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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 14 janvier 2008 11:05

    Bien vu, morice !

    Ce qui rassemble encore plus les deux hommes c’est l’utilisation d’astuces électorales pour s’octroyer un pouvoir quasi-absolu et procéder, notamment, à des modifications constitutionnelles à la hussarde. Le principe selon lequel l’efficacité et la rapidité requises dans le monde moderne justfie tout. On peut penser ce qu’on veut de la Chambre des Lords, mais virer les pairs héréditaires pour installer les donateurs les plus généreux du parti au pouvoir c’est guère mieux ; Et c’est surtout faire fi de son rôle de contre-pouvoir.

    Les U.S.A. ne sont pas exemplaires dans bien des domaines, mais le principe de l’amendement constitutionnel qui doit faire le tour de la nation toute entière avant d’être adopté me semble plus juste que les chamboulements de SarkoBlair obtenus à la simple majorité d’un Parlement à leur dévotion. 

    Quant aux autres ressemblances, l’obsession du fric chez Chérie-la-parvenue est bien sarkozéenne dans son esprit, sans oublier la mise en scène de la vie sexuelle du chef (je pense à Blair affirmant aux jounalistes qu’il honorait Madame cinq fois par nuit, ce qui a dû épater les ’lads’ dopés à la bière, au sexe et au foot des tabloïds...)



  • armand armand 14 janvier 2008 10:49

    La vraie question est celle de savoir si le Président de la République est un Monsieur-tout-le-monde ou s’il est tenu à une forme d’exemplarité comme incarnation de la Nation. A partir du moment où sa vie privée est étalée dans les journaux, alors celle-ci doit participer, elle aussi, à cette exemplarité. Si le Président n’est pas exemplaire, et si’l n’y a pas un minimum de dignité ainsi que cette ’magic that doth hedge the monarch’ comme l’écrivent les Anglais, alors comment justifier cette omniprésence et toute-puissance. ?Certainement pas les maigres 53% d’un pseudo-plébiscite, qui aurait pu basculer aussi bien de l’autre côté si son adversaire avait été plus pugnace, ou mieux entouré.

    Déjà, Sarkozy a délibérément jeté aux orties sa fonction d’incarnation nationale en se comportant strictement en chef de parti. Et il ne saurait représenter tous les Français en s’affichant ostensiblement avec les seuls milliardaires tout en s’acharnant comme le moindre parvenu à arrondir son magot.

    Quant à l’exemplarité de la vie privée, tout dépend de ce que l’on entend par là. Si bon goût, décence, moralité, respect de l’autre sont désormais obsolètes grâce à oplusieurs décennies de persiflage et de dérision, alors oui, Sarko peut bien incarner le Français nouveau.

    Mais on peut estimer aussi qu’en amour ’le coq se montre et l’aigle se cache’. Qu’on n’a pas à infliger aux Français le spectacle désolant d’une ’Première Dame’ cocufiante et obsédée de fric (version Cecilia), ni d’une Première Dame potentielle dont les états de service consistent à coucher avec le père, débaucher le fils, se faire faire un môme par celui-ci, puis le larguer pour promener ledit pauvre môme sur les épaules de divers ’beaux-pères’ passagers. Que l’Elysée n’a pas à se confondre avec la Jet-Set apatride. Qu’on a le droit de qualifier d’immoral tel ou tel comportement, fut-il dans la vie privée.

    On pourra moquer et critiquer tant qu’on veut l’enfant cachée de Mitterrand, le camion de laitier de Giscard. Plus grave, semble-t-il, était la goujaterie de Mitterrant quand il était confronté à une femme qui lui résisait. Mais est-ce plus affligeant que les proclamations pathétiques genre ’les femmes, je peux les avoir toutes’ de Sarko ? Et je verrais mal une Ségolène Royale élue qui se serait séparée d’avec Hollande pour s’afficher avec un Rocco Siffredi..

    Quant à la conférence de presse, les journalistes se sont laissés moucher car ils le voulaient bien. On imagine ce que les grandes plumes de la 3ème République auraient réservé à Sarkozy. Sans parler des députés qui pourraient à longueur de temps apostropher Sarko (puisqu’il tient à s’expliquer devant eux) sur sa ’Connaissance’ ou ses ambitions (’il s’est voulu César, et n’a été que Pompée...’).



  • armand armand 11 janvier 2008 18:34

    Gazi :

    Je complète votre anecdote avec la suivante : il y a quelques années, une de mes étudiantes, haïtienne d’origine, me racontait qu’elle avait été à New York et que là-bas on ne voulait pas la croire qu’en France Noirs et Blancs pouvaient habiter ensemble et se fréquenter. En général, la France (et Paris tout particulièrement) a la côte auprès des Afro-Américains. Il y a deux ans, des démarches d’état-civil m’ont conduit au Bureau des des Actes de Naissance de l’hôtel de ville de NY. Apprenant que je venais de Paris (et que j’y retournais le lendemain) la jeune employée, style Condie Rice à 25 ans, s’est exclamée "Paris !!!" et s’est arrangée pour que mon dpocument soit disponible avant mon départ, alors qu’en principe il aurait fallu attendre deux mois.

    Il paraît que la popularité du cognac, en flèche depuis quelque temps aux USA, doit beaucoup aux rappeurs qui en ont fait leur boisson-fétiche parce que c’est français.



  • armand armand 11 janvier 2008 11:44

    Un certain nombre d’évidences semblent échapper à nombre d’intervenants sur ce fil, dont l’auteur de l’article. Il est TOUJOURS difficile de se faire accepter par une communauté majoritaire lorsqu’on s’aggrège à celle-ci. Dans le cas présent, se surajoute la stagnation sociale qui fait que pour tout jeune issu d’un milieu défavorisé, les perspectives d’embauches sont ardues, injustes, souvent humiliantes. 

    Plus généralement, on ne peut pas s’attendre à ce que la communauté d’accueil fasse tous les efforts. Là où il existe, je vous l’accorde, une certaine perversion à la française c’est que ce pays, sans son psychisme collectif, combine en ce moment les pires effets corrosifs de l’auto-dénigrement tout en nourrissant un complexe de supériorité. Il serait plus simple si le Français avait le nationalisme primaire de l’Américain : là-bas le Mexicain nouvellement naturalisé qui brandit la bannière étoilée est citée en exemple, ici le Maghrébin cocorico provoque un malaise. Quelque chose à voir avec un déficit d’assabiya ( n’est-ce pas, Fouad ?) en France. Une France forte et sûre d’elle assimile (ou incorpore) plus aisément qu’une France inquiète. Et paraît à coup sûr beaucoup plus désirable.

    Dans l’excellent roman qui brasse à la fois le poème vieil anglais Beowulf et le Risala d’Ibn Fadlan, ce qui a donné le film le Treizième Guerrier, Crichton fait dire à son narrateur, riche émissaire du Calife de Baghdad, entraîné dans une aventure aux côtés d’une bande de Vikings, que chaque nation a tendance à s’attribuer toutes les qualités... sauf en matière de sexualité, où l’on a tendance à créditer (et à craindre) chez l’étranger des avantages dans le domaine. De même, Bertrand Russell donnait une définition amusante du nationalisme : croire qu’un pays est supérieur aux autres... parce qu’on y est né. 

    Je pense qu’on ne viendra jamais au bout des préjugés collectifs - le tout c’est de faire en sorte qu’ils n’atteignent pas un degré critique et dangereux. Et quand on se sent à l’aise dans sa propre culture, on peut se frotter aux autres sans risques pour son amour-propre et sa dignité. Je trouve exagérés les réactions écorchées de dost-e-man Tafazzoli ci-dessus : quand on est issu de la culture qui a produit Hafez, Saadi, plus proche de nous Hedayat, par exemple, on n’a que faire de l’agressivité des incultes. Et c’est bien la première fois que je rencontre un Iranien se plaindre de la France, dont les habitants sont plutôt iranophiles... quand ils savent le reconnaître.



  • armand armand 11 janvier 2008 10:52

    Cher Gazi,

    Tout d’abord bonne année ; Comme d’habitude, bien des anecdotes dans vos commentaires qui sont, comme on le dit en anglais ’thought-provoking’. Dans le désordre, ce que vous dîtes des Vietnamiens est fort exact : peuple dont les ressortissants en France sont employés aux tâches subalternes et qui s’avère capable d’affronter les grandes puissances (un bémol, quand même : les Américains avaient effectivement les moyens de gagner leur guerre, les Français non). Cela nous renvoie à l’image des Japonais qui change brutalement avec leur victoire sur les Russes en 1905. Cette victoire alimentera l’hystérie du ’péril jaune’ auprès des Allemands notamment, en revanche, Théodore Roosevelt en tirera argument pour lever les restrictions sur les immigrés japonais aux USA , puisque, par leur progrès militaires, ils étaient désormais les égaux des Blancs.

    Votre description de l’aéroport d’Istanbul est savoureuse, mais mérite d’être complétée (je crois ùme souvenir que vous n’y êtes pas retourné depuis quelque temps) : le regard inscrutable du policier est toujours de saisons, mais un personnel féminin, nombreux et plus souriant, ajoute à la modernité, ainsi que des locaux tout neufs et, surtout, une procédure de sécurité que bien des aéroports européens pourraient lui envier !

    Mais l’exemple turc n’est-ce pas aussi l’exception qui confirme la règle ? Comme le Japon, la Turquie s’est mise à l’école de l’Occident, pour affronter celui-ci sur son propre terrain. Dans les deux cas, ces pays ont conservé leurs traditions ainsi qu’un fonds xénophobe particulièrement coriace, allant bien au-delà des réactions racistes relevées en France.

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