Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
Bravo ! En une phrase péremptoire vous venez de remettre en question toute la philosophie d’Internet, plus de dix années de logiciel libre, quelques années d’AgoraVox et autres journaux en ligne, les blogs, la gratuité dans les musées, les expositions et des milliers de manifestations culturelles... J’en passe !
Je ne sais plus comment vous pouriez vous éduquer... La Corée du Nord peut être, développe des approches mieux adaptées à votre cas que l’échange ouvert et le débat libre. Et encore...
Il faut distinguer deux choses "droit d’auteur" et perception/rémunération du droit d’auteur. Ce n’est pas parce qu’une oeuvre est diffusée gratuitement qu’elle n’est pas protégée (Cf les albums de RadioHead, Prince, Manu Chao et des centaines de milliers d’autres). Ainsi en va-il du logiciel libre, dans un autre domaine.
Il y a aujourd’hui des alternatives au copyright classique, notamment la licence "Art Libre" ou plus intéressant Creative Commons (née aux USA), inspirée par les licences GNU GPL du logiciel libre (l’Open Source). L’objectif est de trouver un nouvel équilibre entre le contrôle total (type SACEM), qui bloque la diffusion et l’anarchie, qui pénalise l’auteur. En somme, revenir à la philosophie (oubliée mais bien réelle) à l’origine du "droit d’auteur", qui a été créé pour deux motifs (à priori contradictoires), protéger la création (intellectuelle, artistique) et favoriser sa diffusion la plus large possible au public.
Cela dit, vous pouvez aussi déposer votre oeuvre chez un notaire. Ou... auprès de l’une des sociétés d’enregistrement des droits, (dont la SGDL) et/ou auprès d’une Société de perception et de répartition des droits, notamment la SACEM et/ou auprès des deux.
La SGDL protège le droit d’auteur mais ne le rémunère pas (c’est en principe l’éditeur qui s’en charge). La SACEM, elle, a pour mission essentielle de collecter les droits d’auteur et de les redistribuer.
Quelques chiffres. La Sacem (environ 1500 personnes) a perçu 755,9 M€ perçus en 2006 et en a répartié 613,2 M€. Elle affiche une légère baisse de 0,2 % des droits collectées. Les droits issus de l’édition de CD et de DVD ont baissé de 10,2 % (132,3 millions d’euros), ceux des droits généraux ont augmenté de 5,9 % à (241,6 millions d’euros) en grande partie grâce aux concerts. Les droits issus de la téléphonie mobile et Internet restent maigres à 1,7 million d’euros. Bref, il n’y a pas péril en la demeure pour la pompe à fric.
La redistribution des sommes aux ayants droit est faite selon des clés de répartition totalement opaques qui font débat depuis des années (on favorise les plus gros). De même, les frais généraux de la Sacem sont exorbitants au détriment des auteurs compositeurs. Si vous voulez en savoir plus sur le "machin" SACEM, je vous conseille l’excellent livre d’Irène Inchauspé et Rémi Godeau (Main basse sur la musique), les rapports sur ses dépenses somptuaires, les avertissements de Bruxelles, ou plus gênant son rôle pendant l’occupation (versements aux ayants droit juifs).
Les deux problèmes (très imbriqués) de la SACEM sont :
- Qu’elle se situe au confluent de tous les pouvoirs (culturel, économique, politique) et de toutes les dérives de ce panier de crabes ;
- Qu’elle reste campée sur des modèles économiques de consommation musicale et de rémunération des auteurs totalement dépassés à l’ère du numérique et d’Internet et que son incapacité chronique à évoluer ne lui laisse que le choix de la coercition pour continuer à exister sous sa forme actuelle.
De source assez sûre, le calcul de Sarkozy pour les prochaines présidentielles est :
En 2008 et début 2009 on se fout de l’impopularité, des claques électorales. On fait passer le plus possible de mesures impopulaires.
Au cours de 2009, on utilise la sortie de crise de croissance, programmée par de nombreux analystes fin 2009 début 2010 pour dire que les mesures prises ont payé et que Sarkozy a sorti la France de l’ornière. En 2012, il est réélu (pense-t-il).
Evidemment c’est du pipeau, car il ne peut rien contre ou pour le ralentissement de la croissance mondiale mais faites confiance à son talent de communicant.
Reste évidemment à prier pour que les économistes, une fois de plus, ne se trompent pas dans leurs prévisions et pour qu’une majorité de Français ne lui tienne pas trop rigueur, croissance ou pas, d’un comportement assez lamentable.
Finalement, Le Parisien va publier demain mercredi, l’entretien exact entre Sarkozy et les lecteurs du Parisien, sans la phrase de regrets ajoutée par L’Elysée.
Mais pourquoi avoir, dans un premier temps, accepté d’ajouter cette phrase qui n’a jamais été prononcée ? C’est grave.
On avait le Président qui devait faire ce qu’il disait et on se retrouve avec celui qui ne dit pas ce qu’il dit.