Votre question est stimulante, et , plutôt que de reprendre une définition objective comme on en trouve dans les dictionnaires ou les encyclopédie, j’ai eu envie de témoigner de ce que cela représentait pour moi, c’est pourquoi je déballe mon point de vue un peu en vrac :
La culture ?
Elle se fonde sur la curiosité, désir de connaître et d’apprécier ce qui n’est pas "moi". Garder cette curiosité intacte. Ne jamais être blasé.
Apprendre l’admiration, l’humilité vis à vis des créateurs, patiemment apprendre à voir, à écouter, à lire.
Accepter d’avoir des maîtres, d’apprendre des méthodes.
La culture se fonde sur la connaissance, de façon à pouvoir comparer, relier ou opposer des oeuvres d’art de tous les temps.
Comprendre que les portes du temps ne sont jamais fermées.
Découvrir et redécouvrir une même oeuvre, prendre la mesure du temps qui passe et de la façon dont on évolue, dont la société qui nous entoure évolue.
Se sentir aussi proche d’un sculpteur maya que d’un écrivain français du XIXème siècle.
Aiguiser sa sensibilité, connaître des moments où il faut se laisser traverser par de puissantes émotions qui nous enlèvent à nous-mêmes,
Mais affiner aussi sa réflexion personnelle : apprendre à suspendre parfois son jugement, à accepter de ne jamais "avoir fait le tour" .
Faire des choix qui échappent au "conditionnement" social, politique, religieux,familial. Apprendre à ne pas être toujours en accord avec ses meilleurs amis, et à se trouver subitement très proche de personnes différentes.
Renoncer à la facilité, au "prêt à penser", au consensus, interroger toujours, en acceptant que les réponses ne soient pas des gratifications immédiates.
Bon coup de gueule, et qui fait du bien, mais j’ai l’impression que la France est entrée pour un certain temps dans la religion du Très Saint Pognon , et que toute critique est considérée comme un blasphème de sorte que la messe libérale puisse propager son Saint Message.
Comme le sujet m’intéressait, et que je suivais les commentaires explicatifs, j’avoue que j’ai trouvé très surprenante aussi l’abondance soudaine des "moins" sur vos messages qui n’étaient ni injurieux ni hors du sujet, bien au contraire.
J’aimerais bien que l’on puisse faire la différence entre des commentaires argumentés et rédigés clairement et les commentaires de mauvaise humeur ou de mauvaise foi, ceci quelle que soit la thèse soutenue par l’auteur, je le précise.
je trouve beaucoup de constats très justes dans votre article, tant sur l’étiologie du Grand Foutoir que sur l’état présent du corps social, mais d’une part je ne crois pas du tout à la "candeur" de Daniel Cohn-Bendit - passons...- et d’autre part votre conclusion : "Un conseil, à lire dans un précédent billet : rester stoïque, essayer l’épicurisme et vivre zen." me pose problème. J’ai aussi la tentation de trouver une solution - ou consolation- philosophique pour en finir avec le sentiment d’impuissance contre des forces qui nous écrasent, et pourtant je me dis que cela répond trop bien à ce que souhaitent les forces en question : une masse étale d’ex-citoyens "bien tranquilles".
Si il y a des personnes qui préfèrent nager entre elles, pourquoi ne pas créer, en effet des piscines privées ? une pour les obèses, une pour les vieux, une pour les vertueux et vertueuses de toute obédience, etc.
Je me souviens d’un temps préhistorique et peu éclairé ( dans les années 80) où je pratiquais assidûment la natation en piscine publique : ce qui me plaisait, justement, c’est que tous ( les gros, les moches, les seins nus, les gosses, les Vénus et les Maritornes, les blanchâtres et les bronzés...) y prenaient grand plaisir et personne ne trouvait à redire à quoi que ce soit.