L’Union européenne et l’euro sont des armes de la lutte des classes.
Aux USA, ce sont les riches qui détiennent le vrai pouvoir depuis George Washington, propriétaire d’esclaves.
C’est la ploutarchie (de « ploutos » : argent et archie : « règne », sur le modèle de monarchie, règne héréditaire d’un seul, pour souligner le rôle essentiel de l’héritage dans la perpétuation du système). Les ploutarques, à coups de corruption géante, décident qui doit gouverner, sachant que les « démocrates US » ne sont pas plus à gauche, fondamentalement que les républicains US, car ils ne remettent pas en cause la supériorité du système ploutarchique héréditaire. Le « self-made-man » est un mythe monté en épingle pour les sots.
Les riches vivent dans l’angoisse perpétuelle d’une révolution qui abolirait leurs privilèges qu’ils savent immérités (ce que montrent bien les enquêtes des Pinson-Charlot).
Les ploutarques étasuniens ont réussi pensent-ils à vaincre leurs adversaires de classe : « Oui il y a lutte des classes et la mienne a gagné » a osé dire l’un d’entre eux, au risque de réveiller les consciences endormies des exploités.
Ces révolutionnaires qu’ils craignent tant, furent nombreux dans les années 1880 parmi les immigrés européens, notamment les intellectuels juifs fuyant les pogroms de Russie. La violence, qui a toujours été endémique aux USA depuis sa création, s’est alors déchaînée contre les « rouges » et les syndicalistes, à cette époque où Jack London écrivit « Le talon de fer ».
Les nervis de l’agence privée Pinkerton ont eu pratiquement le droit d’assassiner impunément ces blancs dans le Nord, comme on lynchait les noirs dans le Sud, comme on avait spolié et massacré les Amérindiens auparavant.
Et c’est vrai que les réactionnaires ont gagné. Le prix social à payer a été une nette recrudescence du banditisme. Mais la maffia a pu mettre la main sur les syndicats de travailleurs et écarter le danger rouge.
« Plutôt Hitler que le Front Populaire » disaient les patrons français en 1936. « Plutôt les gangsters que les révolutionnaires » auraient pu leur répondre leur alter ego US !
Les autres pays d’Europe de l’ouest avait réussi aussi à empêcher la réussite de mouvements populaires (en Angleterre ils n’avaient même pas eu lieu) sauf un seul d’entre eux, où ils étaient récurrents, y compris sous la forme la plus redoutable pour la propagande ploutarchiste qu’est la victoire électorale.
Ce pays était bien entendu la France.
Si le « démocrate » Roosevelt détestait tant de Gaulle, ce n’est pas tant pour les idées politiques de cet officier de carrière, catholique et conservateur, que parce que le général voulait une France indépendante. Et que pour faire pièce au projet d’administration du pays par les officiers alliés (l’AMGOT), il s’appuierait à la Libération sur le soutien populaire et serait donc contraint de faire une place aux socialistes et même aux communistes dans le gouvernement du pays.
Si donc les ploutarques et les ploutarchistes US ont voulu une union européenne, c’est d’abord pour la dominer afin de combattre l’URSS après l’échec des nazis, mais aussi d’empêcher la France d’influencer ses voisins vers une république sociale.
Il fallait évidemment que cette Europe soit, apparemment, guidée par des pays européens. L’Allemagne étant provisoirement hors-jeu après la guerre et les horreurs nazies, les USA auraient bien aimé que les Britanniques jouent ce rôle. Mais leur insularité et leur goût pour leur empire et les territoires lointains ne les y prédisposaient pas.
Sans compter que de Gaulle après son retour au pouvoir en 1958, connaissant parfaitement le plan US, s’est opposé durant ses dix ans de pouvoir à l’entrée de la GB dans la communauté encore embryonnaire, tout en essayant de détacher la RFA de ses nouveaux maîtres d’outre-Atlantique par une « réconciliation » artificielle, afin que si Europe il y avait, elle soit indépendante. Un échec, bien sûr, la ploutarchie allemande conservant sa méfiance et son dédain pour la France
Il faudra l’arrivée au pouvoir du banquier (encore un !) Pompidou, pour que la GB entre sans enthousiasme dans la CEE.
Ensuite la France, trahie par tous ses dirigeants ultérieurs, ne fera que descendre, toujours descendre, vers plus de soumission à l’intérêt de ses adversaires.
L’article est très juste. La question est seulement : cette situation est-elle durable ? Participe-t-elle aux fameux cycles du capitalisme ou bien quelque chose est-il en train d’apparaître dans cette crise financière qui n’existait pas dans les précédentes et alors qu’est-ce que c’est ?
Je pense qu’il y a bien quelque chose de nouveau dans la crise actuelle et c’est l’exclusion du cercle privilégié de catégories sociales qui en faisaient partie.
En France, avant-guerre, qui faisait partie des bénéficiaires du système capitaliste, qui augmentait les revenus de son travail d’une rente ou de bénéfices excessifs, les deux tirés de l’exploitation des salariés ?
Outre les industriels et les héritiers de grande fortune et si l’on exclut les artistes célèbres dont les revenus énormes étaient cependant précaires, on trouvait des catégories bien peuplées : les professions libérales, les commerçants, les artisans, les agriculteurs (au-delà d’une certaine taille de commerce, d’entreprise ou d’exploitation bien sûr). Ces gens soutenaient à raison le système qui les avantageait.
Commerçants et agriculteurs ont d’ailleurs vu leur position financière s’améliorer avec l’Occupation (cf. le roman de Jean Dutourd, « Au bon beurre » et le téléfilm excellent qui en a été tiré).
L’euphorie a duré jusqu’aux années 60.
Après quoi l’apparition des supermarchés puis des hypermarchés, concomitamment au fait que les classes moyennes inférieures, employés, ouvriers qualifiés, fonctionnaires, accédaient à l’automobile, ont provoqué la fermeture de quantité de petits commerces, accélérée encore, récemment, par le développement des achats par correspondance grâce à internet.
Les petites « boutiques » qui subsistent jouent le « créneau » de la qualité voire d’un certain snobisme de marque quand ce n’est pas carrément le produit de luxe. Mais si certains propriétaires tirent très honorablement leur épingle du jeu, d’autres échouent. On le voit au nombre impressionnant de changements d’activité des pas-de-portes dans les villes, sans compter les créations de galeries marchandes dont les « cases » ne trouvent pas preneur.
Les agriculteurs qui, grâce au marché noir, avait arrondi leur fortune pendant l’Occupation, ont été confrontés, après les années 60, à la rapide progression des rendements. Cela a conduit à des crises de surproduction et à une baisse des prix accentuées par le fait que les grandes surfaces avaient la puissance de leur imposer des prix toujours plus bas en francs constants.
La diminution du nombre d’exploitations continue d’ailleurs aujourd’hui à un rythme effréné.
Quant aux revenus, ils ont fondu puisque certains couples d’agriculteurs ne retirent pas la valeur de deux smics pour 70h de travail chacun par semaine !
Il est vrai qu’une tradition fortement conservatrice, héritée de la situation enviable qu’ont connue leurs-grands parents autrefois, leur masque encore qui, dans le champ politique, est leur adversaire et qui est leur allié naturel.
Mais comme les agriculteurs qui restent doivent être des polytechniciens, versés de plus dans l’informatique et la comptabilité, on peut espérer que leurs yeux s’ouvrent bientôt en rapport avec l’élévation de leur niveau de culture financière !
Restaient jusqu’à présent comme bénéficiaires net du système, les professions libérales, notaires pharmaciens, avocats, médecins.
Mais comme la ploutarchie, le « règne de l’argent » est un cancer qui veut tout s’approprier du corps social, de même qu’une tumeur s’approprie le métabolisme du corps jusqu’à causer son décès et ainsi provoquer sa propre perte, la situation privilégiée de ces catégories est finalement menacée après les autres par ce système fou.
L’arme du combat de la ploutarchie contre les professions libérales est chez nous la Commission de Bruxelles dont les ukases sont relayées par les pouvoirs de droite accédant successivement au gouvernement, c’est-à-dire l’UMP, l’UDI et le PS (du moins une fraction de celui-ci).
Les médecins ont été attaqués par le biais de la généralisation du tiers-payant sur simple présentation de la Carte Vitale.
Ce système mettra en évidence la pratique excessive du dépassement d’honoraire qui ne repose le plus souvent sur aucune qualification supplémentaire. Celui-ci restera à payer immédiatement à la fin de la consultation si le patient n’a pas une carte de complémentaire santé certifiant une prise en charge de ce dépassement.
Certains malades rechercheront alors des praticiens ne pratiquant pas ce dépassement pour ne sortir aucun argent après la consultation. Perdant des clients, les médecins « dépasseurs » devront renoncer à ce cadeau fait autrefois par les gouvernements de droite. Et leurs revenus sera bien amputé.
L’objet de la loi Macron est certes d’abord, en priorité de casser le code du travail, de précariser toujours plus les salariés du privé (pour le public c’est déjà fait) dans un contexte de chômage massif. Mais aussi accessoirement de réduire fortement les revenus des professions libérales, en « faisant jouer la concurrence » entre professionnels, sachant que cet argent ainsi récupéré reviendra par des circuits plus ou moins longs dans la poche des ultra-riches.
Du fait de la réaction très forte des intéressés, notaires, huissiers, avocats, Macron a reculé comme les lâches socialistes reculent souvent devant les non-salariés. Mais ce n’est que partie remise. Après 2017 ou avant ?
Comme l’ont montré M. et Mme Pinson-Charlot, les ultra-riches pratiquent la solidarité derrière une muraille de silence-média qui les rend invisibles aux yeux des naïfs. Mais le cancer financier est insatiable : ne va-t-il pas un jour frapper les moins fortunés d’entre eux ?
La deuxième question qui se pose est : pourquoi ces catégories ainsi déclassées, (beaucoup de jeunes médecins, notamment les femmes, souhaitent maintenant être salariés) ne se mettent-elles pas à voter pour le Syriza-Podemos français qu’est le Front de gauche ?
À mon (humble) avis parce que la parti communiste y occupe une place prééminente (et à laquelle il tient en « oubliant » ses partenaires quand il le peut).
Et que l’image de ce parti anciennement pro-soviétique, pro-stalinien, est négative dans l’esprit des gens, d’autant plus que ceux-ci ont été baignés par l’animosité de la droite, des religieux ennemis de son athéisme ... et du parti socialiste, tous unis à son encontre. Utilisant souvent d’ailleurs l’arme des mensonges répétés, des exagérations, des caricatures.
Image également brouillée par les compromissions de certains barons locaux, élus professionnels, et des vieux « permanents » du PC avec des barons d’un parti hollandiste qui trahit systématiquement ses électeurs lors des dernières municipales.
La situation pourra-t-elle changer ?
Je crains que non dans l’immédiat, hélas, la seule lueur d’espoir résidant dans le Mouvement pour une 6e République dont le sens et les objectifs ne seront exposés loyalement que sur internet.
Les citoyens désabusés par le passé de trahison de la classe politique s’y intéresseront-ils contre le déchaînement des merdias affichés en kiosque ?