"l’amour universel ne peut être vécu que comme l’effet d’une révélation mystique divine (ou surnaturelle ou transcendant l’humaine condition) et ne peut s’exprimer qu’aux dépens des proches ("Abandonner tout et d’abord votre famille pour me suivre", exige Jésus) ."
Abandonner ses proches pour vivre l’amour universel ne signifie pas renoncer à l’amour que nous portent nos proches et ne nécessite pas de renoncer à l’amour qu’on leur porte. Si l’amour universel pousse à "abandonner ses proches" il n’est pas forcément vécu par les proches comme un abandon puisque l’amour que portent les proches à celui qui les "abandonne" pour aimer d’autres plus nombreux et peut-être plus nécessiteux, ne saurait être diminué ou affecté par cette idée d’abandon il la dépasse quand les proches sont eux-mêmes convaincus par la force et la nécessité de cet amour universel. On peut imaginer que ce fut le cas pour Jésus et ses appôtres ainsi que pour leurs proches si on est prêt à croire qu’ils ont existé.
"Si on ne peut que le souhaiter, je pense que ça n’a pas de sens de commander aux autres d’aimer, on ne peut pas se forcer d’aimer, de même qu’on ne peut pas forcer à ne pas aimer (ex : les mères qui ne peuvent s’empêcher de continuer d’aimer leurs enfants même quand ceux ci ont commis des crimes), cela est illustré par la parabole de l’enfant prodigue.
La morale humaine est aussi en partie raisonnée alors que l’amour est irrationnel (dans le sens où on aime sans raison)"
Je pense que dans ce commandement : "aimez-vous les uns les autres" il y a une partie de "comprenez-vous les uns les autres" "acceptez-vous les uns les autres". Comprendre ou accepter quelqu’un nécessite un minimum de raison parce que ça nous oblige à nous mettre à la place de l’autre, on a besoin de justifier ce qui nous lie aux autres en expérimentant mentalement ou physiquement ce que vit l’autre, on a besoin d’avoir des points communs, des idéaux communs, des projets communs pour nous sentir proches des autres puisqu’instinctivement on recherche chez l’autre quelque chose de semblable à nous-même c’est comme ça qu’on arrive à aimer l’autre en trouvant une part de nous-même en lui. Donc aimez-vous les uns les autres parce que finalement vous êtes semblables.
Oui on aime sans raison, l’amour est irrationnel mais il n’est pas forcément immédiat.
Justement je vis et j’ai toujours vécu dans une cité et je sais de quoi je parle, je suis musulmane et les jeunes musulmans autour de moi (pas leurs parents ou grands-parents) vivent comme je l’ai indiqué dans mon précédent post, ce ne sont pas des bobos comme vous dites et moi non plus je ne suis pas bobo, s ce sont des individus comme vous et moi qui vivent dans les cités pas des extraterrestres.
"l’amour pour les autres est ce qui peut motiver des actes bienveillants gratuits envers eux."
L’amour serait donc peut-être à l’origine de la morale ?
"A ma connaissance, ces cas sont rares, à moins que tu évoques les symbioses ? Comme les requins avec les poissons parasites ? Mais dans ces cas, ce sont des coopérations de type "gagnant-gagnat", je pense donc que la sélection naturelle a un rôle."
Non en fait je ne faisais pas allusion aux symbioses mais bien à l’entraide complètement gratuite oui dans les cas d’adoption par exemple (instinct maternel sûrement, mais est-ce qu’il n’y a que les femelles qui sont prêtes à adopter des petits d’une autre espèce ? je ne sais pas). Il y a aussi le secours, des animaux qui viennent en aide à des animaux d’une autre espèce (souvent des petits) qui se trouvent en danger de mort.
"Il y a des cas particuliers comme l’adoption de bébés antilopes par une lionne mais à ma connaissance, ils sont extrêmements rares, on pourrait les qualifier d’anomalie de l’instinct maternel."
Pourquoi anomalie ? Quand une personne "adopte" un petit animal parle-t-on d’anomalie ? (Même si ce n’est pas forcément l’instinct maternel ou paternel d’ailleurs, qui motive cette adoption).
"A ce sujet d’entraide entre différentes espèces, on peut se demander si la racisme ne serait pas qu’une "barrière morale" que l’homme serait en train d’abolir pour élargir entre plus son champ moral. Les étrangers étaient considérés, à tord, comme des êtres d’une autre espèce à qui on ne devait rien moralement, cela pourrait peut être expliquer le racisme quasi instinctif qui a marqué l’histoire ?"
Peut-être vas savoir, c’est une hypothèse probable. Sans parler de "races" il ne faut pas oublier qu’on s’en est pris longtemps aux roux et ça continue parfois , des blancs qui rejetaient d’autres blancs à cause de leur couleur de cheveux jugée maléfique, une autre forme de racisme en somme.
En parlant de racisme est-ce que tu penses qu’il existe aussi chez les animaux au sein d’une même espèce, un petit qui naît avec une couleur anormale sur son pelage, sa peau, etc... peut-il être rejeté par sa propre mère et par le groupe auquel sa mère appartient ?
"Le champ d’application de la morale humaine s’est toujours élargi au cours de l’histoire : L’instinct nous dit d’être bienveillant envers nos enfants puis on élargit cette bienveillance aux proches puis aux membres du même village, etc... "
Je pense comme toi que la bienveillance est instinctive chez nous.