Je ne commenterai pas votre article sur le fond, cette "pipolisation" ne m’intéressant pas. En revanche, je suis surpris qu’un homme comme vous, qui a fait Sciences-Po (entre autres) connaisse aussi mal le fonctionnement de nos institutions judiciaires.
- Vous partez d’abord du principe que c’est à la vie privée de Mme Sarkozy qu’on porte atteinte. Dans ce cas, elle n’a d’autre solution que saisir le juge des référés civils pour faire cesser ce trouble.
-"Tout de même, une telle atteinte à la réputation d’autrui ne méritait-elle pas une autre qualification pénale comme la diffamation ?Or, Mme Sarkozy n’en a rien fait." Pour qu’il y ait diffamation, deux conditions doivent être réunies : qu’il y ait effectivement atteinte à la réputation de la personne, et surtout, que l’auteur des propos tenus ou écrits soit désireux de nuire à la personne, c’est-à-dire qu’il soit de mauvaise foi. Ceci ne peut pas être le cas ici, puisque les propos relatés ont été recueillis sans aucune fraude. Aucun délit pénal ne peut donc être retenu.
- "Mais prendre soin de ne pas la qualifier de diffamation équivaut à lui conférer un certificat de validité."
On voit mal comment le juge aurait pu donner aux faits une qualification pénale.
- "la procédure en référé, destinée à faire cesser sur le champ un trouble à l’ordre public"
Ouaah ! "Trouble à l’ordre public". Mais, Mme Sarkozy n’est ni maire ni préfète ni magistrate et ne peut donc pas mettre en mouvement l’action publique, sauf à utiliser la voie de la citation directe. Et il n’y a aucun trouble à l’ordre public ! Vous confondez le droit civil et le droit pénal.
Bref, en négligeant certains aspects de la procédure judiciaire, vous entrez dans le fantasme et vous y entraînez le lecteur avec vous , vous voyez une intention de "faire de la publicité" pour un livre, alors qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat sur le plan juridique. Au demeurant, on peut se demander si, dans ce livre (que je n’ai pas lu) la personne la plus mise à mal sera Mme Sarkozy ou son président de mari.
Le seul problème est que Voltaire n’a strictement rien compris au problème des OGM, notammant en ce qui concerne ceux qui sont tolérants aux herbicides. Voici ce qu’il écrit pus haut :
Très utilisée en agriculture "Bio" ???? L’agriculture "Bio" interdit l’utilisation des OGM, point-barre !
"Le premier type entraine de fait l’utilisation d’herbicides... le but est cependant de permettre l’utilisation d’un herbicide sélectif plutôt qu’à large spectre."
Eh bien , non, justement : les OGM (propriété de Monsanto) sont conçus pour résister au Round’up, (propriété de Monsanto.) Et à ma connaissance, le Round’up est loin d’être un désherbant "sélectif" comme le prétend Voltaire : il détruit toutes les plantes, sauf celles génétiquement modifiées pour y résister (propriété Monsanto.)
Et voilà comment Monsanto propose maintenant des graines ou plants "Roundup Ready", c’est-à-dire des semences de plantes génétiquement modifiées résistant au Round’up, afin qu’on puisse le pulvériser sans inconvénient et sans vergogne sur les champs sans détruire la récolte. On a ainsi des graines de maïs, des pommes de terre, des tomates, du soja, ... résistant au Round’up. Le progrès ! Petit problème cependant : on a remarqué que sur les parcelles régulièrement arrosées de ce désherbant, certaines plantes indésirables résistent à... 8 fois la dose normale ! On a créé des mauvaises herbes résistantes ! Le progrès !
Aussi, avant de parler de "khmers verts" allant à l’encontre du progrès, essayez de vous documenter. Ceci vous permettra, par exemple, de savoir que Monsanto a été condamné aux USA pour avoir présenté le Round’up comme "biodégradable" alors qu’il n’en est rien, et deux fois en Europe pour étiquetage mensonger : le Round’up, on en trouve dans toutes les rivières, et même dans les sols parfois un an après son épandage. Ses effets sur la faune aquatique sont catastrophiques. Pour information, ce désherbant a été mis au point en 1973. Nous avons donc assez de recul pour en mesurer les effets. A contresens du progrès, dites-vous ?
"En ce qui concerne votre dernier paragraphe, il faut nuancer : il existe actuellement deux types d’OGM majoritaires sur le marché, ceux qui expriment une resistance à un herbicide, et ceux qui expriment une toxine insecticide spécifique (très utilisée en agriculture bio). "
""L’exemple de Claude Allègre, son obstination à nier le réchauffement climatique et le rôle des activités humaines dans le phénomène m’interpellent. On a l’impression que les OGM suscitent un peu le même genre de réactions. ""
Ben voyons ! Les anti-OGM sont en "grêve de l’intelligence" et les "pro" crient à la conspirationnite aigüe.
Ben oui, c’est bien ce que je pensais : la fraude est inévitable. C’est la faute à pas de chance. Et si la fraude n’existait pas, il faudrait l’inventer.
C’est avec des principes de ce genre qu’on va moraliser la vie publique, qu’on va éduquer nos chères têtes blondes. Désolé, mais ayant été fonctionnaire toute ma vie, je n’ai jamais pu cacher un centime au fisc et j’ai vu autour de moi des artisans se faire des couilles en or en fraudant, en trichant sur tout et principalement sur la TVA. J’imagine ce que ça doit être dans une grande entreprise !
Tant pis, le monde est ainsi fait : hors la fraude, point de salut. Je trouve donc assez curieux qu’on se livre à une chasse à la fraude chez les bénéficiaires du RMI, alors qu’elle est "admise, inévitable" pour d’autres.