 
@In Bruges
« « Oh, en général, on s’en fout des critiques », dites-vous... Même pas vrai, je me souviens encore (rien que pour sa voix nasillarde unique) des critiques de François Chalais à mon adolescence. (Bon, les souvenirs, pas sur la tête, ça laisse des traces....) ». Merci pour ce retour ! Assez enthousiasmant. Eh oui, feu François Chalais (1919-1996), je m’en souviens aussi : pédagogue, élégant, presque dandy, avec un côté « grand reporter » à l’ancienne (l’idée-force d’une culture ouverte sur le monde). Et puis, vous avez raison, cette voix particulière, complice avec les vedettes (assez joueuse, à qui on ne la fait pas), presque nonchalante. Mais c’est un critique… télé. Je parlais davantage des critiques de la presse écrite, plus « hommes (ou femmes ! Une des plus connus : Pauline Kael) de l’ombre », moins médiatisés, plus méconnus, voire strictement inconnus !, du grand public, à quelques exceptions près, genre « Mon nom est Personne ». Tenez, toujours question critiques et méta-cinéma (tout ce qu’il y a autour des objets-films), souvenir quand tu nous tiens ! Côté télé et voix à part, j’ai aussi en mémoire « audiovisuelle » persistante le timbre monocorde, feutré et mystérieux, limite sépulcral, si ce n’est carrément funèbre !, du critique de cinéma Patrick Brion (toujours vivant, mais disparu des écrans depuis fin décembre 2024), « l’homme invisible » de la téloche, qui n’apparaissait quasiment jamais à l’écran dans son émission phare, « Le Cinéma de minuit », sur FR3 (devenue France 3). Grand érudit du cinéma classique hollywoodien, aimant particulièrement le western, Tex Avery ou le film noir, il avait aussi un côté Eddy Mitchell, pour « La - toute ! - Dernière Séance » : revoir des fantômes (des stars autrefois célèbres, aujourd’hui disparues), des vieux films en noir et blanc et/ou s’endormir doucement devant… Bonne nuit les petits, des étoiles plein les yeux. Bon, avec tout ça, les fantômes du cinéma ne nous rajeunissent pas, mais ils nous tiennent éveillés ! 
@S.B.
Doublement “Merci Léon”, donc ! 
@S.B.
Plouf ! Comme un sparadrap au milieu de la figure, Léon Spilliaert (1881-1946), ici, pour la référence sous-jacente. Bien vu ! Merci pour le retour et le lien. C’est exactement ça ! 
@Emmanuel Aguera
La photo, c’est à la fois de la technique et de l’art, pour paraphraser Malraux à propos du cinéma : « un art et une industrie ». [Et au passage, cher Fergus, pour ma réponse, vous m’avez devancé !]
Attention, il y a de grands noms dans le médium photographique ! J’évoque d’ailleurs un photographe (plasticien) contemporain dans mon article, Clément Cogitore, cinéaste par ailleurs, comme écho possible à la peinture « voyante » de Bernini.
Et en photo, puisqu’il s’agit « simplement » d’appuyer sur le bouton, tout un art consiste justement à faire oublier ledit bouton ! Car parvenir à se forger un nom, une identité, un univers immédiatement reconnaissable (tiens, ceci est une photo d’untel, d’unetelle), n’a rien d’une sinécure. C’est même, à mes yeux, tout aussi difficile, si ce n’est plus, qu’en dessin et en peinture, où l’intimité du trait et la touche personnelle participent à cette reconnaissance.
Mais ce n’est que mon humble avis. Une photo de Man Ray, par exemple, avec son empreinte surréaliste et ses effets caractéristiques, désormais inscrits dans l’Histoire de l’art photographique (solarisation, rayographie, superposition d’objets…), se reconnaît assez facilement. Et le style, c’est l’homme (ou le... Man !), ou la femme, quel que soit le moyen d’expression. Pourvu qu’on ait l’ivresse, avec, en sa présence… Bref, pour résumer, la maîtrise d’un médium ne suffit jamais à faire une œuvre : comptent aussi, quel que soit ce médium, le regard, le choix, le cadrage, la lumière, le geste et la construction d’un univers personnel, qui feront toute la différence.
« Merci en tous cas de ce voyage chez Bernini ; je ne le connaissais pas, son taf est sérieux et d’une grande sensibilité. Vous le traduisez bien (j’ai même rit à un moment). De la sensibilité et la maîtrise du médium, je ne demande rien d’autre à un peintre. »
Merci pour ce retour enthousiaste ! Je souhaitais, en effet, rendre ce voyage intérieur, et « immobile » (né dans la solitude de l’atelier silencieux du peintre-artisan), plus « extime », le faire sortir de son antre pour le partager. Car il mérite, me semble-t-il, le détour, tant ses propositions plastiques sont aventureuses, parfois aléatoires — je pense notamment au linéament dansant des arbres, à leurs ramifications multiples, communicantes et pénétrantes. Une ouverture du champ des possibles, entre le sensible, le trip cosmique et l’hallucinogène. De quoi faire voyager sans même quitter son fauteuil ! 
@L’apostilleur
Merci pour ce retour et ce ressenti !
« .. ou adepte d’une renaissance de la peinture psychédélique des années 60, signature de la « contre-culture », rejet des institutions par des alternatifs qui dessineront de belles œuvres, hippie, punk, lgbtq, écolos radicalisés...
Un peintre dans le sens du vent.
A voir peut-être, à avoir...
La « réussite » en peinture c’est de plaire même à un tout petit nombre, un seul suffit. »
J’aime assez cette lecture, avec son goût des marges, ses échappées hors des sentiers battus. Pour les personnages peints, souvent solitaires, j’évoque, possiblement, des artistes, des migrants, des marginaux ou des exilés.
« Un peintre dans le sens du vent. » J’aime un peu moins, j’avoue ! Ou alors, comme je l’ai suggéré, contre et « avec » : pour vents et marées, entre calme plat (vent tranquille) et turbulences. Car le vent peut aussi souffler de travers, et c’est parfois là que la peinture prend le large…
« La « réussite » en peinture c’est de plaire même à un tout petit nombre, un seul suffit. »
Bien vu. J’adhère. Après tout, mieux vaut toucher juste une personne que brasser de l’air devant mille !
Merci pour votre passage, en coup de vent… 
@L’apostilleur
Oui, c’est un mélange entre voir et savoir, entre ce que le tableau nous donne à voir et ce que nous y apportons. « L’image et la mémoire se rencontrent, l’imagination fait le reste. » Exactement ! 
@L’apostilleur
Mais les dieux grecs et les saints espagnols ne sont-ils pas, chacun à leur manière, des figures à travers lesquelles l’art interroge la condition humaine ? Chez Zurbarán, dans la pénombre de ses tableaux crépusculaires, où la matière semble devenir lumière, la peinture dépasse largement la dévotion. Elle donne au silence, à la fragilité et à la solitude une intensité presque métaphysique. On peut ne pas croire et être profondément touché. C’est même l’une des grandes forces de Zurbarán : il ne demande pas forcément qu’on croie. Il nous oblige à regarder… 
@Jean Keim
Merci du merci ! Ça fait doublement plaisir. 
@LeMerou
Merci pour ces retours.
« J’ai une sainte horreur du mouvement impressionniste, (…) » Ah oui ?! Bon, les goûts et les couleurs, comme on dit. C’est peut-être dû à trop de boîtes de chocolat avec du Renoir, qui a un côté « porcelainé » : on a frôlé l’indigestion.
« Réalisant très modestement des aquarelles pour le plaisir, je mesure pleinement leur art. » Eh oui, les Impressionnistes, pour la plupart, sous leurs airs… vaporeux, sont de très bons techniciens. Par exemple, Manet (plus réaliste) et Monet (précurseur du « all-over » en peinture, qu’elle soit abstraite ou figurative) ; d’ailleurs, dans le circuit de l’expo de l’Orangerie, « Peindre le temps », un cartel, autour d’une œuvre arborescente réalisée entre 1920 et 1922 (coll. musée d’Orsay), un saule pleureur touffu représenté, en donne une très bonne explication pédagogique : « une peinture décentrée, où aucune partie du tableau n’exerce de primauté sur l’autre ». Ils sont redoutables.
« J’ajoute la distance entre la toile et l’observateur, dépend de ce que l’on veut y trouver, de près c’est découvrir la technique de l’artiste, c’est parfois stupéfiant, de loin c’est se laisser envahir. »
Bien vu, et bien dit. Je valide, si je puis me permettre ! Et finalement, avec les Impressionnistes, tout est peut-être une question de distance : de trop près, on voit les coups de pinceau ; de trop loin, on risque de ne plus voir la facture… mais de juste assez loin, on tombe (possiblement) dedans. 
@Eric F
Merci pour ce retour, très intéressant et sympa :
« Merci, Vincent, pour ce nouvel article, qui fait ressentir ce que vous décrivez. »
« Comment dire, eh bien je me sens chez moi avec les impressionnistes, peut-être parce que dans l’enfance j’avais un astigmatisme non corrigé me faisant voir en flou (…) » : oui ! Avec, en prime, la cataracte « creative » de Monet, vous tapez dans le mille. Et d’autant plus que l’Orangerie avait consacré, en ses murs, au printemps dernier, une expo collective passionnante sur le flou, « Dans le Flou, une autre vision de l’art de 1945 à nos jours ». Claude Monet, bien sûr, s’y trouvait, sans oublier une grosse source d’inspiration pour le peintre impressionniste : un certain Turner, lui aussi figuratif, mais à deux pas du paysagisme abstrait. Ouverture vers la modernité.
« PS : à propos de la photo des visiteurs : l’impression ne se ressent pas en mettant le nez sur le tableau, mais avec « le juste recul »... »
Eh oui, comme pour toute peinture : en saisir les effets visuels, puis la substantifique moelle, regarder la « chose peinte » de près comme de loin. Et les artistes font pareil quand ils peignent. Et pour finir, devant le grand Monet, gardons donc un peu de distance… c’est parfois le meilleur moyen de voir de près !
Bien à vous,
V
@mmbbb
Merci pour ce retour et les grands noms égrenés (Manet, Courbet, Baudelaire, Michel-Ange, Hubert Robert, Monet…) : en venue (rétroactive) – de l’avenir (clin d’œil de ma part au dernier film de Klapisch en date, qui se penchait notamment sur le jeune Monet du Havre) – du musée des Beaux-Arts de Lyon, ça donne envie. Et, diable, du beau monde !
« J apporte un point positif a vos articles , bien construits et documentés mais hélas si peu lus , Ce qui dénote que dans ce média , les lecteurs ne savent pas se détacher des événements et ne savent qu humer l ecume des jours et ne s intéressent peu au beau. »
Merci. Bon, ils sont tout de même un peu lus, certainement davantage ceux sur le cinoche (art encore populaire, enfin, sauf si c’est Marcel L’Herbier ou les Straub et Huillet !) que ceux sur les arts plastiques, parfois jugés trop pointus, ou trop dans leur bulle.
En fait, je ne cherche pas tant le coup (médiatique), ni à simplement reposer sur l’événement superficiel : je quête une certaine profondeur, et une certaine densité. Si possible !
Bien à vous, et bonnes lectures et visites, ici ou ailleurs.
P.-S. : l’art ne repose pas que sur le beau. Il dérange aussi, il inquiète, il titille, il bouscule parfois. Le peintre français Georges Braque (1882-1963) disait, dans ses notes « Le Jour et la Nuit » : « L’art est fait pour troubler. La science rassure. »
@mmbbb
Merci beaucoup pour votre message ! Et merci surtout pour cette évocation de Lyon. Je milite justement pour que l’on sorte un peu du parisianisme ambiant, parfois si branchouille, et que l’on aille voir ce qui se passe dans les musées en région. Il y a tant de beautés à découvrir hors de Paris.
Et cet arbre que vous évoquez me parle particulièrement. J’aime les arbres, ces êtres vivants fascinants, souvent séculaires, aux branches tantôt dénudées, tantôt dansantes, qui semblent porter une mémoire jusque dans leurs racines. Je les aime autant dans la nature que lorsqu’un peintre parvient à en faire sentir la présence sur une toile.
Ce que vous décrivez est d’ailleurs très beau : de près, le tableau n’est plus qu’un fouillis de touches, de taches et de couleurs, savamment ordonnées ; puis, à mesure que l’on recule, l’arbre feuillu apparaît, la figuration se fait, et notre regard se concentre sur cet être vertical, vert et noueux. C’est assez proche, dans sa mécanique visuelle, du pointillisme ou du divisionnisme - Seurat ! -, davantage que de l’impressionnisme au sens strict. Mais peu importe, au fond : quand ça marche, ça marche !
Et puis, franchement, vive la (bonne) peinture ! Elle est magique.
Merci encore pour votre message, et au plaisir de continuer à échanger autour de ces merveilles. 
@Gérard Luçon
Merci pour le lien et pour cette piste roumaine. Nous n’avons manifestement pas tout à fait le même regard sur Marina Vlady. 
@jocelyne
Merci jocelyne ! La Normandie regorge de pépites, content que l’article vous ait donné envie. 
@confiture
Merci pour ce retour ! Ça fait évidemment plaisir, pour l’artiste comme pour l’écrit… Et joli pseudo, soit dit en passant. 
@Léon
Merci beaucoup, cher Léon ! Voilà un commentaire qui me fait rêver… et qui tombe à pic pour une expo où l’on revendique justement le droit à la paresse contemplative ! Continuez donc à musarder en silence : je continuerai, moi, à déambuler pour vous, si mes baskets tiennent le coup. 
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