Vous ne m’oterez pas de l’idée que l’image du paysan gaulois abandonnant femme et enfant pour aller bouter l’italien et le germain hors de la Patrie est une invention nationaliste typique du 19ème siècle. Qu’est ce que ça pouvait lui faire au paysan « gaulois » de payer ses impôts aux Eduens aux Romains ou aux Suèves ?
Les Celtes ont dominé l’Europe pendant 800 ans, ils ont vaincu des armées étrusques, latines, grecques et étaient très recherchés comme mercenaires. On ne fait pas ça avec une armée de paysans chargeant à poil en hurlant.
Je pense que les effectifs des arméees gauloises que nous donne César sont à diviser au minimum par 10.
Le vrai problème de l’armée gauloise (le même que les Grecs) est que son armée n’était pas fédérale mais constituée d’osts fournis par chaque Cité et avec des généraux probablement guère habitués à coopérer. S’emparer du chef-lieu de canton du voisin est une chose et diriger une armée pendant une campagne de plusieurs mois sur un espace de plusieurs centaines de kilomètres en est une autre qu’apparemment les seigneurs de guerre celtes ne savaient plus faire en -52.
Je crois que dans l’étude des Celtes, il y a un très gros verrou psychologique à faire sauter. Moi-même étant un peu plus convaincu chaque jour des arguments d’Emile Mourey, j’ai vraiment du mal à m’oter de la tête la vision traditionnelle des Celtes bons sauvages coupés du reste du monde antique. Avant de penser à entrer dans le XXIème siècle, il va falloir sortir du XIXème.
Je n’ai entr’aperçu le village du Crest et la montagne de la Serre que depuis l’autoroute, mais le site a assurément de la gueule avec les plateaux de Merdogne, Corent et Veyre Monton qui l’entourent comme autant de postes avancés et formant une gigantesque courtine.
Les commentaires de César semblent indiquer que les armées gauloises étaient constituées de soldats de métier. Les armées professionnelles ont toujours recruté le gros de leurs troupes dans les classes les plus démunies, à part les officiers qui sont les héritiers des chevaliers. On est plus proches des grandes compagnies de la Guerre de cent ans que du poilu, paysan conscrit de la Der’ des Der’.
Emile Mourey applique la même grille de lecture aux mythes grecs, phéniciens, hébraïques, chrétiens et musulmans ; là est sa cohérence. Je ne comprend pas pourquoi son décryptage des textes provoque une telle hystérie.