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Les commentaires de bluebeer



  • bluebeer bluebeer 8 mars 2014 16:52

    Bonjour,

    J’ai bien aimé votre article que j’ai trouvé sincère et éclairant sur la situation.

    Sur d’autre forums j’ai soutenu ardemment le point de vue russe, car la manipulation occidentale de l’insurrection, avec son déferlement d’officiels et de représentants US et UE à Maidan, ainsi que le grotesque parti pris de nos médias occidentaux, sont tout simplement insupportables.

    Votre article a le mérite de recentrer le débat sur les espoirs des Ukrainiens, soumis depuis très longtemps maintenant aux abus de pouvoir et aux pillages d’une nomenklatura politique et économique cynique et avide. Hélas, vous êtes un peu comme les Polonais d’avant-guerre, assez mal entourés.

    A voir la composition du gouvernement de transition, j’ai bien peur que le processus de récupération ne soit déjà bien avancé. A terme, un scénario à la grecque est dans votre avenir européen me parait très plausible. Pour l’heure, tout le monde reste très gentil car il ne faudrait pas effaroucher le bon peuple ukrainien avant que la porte de la trappe ne soit solidement refermée.

    Si vous arrivez à déjouer ces pièges et à tirer le meilleur parti de la rivalité de vos soupirants, alors peut-être pourrez-vous tirer correctement votre épingle du jeu. Mais pour ça, je pense bien qu’il va falloir également être capables de vous débarrasser de votre gouvernement provisoire.

    N.B. Si je soutiens habituellement les positions russes, ce n’est pas parce que j’ai inversé la géolocalisation habituelle du vice et de la vertu. Simplement, pour l’heure, les Russes plaident pour l’existence d’entités nationales souveraines (c’est ironique au vu des circonstances, je sais) alors que les occidentaux militent pour une globalisation et l’effacement des nations (avec le projet pour leur oligarchie et pour leurs élites de conserver le contrôle et la suprématie sur cette planète globalisée).



  • bluebeer bluebeer 12 janvier 2014 15:29

    Bonjour,

    Bon article, bonne mise en forme.

    Cependant, je ne suis pas trop d’accord avec le caractère systématique de la séquence de Kübler-Ross. S’il est un fait qu’un événement choquant pénètre difficilement dans notre réalité, car il lui faut s’y frayer un chemin et trouver une place, sans détruire le reste de nos représentations et convictions, je ne suis pas sûr que cela emprunte toujours la même trajectoire. Par exemple, les premiers moments du 11 septembre ont été ceux d’une sidération, mais pas celle d’un accidenté émergeant de son véhicule réduit à l’état de ferraille, plutôt celle de gens confrontés à un événement trop gros pour être immédiatement assimilé dans les structures mentales préexistantes. Ainsi, je me souviens que les premiers jours, nombre de réactions autour de moi étaient vaguement admiratives, du genre : pour un attentat, c’était vraiment un bel attentat, bien pensé et tout. Ensuite rapidement, le scénario s’est mis en place et l’attention s’est concentrée sur la menace terroriste, sur la nouvelle donne géopolitique, sur l’état de siège qui venait de faire irruption chez nous. Tout ça canalisé par une kyrielle d’infos bidons, mais tout à fait compatibles avec cet état de chaos où chaque information, même ridicule, est un peu crédible quand même. Mais un déni, un refoulement émotionnel, je ne m’en souviens pas. Au contraire les gens ont directement accepté la réalité de l’événement, et se sont laissés entraîner ingénument à la colère. Et c’est bien ça le problème d’ailleurs.

    Je dirais même que le soucis des instigateurs de l’attentat devait être de maintenir un niveau minimum d’alerte et d’indignation dans la population, éviter l’acceptation de faits. Le terrorisme islamique est donc entré dans l’arène, avec toute sortes de péripéties. Islamisme et terrorisme, d’ailleurs, car il était parfois difficile de concilier les deux dans un même axe du mal (la Corée du nord fait tache, par exemple). Ce faisant, il leur fallait souffler sur les braises et maintenir un flot continu de bobards, ce qui au fond, n’est pas difficile. La conscientisation des citoyens aura été un risque corollaire, mais qu’ils ont probablement estimé comme mineur, et en ce sens, cela rejoint vos propos.

    Car si les gens ne se dressent pas davantage contre tous ces mensonges et contes de fée médiatiques dont ils perçoivent vaguement la stupidité, c’est tout simplement qu’ils s’en foutent. Ça ne change rien à leur vie. Du moins de manière visible. Même les américains soumis au Patriot Act n’en aperçoivent que marginalement les effets. Ils ne sont pas passés pour autant au fascisme pur et dur, simplement à une série de glissements sémantiques, quelques changements d’habitude insidieux dans le quotidien, sans grande conséquence. Une tendance à être moins critiques, certainement, même s’ils n’ont pas réellement pris cette guerre à leur compte.

    Non seulement il n’y a pas vraiment eu déni au sens de Kübler-Ross, mais il y a même eu beaucoup de gens pour réagir. Cependant, ces gens réagissent et se positionnent dans les deux sens. Certains épousent la cause d’un camp tandis que les autres se massent de l’autre côté. Jetez un coup d’oeil sur le fil de votre article pour vous en convaincre. Les dérives sont rapides, on glisse rapidement d’un sujet connoté à un autre connoté un peu plus loin, et chacun plante ses banderilles là où il se trouve, sans souci d’abattre le taureau. Il y a débat, mais débat de tranchée, les arguments se chronifient et les positions se radicalisent, faute de preuve irréfutable pour emporter la conviction.

    En fait, la confrontation finit par se suffire à elle-même : dans un autre fil, j’ai évoqué la démarche récente de deux Congressmen américains demandant la déclassification d’un rapport sur les financements du 11 septembre, et pointant du doigt la responsabilité des Saoudiens (un des représentant connait le contenu de ce rapport pour avoir fait partie d’’une commission qui l’a analysé en détail, et voudrait le diffuser). C’est une petite révolution, puisque des représentants de l’establishment veulent eux-mêmes mettre sur la table des faits nouveaux et ouvrir des portes avec des conséquences encore incalculables sur le plan diplomatique. Ça n’a virtuellement intéressé personne sur le fil. Pourtant, ce genre de brèche est attendue depuis douze ans maintenant. Le 11 septembre est bien assimilé, mais de manière très différente par les uns et les autres, et surtout codifié. Le débat se suffit à lui même, il ne débouche sur rien de pratique.

    Je ne renvoie pas les adversaires dos à dos. Je pense que les truthers cherchent la vérité, et que ceux qui ont décelé, à tort ou plus vraisemblablement à raison, une vaste manipulation dans les attentats du 11 septembre, se sont effectivement aguerris pour la suite des événements (l’Irak, l’Afghanistan, Ben Laden, la Libye, la Syrie...). Malheureusement, savoir n’est pas pouvoir. Ce qui paralyse les gens (et vous en parlez, effectivement), c’est plutôt un constat : et alors ? Qu’y puis-je ? Les citoyens sont laissés à eux-mêmes. Il n’y a plus de force anti-système constituée, il n’y a plus de plan d’action. On en arriverait à penser, commeau début de l’Ecclésiaste, que « le savoir augmente le chagrin, et que l’abondance de connaissance apporte l’abondance de souffrance ».



  • bluebeer bluebeer 12 janvier 2014 13:16

    Je ne suis pas sûr que ça tombe au bon endroit, mais bon...

    « Es-tu un lâche dégonflé ? »

     ???

    On n’est pas dans une cour de récré, MdeP. Faudrait prendre vos gouttes de temps en temps.

    Sinon, oui, Israël a le choix de la paix. C’est certainement un chemin difficile, hasardeux, pavé de nombreuses déceptions et provocations, mais il a ce choix. Ce qu’explique Levine dans son article, que vous n’avez pas voulu ou su lire, c’est que sans guerre, les sionistes voient s’effondrer tous leurs soutiens, et notamment leurs soutiens économiques. Il s’agit d’une fuite en avant, comparable à celles des néocons aux USA qui ne voient de salut que dans la suprématie de leur système sur le reste du monde, ouvertement revendiquée par eux. L’analyse me paraît assez juste.

    Votre diatribe est édifiante. Vous êtes typiquement le genre de personne qui refuse tout dialogue et vocifère au lieu de chercher à convaincre. Vous êtes une caricature de sioniste ; la plupart sont au moins réalistes.



  • bluebeer bluebeer 11 janvier 2014 19:25

    La plupart des intervenants antisémites de ce forum ouvrent le parapluie pénal avec le terme « antisioniste » alors que c’est, bien sûr, exactement la même chose.

    Tout est dit :

    Tu oses critiquer la politique d’Israël, donc ça veut dire que tu hais les Juifs, donc que tu es raciste, donc que tu nie la Shoah, donc que tu es un criminel ! Mais que fait la police !?

    Eh bien, chère MdeP, cette attitude, c’est du terrorisme idéologique. Ça veut dire : tu n’es pas d’accord avec moi, tu es un criminel, je dois te punir.

    Ce sont des gens comme vous, qui tenez ce type de raisonnement, qui attisez toutes les haines. Vous voulez soumettre par la force et par l’intimidation, vous obtiendrez bien évidemment exactement le contraire.

    Mais c’est peut-être volontaire, étudié ? Pour les sionistes, la guerre est productive, elle produit ce genre de tension, elle raffermit les liens, les soutiens, elle mobilise. Sans elle, les sionistes pur crin auraient peur de voir leur chateau de cartes s’écrouler.

    Je donne le lien d’un article (en anglais) d’Andrew Levine sur ce thème, dans counterpunch. Je ne fais à personne l’insulte de souligner que Levine est un nom juif. J’en profite au passage pour témoigner de mon admiration à toutes ces voix juives qui dénoncent les excès des extrémistes de leur communauté d’origine. A mes yeux, sont de ma tribu ceux qui partagent mes valeurs - pas nécessairement mes idées.

    http://www.counterpunch.org/2014/01/03/delegitimating-israel/



  • bluebeer bluebeer 11 janvier 2014 15:40

    Bonjour monsieur Bilger ;

    Vous écrivez un fort bon article, salutaire, pertinent et nuancé.

    Je voudrais néanmoins réagir sur votre acquiescement au caractère « exceptionnel » de l’holocauste des juifs. Je ne sais pas jusqu’à quel point il mérite ce qualificatif. Je ne veux pas m’étendre longuement ici sur ce sujet, je me contenterai de dire que bien d’autres populations ont souffert, pendant la seconde guerre mondiale, l’extermination pour motif « racial » (les slaves, par exemple, étaient voués à l’annihilation ultime, et ce sont eux avec les Chinois, qui comptent le plus grand nombre de victimes civiles). Et si on se penche sur l’histoire de l’humanité, nul doute que des peuplades entières ont disparu de la Mémoire, extirpée par la hache et le feu.

    Ce n’est pas un point spécieux. En effet, ceux qui veulent imposer un statut particulier et quasiment mystique à l’Holocauste contribuent à entretenir un schisme entre la communauté juive et le reste de l’humanité. A quel titre ces personnes pourraient-elles exiger que la Shoah soit plus terrible, plus abjecte, plus honteuse que tout autre génocide perpétré avant, pendant ou après cette période ? Quel serait donc le critère déterminant ?

    Et quand bien même, admettons qu’il existe des arguments pour dire que cette tragédie est la pire des tragédies, celle dont toute l’humanité doit nécessairement avoir le plus honte, quelles en sont alors les implications ? Quel est le but recherché, quelle serait la conséquence logique ? Une repentance éternelle, une culpabilité éternelle ? Quoi exactement ?

    Les mots juifs, sionisme, Israel, sont-ils devenus tabous ? Désignent-ils une nouvelle classe d’intouchables ? Une nouvelle caste sacralisée ? Appartiennent-ils à une autre sphère, une sphère supérieure ? Ou devons nous considérer malgré tout que nous appartenons tous à la même humanité ? Que les juifs ont été victimes de la folie d’autres hommes, certes, mais au même titre que les tziganes ou les slaves à la même époque, pas plus pas moins ?

    Rien ne justifie l’obnubilation actuelle. A quel degré d’incurie intellectuelle sommes nous descendus pour en arriver à discuter de telles bêtises. Dieudonné nazi ! Vraiment, on l’imagine bien avec l’uniforme sombre des SS, les totenkopf aux pattes de col et sur la casquette, posant avec Hitler et Himmler. Je ne crois pas que ces derniers auraient apprécié ! L’image est saugrenue, mais chaque fois que l’on évoque le fameux épithète de « nauséabond » pour parler de Dieudonné, c’est bien ce que l’on implique, indirectement.

    Quand dans la foulée un organisme, puis un gouvernement en arrivent sérieusement à vouloir nous persuader qu’un bras d’honneur est équivalent à un salut nazi, sans rire, c’est soit que nous sommes gouvernés par des débiles profonds, soit que nous sommes gouvernés par des psychopathes pervers. Psychopathes pervers paraît plus plausible dans les circonstances.

    Et pour revenir à votre article, chacun sait qu’un psychopathe pervers n’en a effectivement rien à faire du droit et de la légalité. Pour s’intéresser à la légalité, il faut avoir conscience de la justice, ressentir l’injustice. Et pour avoir le sens de la justice, il faut s’intéresser aux gens. C’est ce que les psychopathes ne font pas, précisément.



  • bluebeer bluebeer 7 janvier 2014 19:33

    Bonsoir,

    Valls contre les quenelleurs, c’est le combat de l’éléphant contre les fourmis. Il peut piétiner tant qu’il veut, ce sont quand même les fourmis qui finissent par trouver une ouverture. A part amputer les bras et glisser des caméras dans les WCs, comment les empêcher ?

    Ce que toute cette affaire montre, c’est que le pouvoir est conscient de perdre en crédibilité et en légitimité, et qu’il redoute une fronde réellement populaire (de décérébrés si on en croit l’auteur). Le gouvernement en arrive à ce point de désespoir et d’impuissance dans sa gouvernance qu’il ne peut plus exercer sa rage et sa frustration que contre les titis qui le tournent en dérision. C’est un aveu d’impuissance, et un combat très mal engagé, puisque certains sondages se prononcent déjà très majoritairement en faveur de la quenelle et contre l’ostracisation de Dieudonné (http://www.wikistrike.com/article-dieudonne-en-5-minutes-121942896.html). Dans le meilleur des cas, Dieudonné sera David ayant terrassé Goliath (métaphore malheureuse, je comprends), dans le pire, Dieudonné sera le chantre martyr de la liberté d’expression. Le CRIF et Valls, totalement dénués d’humour et de confiance en leur force ou leur droit, seront de toute façon discrédités.

    A noter que pour l’instant, Valls ne courtise pas le peuple de France, il courtise les arcanes du pouvoir, auquel il s’efforce de donner des gages d’allégeance. Cela montre a quel point ces gens sont déconnectés du monde réel, vivent en vase clos, ne touchent plus le sol. Il estiment si peu la démocratie qu’ils préfèrent déplaire au plus grand nombre et flagorner auprès des élites et des argentiers dispensateurs de pouvoir. De bien petites gens en somme.



  • bluebeer bluebeer 7 janvier 2014 19:02

    Bonjour l’auteur,

    encore un article intelligemment écrit, et promis comme de juste à un long fil de diatribes par essentiellement les mêmes interlocuteurs et essentiellement les mêmes arguments que ceux évoqués depuis de longues années.

    Les provos ironisent avec quelque raison que la vérité se fait attendre. Or leurs voeux sont peut-être en passe d’être comblés.

    Car, et cela m’étonne que cette information ne se soit pas davantage répercutée, il y a du nouveau dans le chef des mystères du 11 septembre. Le 11 décembre 2013, deux congressmen américains, le démocrate Stephen F. Lynch du Massachusetts et le républicain Walter B. Jones de la Caroline du Nord, ont déposé une résolution au Congrès visant à faire déclassifier 28 pages d’un rapport intitulé Congressional Investigative Report on 9/11 – Joint Inquiry into Intelligence Community Activities Before and After the Terrorist Attacks of September, 2001. Lynch a apparemment eu l’occasion d’avoir accès à la totalité de ce document et a estimé que certaines parties, sciemment occultées à la presse, au public et aux représentants américains, questionne sérieusement la version officielle de l’administration Bush. Deux pays feraient dans ces pages l’objet d’un intérêt particulier : Israël et, surtout, l’Arabie Saoudite. Ceci est exposé et analysé dans un article de Dedefensa.org, qui souligne avec raison qu’il s’agit d’une espèce de révolution dans le domaine puisque que deux représentants officiels du Congrès s’allient dans une résolution bi-partite qui défie ouvertement et publiquement la version officielle et même mythologique des attentats de 2001, sur la base d’informations concrètes.

    http://www.dedefensa.org/article-notes_sur_un_tabou_en_perdition_26_12_2013.html

    L’Arabie Saoudite est particulièrement visée. Un autre article du même auteur et du même site analyse par ailleurs la déliquescence actuelle de la diplomatie saoudienne, depuis son divorce d’avec les USA (pour cause de rapprochement avec l’Iran) jusqu’au conflit larvé qui a vraisemblablement débouché sur des actes terroristes en Russie. Lesquels de toute évidence ne resteront pas sans conséquence, connaissant la pugnacité de gens comme Poutine ou Lavrov.

    http://www.dedefensa.org/article-prince_bandar_manipulateur_manipul__27_12_2013.html

    Les bouleversements qui semblent se préparer dans un avenir proche pour le pouvoir saoudien pourraient être précurseurs d’un tout nouveau discours sur l’histoire récente du terrorisme, où la duplicité des Emirs serait sans doute exposée, mais aussi, au moins partiellement celle de leurs complices et commanditaires occidentaux.

    Petit scandale colatéral pour terminer. Saviez vous que Yasin al-Qadi, décrit comme le banquier d’Al Qaeda, qui cause bien des soucis à Erdogan et sa clique aujourd’hui, était un « ami personnel » de Dick Cheney ? Comme le monde est petit ! La vie n’imite-t-elle pas l’art ?

    http://www.voltairenet.org/article181641.html



  • bluebeer bluebeer 4 janvier 2014 21:25

    Je confirme, excellent article de Diana Johnstone, clair, synthétique, précis, argumenté. De l’excellent journalisme à l’américaine (et à l’ancienne, devrais-je ajouter), par une journaliste basée en France, et fine observatrice des mœurs et humeurs du pays. Si toute la presse ressemblait à ça, nous vivrions dans quelque chose qui ressemblerait davantage à de la démocratie.

    Pour l’article principal, désolé, mais j’ai assez rapidement perdu le fil. Une conclusion peut-être ?



  • bluebeer bluebeer 18 décembre 2013 17:42

    Mea Culpa, Donald. Vous avez parfaitement raison. Ce n’était pas le sujet de votre intervention et il y a effectivement pléthore de motifs de satisfaction dans la gestion de nos élites. A chaque jour suffit sa peine. Devant une telle presse de talents et de dévouements, il est certes difficile de distinguer un mérite parmi tous les autres. Je retire mon carton sépia.

    Très heureux néanmoins d’avoir eu l’occasion de vous relire. A bientôt j’espère.

    Blueb.



  • bluebeer bluebeer 18 décembre 2013 12:44

    Cher Donald,

    quel plaisir de vous relire. Vous vous faites rare.

    Effectivement, la pantalonnade de l’affaire Snowden/NSA expose nos dirigeants européens à beaucoup de ridicule, puisqu’elle les contraint à s’indigner publiquement des aléas d’une confortable servilité dont ils s’accommodaient jusque là fort bien. Les voilà obligés d’aboyer la bouche pleine, ce qui les confronte au double désagrément de gaspiller la nourriture et d’encourir une potentielle fausse route aux conséquences incalculables.

    A cet égard, j’estime que votre article ne rend pas suffisamment justice au travail de titan de la presse, accaparée depuis des décennies à un lent travail d’éducation des masses, sans lequel la tâche de nos gouvernants serait pratiquement impossible. Si nous ne pouvions compter sur nos médias et leur leur science du résumé elliptique et sélectif, confinant souvent à une forme de prestidigitation cognitive, il est certain que de nombreux citoyens, privés de réponses simples à des questions complexes, ne trouveraient pas la quiétude d’esprit nécessaire pour continuer à faire confiance à leur gouvernements.

    Par exemple, nos journaux pourraient s’interroger sur la pugnacité de autorités européennes et surtout américaines à vouloir voir l’Ukraine intégrer le giron européen. Ils pourraient se livrer à toutes sortes de spéculations sur les visées des uns et des autres, se demander ce qui justifie un déferlement de parlementaires occidentaux dans les rues de Kiev, n’hésitant pas à haranguer la foule pour les exhorter à renverser un gouvernement régulièrement élu tout en leur distribuant des cookies. Des esprits chagrins pourraient évoquer le mot d’ingérence, mais très conscientes de ce danger, nos rédactions se gardent bien de troubler nos esprits et élaguent en conséquence leur comptes-rendu pour nous garder focaliser sur l’essentiel. Ce sont de grands vulgarisateurs de l’actualité. Il est donc tout à fait normal que nos gouvernements s’appuient sur ces fidèles serviteurs pour y voir eux-même plus clair.

    Je terminerai donc moi-même par un carton jaune, cher Donald. Un carton jaune sépia, car dieu sait que j’apprécie vos interventions. Quand mettrez-vous donc votre plume et votre talent à la gloire de ceux qui parmi nous méritent grandement de notre reconnaissance : j’entends notre presse, sans la collaboration et le savoir-faire de laquelle rien de ce que nos dirigeant projettent ne serait possible ?



  • bluebeer bluebeer 12 septembre 2013 20:52

    Ce n’est pas faux. Au sujet d’Azincourt, le choix d’un terrain propice et surtout le très grand orgueil de la chevalerie française ont beaucoup contribué à leur défaite. Ça reste dans l’idée de ce qui se passe aujourd’hui.

    Il est un fait que de toute façon, la maison blanche n’a plus les moyens de son militarisme débridé, d’autant plus qu’un nouveau fiscal cliff prévu en octobre va constituer une nouveau coup de semonce pour les coupes budgétaires. En accord avec le commentaire qui suit, je pense aussi que la maison blanche essaye désespérément de sauver les meubles et la face car la fin de leur hégémonie militaire marque le début de l’effondrement du dollar. Les oligarques financiers anglo-saxons, qui sont un peu les équivalents des anciens grand féodaux, ont du envisager cette hypothèse. La banqueroute de l’Amérique est liée à la leur, et donc, il est à craindre quelques manœuvres désespérées pour retourner la tendance actuelle, quel que soit le prix pour les autres nations.



  • bluebeer bluebeer 12 septembre 2013 11:22

    Bonjour,

    Je voulais juste me fendre d’un petit commentaire pour féliciter l’auteur de la qualité de son article, dont j’apprécie à la fois le contenu et la forme, et qui me donne envie de repasser plus souvent sur Agoravox. J’ajouterai que plus encore que l’article de départ, j’apprécie l’adéquation de vos réponses dans le fil des commentaires. Ceci dit, j’ai du mal à imaginer un petit « carrier killer » russe dégommer à lui tout seul la flotte US de la Méditerranée, et je me dis que dans le monde, c’est toujours la maison blanche qui a les plus gros biscotos. Maintenant, c’est vrai que ce n’est pas la taille du biscoto qui fait la dangerosité de l’adversaire, et que souvent, les adeptes de la gonflette font de bien piètres combattants...

    Tout ceci me rappelle une analyse récente de Xavier Moreau sur Realpolitik qui démontait le principe d’une attaque US, sur d’autres critères. Comme il s’agit d’un ancien para formé à St Cyr, je me suis dit qu’il avait des notions de base et que ce qu’il disait était peut-être sensé. Mais comme il est aussi férocement russophile, je me suis dit qu’il était sans doute un peu trop optimiste. Enfin, jugez par vous même : http://www.realpolitik.tv/2013/08/la-russie-et-lonu-contre-lotan/

    Notez au passage que personnellement, je préfère parler de la maison blanche que l’Amérique ou des Etats-Unis. La maison blanche s’est progressivement mise au service de l’oligarchie financière américaine et s’est complètement désolidarisée des intérêts du peuple américain (pour s’en convaincre, comparez les mandats publics et privés de ses différents locataires et pensionnaires ; clairement, les bonhommes bouffent à tous les râteliers). En fait, ça fait un bout de temps que l’administration américaine est très bien dressée, fait où on lui dit de faire, aboie et mord quand le lui ordonnent ses maîtres, ceux qui résident à Wall Street.

    Enfin, je voudrais terminer en décernant une mention spéciale à antyreac. Je trouve ses arguments totalement nases, fondés sur une culture hollywoodienne des bons et des méchants, privilégiant l’émotionnel et le wishfull thinking au rationnel et à l’objectivité. Mais néanmoins, sa pugnacité et sa résilience à la raillerie forcent l’admiration. Après tout, le principe du site, c’est d’être une agora, un lieu de débat.



  • bluebeer bluebeer 11 septembre 2013 18:49

    C’est bien que vous mentionniez ces deux otages, antyreac. Profitez en pour rappeler qu’ils ont affirmé avoir surpris une conversation de leur ravisseurs attribuant aux rebelles la paternité de l’attaque au gaz, de manière à faire plonger Assad (ce que manifestement la maison blanche s’est empressée de tenter) : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130910_00358361.

    Et tant qu’on y est, pour remettre les pendules à l’heure, voici un petit inventaire des interventions extérieures de la nation américaine, pas si méchante que ça (eu égard à un de vos commentaires plus haut) : http://franceusa.blogspot.fr/2008/01/liste-des-pays-qui-ont-t-bombards-par.html . On frémit à l’idée de ce qu’ils auraient pu faire s’ils avaient été de vrais badass.

    Sans offense, j’ai le sentiment que votre vision de la politique de la maison blanche et de Tel Aviv a été forgée au travers d’une exposition répétée à la propagande hollywoodienne plutôt qu’à partir d’une étude objective des faits.





  • bluebeer bluebeer 20 juillet 2013 11:21

    Bonjour Peretz1.

    Ne vous y trompez pas, j’aime bien Spartacus (quoique je pense qu’il se soit trompé dans le choix de son pseudo, shérif de Nottingham eût été plus adapté). Il revient inlassablement prêcher pour sa chapelle, auprès des mécréants d’agoravox, et je trouve que ça force quand même le respect cet esprit missionnaire. Comme un des autres intervenants plus haut, je m’interroge néanmoins sur son statut réel : s’il est réellement cet entrepreneur à succès qu’il prétend être, quand et pourquoi consacre-t-il autant de temps à la réaction de ses billets et de ses commentaires sur ce site ? Il me semble qu’à sa place, j’aurais mieux à faire que perdre mon temps à convertir des socialistes... L’hypothèse alternative est que Spartacus ne rencontre pas autant de bonheur dans ses affaires qu’il l’affirme ici, et que son missionariat est d’abord destiné à le rassurer lui-même sur la solidité de son monde intérieur. Ne riez pas, ça arrive tout le temps.

    Mais foin de ces spéculations. Disons que je ne puis m’empêcher de relever dans son texte et dans ses commentaires un certain nombre de procédés qui participent à mon sens de la culture dialectique des intervenants « de droite », si ce terme est pertinent.

    D’abord, le fort caractère émotionnel de l’argumentaire. Le choix d’une histoire « vécue », d’un protagoniste sympathique auquel on ne peut que s’associer, confronté à l’hostilité et à l’hypocrisie de ses proches ou de ses employés. La méfiance est de mise, mais la loyauté est récompensée, systématique par l’argent dont le rôle est davantage symbolique que matériel (l’ami reçoit beaucoup d’argent, avec surprise ; les patrons font confiance au professionnalisme de Bertrand et lui permettent de s’enrichir parce qu’il le mérite). L’argent simplifie les relations, il les réifie ; plus besoin de se casser la nénette pour savoir qui pense quoi. Ceux qui entravent Bertrand sont des parasites médiocres et envieux, qui au bout du compte l’empêchent de créer de l’emploi. C’est une culpabilisation indirecte de l’adversaire. De nouveau, argumentaire émotionnel bien plus que rationnel.

    Ensuite la généralisation et le contraste. Aucune nuance. La famille qui n’investit pas est « altermondialiste » - autrement dit des connards, tout se tient. Le bonhomme qui rouspète est un cégétiste fils de cégétiste - un gang mafieux, une race honnie, tout se tient. La ministre socialiste est une énarque arrogante, imbue et démagogue. Comme d’hab, tout se tient. Les journalistes sont des gauchistes. Un pléonasme, tout se tient. C’est trop beau pour être vrai, la vie imite l’art. Les patrons eux ont les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Comme ils doivent faire du profit, ils n’ont pas droit à l’erreur, donc ils prennent les bonnes décisions. CQFD. Tous les acteurs sont là avec leur costume de scène, la pièce peut commencer.

    A noter que Bertrand est confronté à la crise des subprimes comme le paysan du XVIIème siècle à l’épidémie du mildiou. Fatalilté. Dérive de la folie du capitalisme financier ? Que nenni ! Aberration concomitante à l’avènement d’une oligarchie cupide ? Certainement pas. Le mildiou, la peste, le phylloxéra , les vents contraires... Passons sur ces détails. Spartacus reste rivé sur le nombril de Bertrand, il ne s’en éloigne pas. Prendre du recul est dangereux, cela détruirait l’harmonie de sa démonstration. Les banquiers qui interviennent sont neutres, ils obéissent à la loi intangible de l’argent. Ils sont là comme les parques, pour nous rappeler de l’existence de forces supérieures, au-delà du bien et du mal. Seul le profit est lumineux, le reste n’est que ténèbres.

    Car le système, sa finalité, ses mécanismes et ses ressorts, ne sont jamais contestés ou contestables. Il n’y a qu’un seul dieu, le profit, et l’entreprise est son église. Le thème est complètement éludé : Bertrand entreprend, point barre. Sans lui, pas d’emploi, pas d’économie. L’argent est l’intermédiaire obligé entre l’individu et la société. Que les gens puissent réfléchir à la meilleure manière d’organiser la vie commune et le progrès est impensable. Ils peuvent se mettre ensemble pour construire des voitures, des gratte-ciel, des scanners à positons, des vaccins, des satellites, mais organiser le mode de vie de la société, non, impossible. Ici, la seule issue est entrepreneuriat individuel, régulé par l’offre et la demande, motivé par le profit personnel. TINA, tout est dit, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle. Si des martiens débarquent un jour sur terre, je suis sûr que ce sera pour étendre leur propre marché intergalactique et participer de l’universalisation des formes de vie de l’univers, dans un esprit de libre entreprise et de libre compétition. Sinon, comment auraient-ils pu atteindre ce stade d’évolution supérieure ? Des super capitalistes à coup sûr.

    Et donc, si on conteste cette vision, c’est qu’on est jaloux. Vous et moi sommes jaloux. Tout au fond de nous même, nous ambitionnons d’être des types de la trempe de Spartacus et de Bertrand. De pouvoir contempler fièrement, et même palper le fruit de notre labeur et de notre saine gestion du risque. De posséder cette mâle assurance qui fait que lorsque nous nous avançons dans une pièce, les cégétistes courbent instinctivement la nuque et les prunelles des femmes se dilatent mécaniquement.

    Bon, je m’égare de nouveau. Je le répète, Spartacus ne m’est pas antipathique. Je le sens animé de bonnes intentions. Je pense qu’il a un bon fond. Mais vivement qu’il grandisse.



  • bluebeer bluebeer 20 juillet 2013 02:36

    Bonsoir, Spartacus.

    Une bien belle histoire, édifiante, qui n’est pas sans rappeler celles que nous racontait l’oncle Paul de notre enfance. Ou comment le brave et intrépide Bertrand, se frayant un chemin au travers du cruel gauntlet dressé sur son chemin par tour à tour la secte de bobos altermondialistes familiaux, les commandos de cégétistes boulet sabotant son entreprise, l’les aléas de la crise des subprimes (probablement fomentée par des crypto bolchevique infiltrés dans Wall Street, mais bon ça, vous ne vous prononcez pas vraiment), le gang des énarques socialistes épris de rage taxatoire, les coups de jarnac d’une caste journalistique vendue à Mélenchon, où Bertrand, donc, va surmonter toutes ces épreuves et faire triompher la scintillante luminescence du libéralisme d’entreprise. Et comme bon sang libéral ne saurait mentir, notre bouillant entrepreneur, avec un petit coup de pouce de quelques avisés banquiers (qui eux comprennent les cycles occultes et mystérieux de l’argent), va finalement réaliser sa quête : créer de l’emploi.

    Car c’est cela, et uniquement cela qui motive l’entrepreneur. Donner du boulot aux gens. S’il fait des bénéfices, ce n’est surtout pas pour thésauriser ou réaliser de vieux fantasmes comme s’acheter le PSG pour s’offrir un babyfoot géant, louer eurodisney pour le week-end à l’usage exclusif de son petit neveu et de son chien rooky, ou uriner dans une piscine remplie de misses monde harnachées de latex, non, rien de tout, ça, Bertrand entreprend pour entreprendre. Par amour du sport, par esprit de défi, pour la beauté du geste. Par compassion pour ses frères humains. Inspiré par le tout puissant, drivé par ses gènes. On est entrepreneur ou on ne l’est pas. On est larbin ou on ne l’est pas.

    Car dans le monde de l’entreprise, tout est question de professionnalisme. Si Bertrand réussit à fourguer ses rayonnages aux pontes du hard discount, c’est parce que ses rayonnage sont à la fois plus solides, plus pratiques, plus jolis, et osons le dire, plus poétiques que ceux de ses concurrents. Et que les pontes du hard discount, ce qu’ils veulent, c’est la meilleure qualité, de la qualité française, celle que Bertrand, penché sur son bureau aux heures obscures de la nuit profonde, dessine et redessine inlassablement en s’usant les yeux et les doigts (et qu’au même moment les raclures cégétistes cuvent leur vinasse de prisunic en rêvant leurs rêves immondes). Ce sont des patriotes, aussi, les patrons de hard discount. Ils n’iraient certainement pas acheter des rayonnages en Chine où la clique socialo-communiste exploite encore le travailleur et où Bertrand, d’ailleurs, n’aurait rencontré aucune des difficultés sus-mentionnées (pas de bobo, pas de cégétiste, pas d’énarque, pas de journaliste déviant... la dictature, quoi).

    D’ailleurs, Bertrand, il commence à en avoir marre de tous ces connards qui veulent l’empêcher de répandre la prospérité et la joie dans sa communauté. En 2017, il va s’acheter la nouvelle rayonneuse 3000, processeur intel et cadrans profilés facebook, la parade ultime à la mérule cégétiste. Du solide, jamais en panne, jamais en grève, Bertrand va enfin avoir les moyens de ses ambitions : rayonner tout ce qui ne l’est pas encore, le métro, les transports publics, les trottoirs, les champs, les possibilités sont infinies, il suffit de créer la demande. Sa créativité va enfin pouvoir s’exprimer librement et son investissement va être amorti en un rien de temps. Les banquiers vont venir sonner à sa porte pour lui vendre un peu plus d’argent. Les cégétistes, par contre, on va voir combien de temps ils vont tenir avec le revenu minimal avant de crever de faim et de maladie. Ses bénefs, il va les balancer en offshore, ça fera les pieds aux énarques socialistes, et les journaleux, il va les arroser, ce qui va les assouplir et les aider à choisir leur tropisme. Et sa famille, il va la faire disparaître, un par un, au 4X4, quand il se rendent au boulot (sic) en vélo électrique. Cette engeance d’assistés n’aura que ce qu’elle mérite, en débarrasser la surface de la terre compensera largement les frais de carrosserie. Et son pote, ce n’est pas un apparte qu’il va se payer, c’est un château sur la Loire, un manoir sur la Riviera, une basilique à Rome.

    Et finalement, pour Bertrand, pour son génie, pour sa contribution essentielle à la marche du progrès, pour avoir su nous éviter de nous casser le dos en allant driver dans notre hard discount, en un mot, pour son rayonnement, une statue, une geste épique et une fondation à son nom.

    Et désormais, nous le savons, non les bénéfices ne sont pas corrélés à l’emploi. Et oui, les banquiers sont des marchands d’argent. Et oui, c’est pour ça qu’ils préfèrent l’usure à tout autre commerce. Et c’est donc pour cela qu’il y a des crises de subprimes, parce que trop d’usure tue l’usure. Et c’est aussi pour cela que le profit n’est pas un moteur d’organisation sociale. Et qu’il va falloir trouver un moyen de faire autrement. Sans chaos, ou avec chaos. C’est selon. Mais gageons qu’en cas de catastrophe majeure, ce sont de types comme Bertrand qui arriveront à tirer leur épingle du jeu. Ces mecs là, ils sont fait pour gagner. La survie est leur métier.



  • bluebeer bluebeer 24 juin 2013 21:30
    Bonsoir,

    très intéressant article. Nous baignons dans l’idéologie libérale depuis de nombreuses décennies, celles-ci ayant bénéficié de toute l’aura du modèle américain après la seconde guerre mondiale et n’ayant plus été contestée en Europe occidentale depuis le milieu des annes 80. A l’époque des deux blocs, il semblait entendu que la liberté politique ne pouvait exister sans liberté économique et sans liberté d’entreprendre. 

    Car le véritable pilier du libéralisme dans nos sociétés, c’est bien le caractère sacré de la propriété privée et de la liberté d’entreprendre, revendications initiales d’une catégorie industrieuse qui au moyen-âge a voulu garantir les moyens de sa prospérité face à la rapacité d’une artistocratie guerrière et hautaine. Par la suite, à la fin du temps des despotes et au début du temps des industries, les libéraux ont adapté leur discours pour justifier leur avènement, estimant juste et nécessaire que ceux qui entreprenaient et créaient de la prospérité puissent recueillir le fruit de leur mérite et de leur labeur en occupant des positions élevée. 

    Il s’agissait selon eux de l’ordre naturel des choses, inspiré par les puissances divines ou issu de la loi de sélection naturelle. Dans tous les cas, la compétition est saine et juste pour la société, et les esprits supérieur doivent faire preuve de pugnacité pour triompher et guider les faibles. Donc lutte et compétition sont inhérentes à cette idéologie où par essence, le meilleur doit gagner et diriger, leur mérite étant attesté par leur richesse et leur réussite financière.

    Pour que ce système soit efficace, cependant, il faut que la compétition soit franche, ouverte, et que les perdants assument leurs échecs. La solidarité imposée est contre-productive, injuste. Comme le reste, la solidarité est affaire de conscience personnelle, et laissée à l’initiative individuelle. Le collectivisme est une aberration, la négation du mérite, le nivellement par le bas. Le libéralisme s’accommode parfaitement d’une spiritualité cloisonnée, rangée dans une sphère distincte, étrangère aux affaires de ce monde, ce qui facilite le matérialisme et l’accumulation des 
    biens comme aune de la valeur individuelle. Le libéralisme n’exige pas mais favorise l’exaltation narcissique de l’individu au travers de la consommation de biens de prestige. 

    Il y aurait beaucoup de chose à dire sur cette conception, mais pour faire simple : Le libéralisme crée naturellement des oligarchies. Ces oligarchies ne ressentent pas de solidarité avec les classes inférieures : ils sont les gagnants, nous sommes les perdants, deux espèces différentes. Le libéralisme n’a aucune ambition d’organiser une société, encore moins une société juste. Le succès est juste, la victoire est juste, le reste n’est que bavardage. Il n’y a pas de règle pour gagner, et finalement, le gagnant est celui qui ose transgresser les règles. No hard feeling, just business. 

    Pour l’instant, le profit passe par le commerce, la production et circulation de biens, et nous sommes encore utiles, comme producteurs ou comme consommateurs. Plus tard, les machines feront le boulot, les gens deviendront inutiles, mais la partie de monopoly continuera, jusqu’à la fin. Les oligarques ne forment pas une classe unie, solidaire. Ils sont comme les anciens féodaux. Ils possèdent le monde, se combattent, s’élimine, s’allient entre eux et se marient. Petit à petit, quelques uns prendront l’ascendant sur les autres. Ce sont les futurs despotes. Ils possèdent la technologie grâce à leurs armées de techniciens, d’ingénieurs, de scientifiques. Ils visent l’immortalité. Pas pour tous, ça va sans dire.

    Et nos vie à nous sombrent dans un matérialisme insipide, sans perspective. Nous sommes devenus individualistes, méfiants, conformistes. Le peu que nous avons, nous avons peur de le perdre. La solidarité s’effrite, les liens de familles, de communautés s’effilochent. Nous sommes des rebuts, nous ne participons plus à la marche du monde. Notre contribution n’est pas désirée. Éventuellement, si elle l’était, ce serait comme larbin, pas comme partenaire, il s’agit d’un club très fermé. On nous donnerait plus de babioles avant de nous congédier et de nous remplacer par un autre ou une machine. Nous somme devenus anonymes, nous ne comptons plus. Qu’il est loin le temps des premiers hommes et de la tribu, celui où chaque bras, chaque œil comptait et contribuait à la sécurité et à la prospérité de la communauté.

    Ils nous disent que planifier nos sociétés, nos besoins, nos moyens de production, est un non sens, que ça marche beaucoup moins bien que l’initiative individuelle et la compétition. La vérité, c’est qu’ils veulent tout pour eux, uniquement pour eux. Et qu’ils se soucient comme d’une guigne de ce qui nous arrive. La seule chose qui pourrait changer tout ça, c’est notre révolte. Mais notre révolte n’arrivera pas tant qu’il nous restera quelque chose à perdre. Nous en sommes là, à surveiller la ligne de flottaison en se disant que ça va s’arranger. L’avenir n’est pas radieux.


  • bluebeer bluebeer 22 juin 2013 21:07

    Bonsoir Eric Guéguen.


    Je me suis connecté seulement pour plusser votre commentaire que je trouve un peu alambiqué mais néanmoins très mesuré, ce qui vaut la peine d’être remarqué. Je ne suis ni pour ni contre Jamel Debbouze, qui comme le signale Colre ne mérite ni excès de louange ni excès de flétrissure, et j’ai entrepris de lire cet article plus par curiosité et frivolité que par réel intérêt pour la personne de l’acteur et du comique. Je ne porte aucun jugement sur l’article lui même, qui est celui d’une opinion particulière, mais je dois dire que je suis assez sidéré de la virulence des commentaires qui émaillent le fil. On se croirait dans une scène de Dupont Lajoie, ça vole aussi haut. Je ne pense pas que nous soyons « revenus aux années les plus sombres de notre Histoire », pour reprendre la formule consacrée, éculée et désormais vilipendée, mais il est sûr que si c’était le cas, les facteurs se casseraient le dos à livrer le courrier à la Kommandantur. Ah non, c ’est vrai, maintenant nous avons les emails. Un bon antispam ferait l’affaire.


  • bluebeer bluebeer 24 mai 2013 19:34

     Bonjour Aldous,


    Moi j’ai le temps, je vous le donne.
    Il est midi à peine à Rome, 
    Et quelque part,
    Il se fait tard.

    C’est ce genre de poésie flamboyante et nonchalante à la fois, riche de tous les possibles, qui m’a fait adorer Moustaki. Et par privilège spécial des poètes, il vivra aussi longtemps qu’il y aura quelqu’un pour l’écouter.


  • bluebeer bluebeer 23 mai 2013 19:51

    Bonsoir à tous,


    Quel protagoniste serait assez fou pour vouloir d’une confrontation directe sur le terrain ? Qui pourrait garantir que les conséquences n’en seraient pas apocalyptique pour lui-même ? Aucun camps ne dispose d’une arme suprême lui garantissant la victoire, et à tout prendre, attaquer les USA dont les centres névralgiques se concentrent sur les deux côtes est certainement plus simple que neutraliser ceux de deux ou trois nations dont les territoires conjugués occupent un quart des terres émergées.

    Le temps joue en faveur de la Chine. Les Etats-Unis s’affaiblissent économiquement, et ils voient poindre le jour où la banqueroute économique leur fera perdre leur suprématie militaire. Nous sommes probablement dans une période de flageolement de l’empire, juste avant sa récession. Ils ne sont plus assez forts ou puissants pour attaquer une coalition sino-russe, mais ils ne veulent pas lâcher le terrain conquis de peur de s’effondrer d’un seul bloc. Car l’économie américaine ne subsiste que par la suprématie du dollar, obtenue elle même de la suprématie financière, économique, politique et militaire, et de l’appui des nations occidentales naguère dominantes sur la scène mondiale. Perdre du terrain géographique, c’est perdre du terrain politique. 

    La retraite n’est pas une option. Le jour où les américains se décideront à rentrer sagement chez eux, ils devront alors céder la place aux nations émergentes et dégringoler en même temps les marches du podium où ils paradaient depuis 60 ans. Et dans la foulée, les puissantes multinationales qui noyautent la politique intérieure et extérieure de la maison blanche vont perdre leurs énormes privilèges dans le monde, et donc devoir affronter une nouvelle concurrence sans leur atout majeur : les forces armées américaines. Elles résistent donc opiniâtrement à cette perspective, bien évidemment.

    De plus, les Chinois, qui possèdent un maximum d’obligations américaines et de dollars, n’ont pas intérêt à voir ce pactole s’évaporer d’un coup, à la suite d’un conflit ouvert ou d’une banqueroute brutale. Ils doivent ménager leur adversaire, le faire rentrer dans sa cage, le soumettre, mais pas chercher à l’abattre - ce qui serait de toute façon à l’heure actuelle une entreprise infiniment trop risquée.

    Il est intéressant de noter également que les forces armées américaines et israéliennes, ainsi que leurs services de renseignement, semble nourrir leur propre dissidence et s’opposer de temps à autres aux initiatives de leurs dirigeants respectifs (voir par exemple, la guerre contre l’Iran qui n’a pas eu lieu voici deux ans). Enfin, il faut rappeler que la politique extérieure américaine obéit manifestement à un agenda qui sert les intérêts de l’oligarchie industrielle et financière des Etats-Unis et de l’occident en général. Mais pour motiver le peuple américain aux expéditions extérieures, ses dirigeant sont constamment obligés d’agiter l’épouvantail de la guerre à la terreur. Il n’en va nullement de même du côté de la Russie, de la Chine ou de l’Iran, où un fort sentiment nationaliste prévaut dans la conduite des affaires extérieures.

    Bref, dans cette description, ce sont les Etats-Unis qui se sont exposés économiquement et militairement ; ce sont eux qui pourraient connaître une espèce de Stalingrad économique, financier et militaire, et le temps joue en faveur de leurs adversaires.