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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 3 décembre 2007 10:44

    D’autant que Céline a été un des ... cons, de plus l’un des plus enragés, qui ont acclamé le nazisme. Jamais compris l’espèce de révérence qui accompagne toute mention de cette infâme ordure. Ses idées étaient la dégueulasserie à l’état pur, arrivant même à choquer les Allemands par leur virulence.

    Cela m’a amusé (le mot n’est pas bien choisi, consterné plutôt) de voir dans le Nobs de cette semaine un reportage sur le génocide des Juifs ukrainiens, un génocide artisanal, pratiqué à l’arme de poing mais atteignant près de deux millions de victimes, suivi d’un article enjoué pour célébrer la projection du seul interview donné par Céline à la télé. Cet ’homme’ n’a jamais manifesté le moindre regret, la moindre honte devant ses allégeances et ses appels au meurtre.

    A l’inverse, un Drieu qui n’a jamais été à l’aise dans la collaboration et s’est donné la mort en expiation est considéré comme un auteur douteux. Seulement voila, son style est classique alors que chez Céline le fond rejoint la forme... dans l’outrance et l’ordurier.



  • armand armand 2 décembre 2007 15:29

    Le logement, pas plus que le pain, n’est pas un produit comme un autre qu’on peut laisser à la discrétion du marché -de surcroît un marché faussé par la spéculation et l’existence désormais attestée d’une ’hyper-classe ’ qui a tendance à confisquer les centre-villes à son bénéfice exclusif. Sans parler des mirages à alouette des crédits mirobolants qui aboutissent à des ’foreclosures’ douloureux.

    Par contre, j’en conviens, rien n’émpêche ceux qui veulent en supporter le coût de vivre loin des centres, dans des maisons avec jardin. Mais de nos jours la plupart des gens le font non par choix, mais parce que les prix des centre-villes sont prohibitifs.

    Et franchement j’en arrive à regretter la situation d’il y a quelques décennies quand existait un ’parc social’ de fait, et où le moindre métre carré n’était pas raffistolé, briqué, ravalé, optimisé pour être vendui ou loué au prix fort. Un peu de ’benign neglect’ que diable !



  • armand armand 1er décembre 2007 22:06

    Si le logement est uniquement considéré comme un bien de consommation qui doit rapporter, et qui peut faire l’objet de toutes les spéculations, alors la seule solution (temporaire) de la crise actuelle, nourrie exclusivement par les prix insensés de l’immobilier, serait le krach qui semble s’annoncer, et qui fera fondre les prix.

    Le rendement assez médiocre des logements mis en location vient du différentiel entre le prix à la vente et les loyers qui, quoique trop élevés, doivent malgré tout rester dans l’ordre du possible. Là où les prix sont les plus élevés, on assiste à une décorrélation extrême entre prix à l’achat et loyers.

    J’en conviens, il est urgent de remettre la population dans les villes et de réduire le coûteux étalement urbain, désastreux en termes d’environnement, de stress. Mais j’estime qu’il faudra passer par des mesures coercitives : coup d’arrêt à la ’pied-à-terrisation’ des quartiers centraux, encadrement des loyers, taxations des ventes spéculatives et interdiction des ’ventes à la découpe’. En somme, favoriser le propriétaire individuel mais reglementer les énormes institutionnels (sait-on, par exemple, que groupe LVMH n’est pas seulement propriétaire de la Samaritaine, laissée à l’abandon sous prétexte de ’travaux’ mais d’un important parc immobilier dans tout le quartier ? Qu’attend la ville pour prendre les mesures qui s’imposent pour que ce parc serve à de ’vrais’ habitants et non à des pieds-à-terre pour riches, ce qui semblerait être dans le projet, bien opaque, de LVMH ?)

    On pourrait procder à une redensification de nombreux quartiers de Paris, mais j’y verrais plutôt une reconstruction dans le style traditionnel et non des tours. Dans tous les cas, il serait opportun d’affirmer que le logement est un bien trop essentiel pour être laissé au libre jeu du ’marché’.



  • armand armand 1er décembre 2007 21:50

    Ce qui reste parfaitement flottant ce son deux données essentielles du problème : peut-on parler de ’propriété’ en ce qui concerne les territoires d’Amérique ? Les Indiens, quand ils ont eu à subi des massacres, l’ont-ils été ’pour ce qu’ils étaient’ ?

    A la première question, aucune réponse absolue. Les nations indiennes considéraient-elles les territoires qu’ils occupaient (un continent) comme une ’terre indienne’ à laquelle les blancs ne pouvaient accéder qu’avec leur autorisation ? Ou n’étaient-ce pas plutôt de vastes territoires, parcourus par des tribus nomades dont les territoires de chasse étaient fluctuants et les ’frontières’ inexistantes ? Ont débarqué des colons, bientôt structurés en états, qui, eux, avaient une notion très précise dans la matière. Pour compliquer tout, le gouvernement U.S., pour rationaliser les choses, aattribué aux Indiens une structure ’nationale’, assortie de territoires précis, en rétrécissement constant sous la pression des colons, qui ne correspondait pas nécessairement aux tribus et à leurs propres structures.

    Notons que les Européens, aux prises avec d’autres continents, ont eu la même difficulté à interpréter les normes de ces cultures dans leurs propres termes. Ainsi, en Inde, où les Britanniques ne se sont jamais installés en grand nombre à cause du climat, de la forte population sédentaire et urbaine, et de la puissance de l’Empire moghol au début, le colonisateur a attribué à l’empereur moghol un statut de roi européen d’un territoire précis (l’Inde) alors qu’il était, à ses propres yeux, un empereur universel. Là aussi des arguties juridiques ont accompagné une spoliation progressive, mais là aussi les colons n’ont pas procédé tout simplement par la conquête.

    Les Indiens ont-ils été ’massacrés’ parce que Indiens ? Je ne le pense pas : les conflits portés au paroxysme entre colons avides de terres (et de sécurité) et guerriers indiens ne comprenant pas le sens de la propriété des colons (une bataille, le ’massacre Grattan’ fut provoqué parce que le fermier à qui on a dérobé des vaches voulait obstinément qu’on lui restitue celles-ci, alors que le chef sioux, n’ayant aucunement le pouvoir de forcer ses guerriers à restituer les bêtes, voulait offrir une autre sorte de compensation) on donné lieu à ces massacres.

    je vais encore me répéter, mais il existe des preuves tangibles et symboliques à la fois de comment on représente l’identité, la qualité, la valeur de l’autre. Oui, les Indiens ont été spoliés, oui les accords ont été violés de mauvaise foi, oui ils ont souffert effectivement d’un passage en force à un régime de propriété privée, de consommation. Mais en même temps on plaçait leur portrait sur les pièces de monnaie et les billets de banque. On élevait déjà en 1905 une statue en l’honneur de Sacagawea, l’Indienne qui avait guidé Lewis et Clark et, surtout, la présence de sang indien, loin d’être une tare, était fréquemment vue comme une marque d’honneur chez les blancs.

    L’attitude nazie envers les juifs, ou même la politique des blancs vis-à-vis des noirs, ont été bien différentes.



  • armand armand 1er décembre 2007 21:14

    Merci Odile pour cet article fort pertinent. Il y manque un aspect crucial dans votre analyse, cependant. Que des critères de management efficace, c’est-à-dire prise de décision par un petit nombre, voire une seule personne secondée par des ’experts’ nullement élus, ni même appartenant à la classe politique (administration, corps constitués)- les ’spin-doctors’ par exemple, priment désormais sur tout et constituent en fait l’ultime critère de légitimité. Y voir une ’régression’ monarchique est, à mon avis, une arreur : les rois avaient des comptes à rendre dans un système qui reposait sur un ordre divin putatif, ou tout au moins sur une confusion entre le roi et ses ’deux corps’ (voir Kantorowicz) et la nation. De nos jours, il n’y a pas plus de transcendance chez un Sarko ou un Blair que chez un Bernard Arnault ou Arnaud Lagardère. Et encore, ceux-ci ont pérennisé le pouvoir économique (et donc sociétal) dans leur propre famille.

    On retrouve ce même esprit dans le court-circuitage de l’opinion publique en matière européenne. En somme, tout se passe comme si certaines ’choses’ étaient trop importantes pour être laissées à l’appréciation du corps politique, et laisser aux Français le dernier mot pour ce qui est de la constitution européenne équivaudrait à donner aux salariés un droit de veto sur les OPA et LBO et autres facéties du capitalisme actuel.

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