"S’il avait été décidé d’une vraie relance, il aurait
fallu diminuer le taux directeur de 100 ou 150 points de base, en le
réduisant ainsi à 0,50%, voie 0%. Mais peut-on vraiment « relancer » des
économies qui ne sont plus compétitives du fait d’un euro hors de prix
et d’une hémorragie constante de nos emplois industriels ?"
Moi je comprends : jouer sur des pouillèmes ne relancera rien. Et même en jouant sur 150 ou 150 points, il est probable que ça n’aurait servi à rien non plus. Son idée centrale, c’est bien que dans l’euro, point de salut, et pas de faire du QE.
Vous vous opposez à cette idée, à tort, à mon avis.
Mais précisément, ce n’est pas une réponse, car personne ne plaide pour une dévaluation compétitive (ce qui est peut-être ce qu’ont voulu faire les Anglais) : il ne s’agit pas de rechercher la compétitivité en sous-évaluant sa monnaie. C’est le cas du yuan, qui est pourtant arrimé au dollar, donc dans un système de change fixe. Change flottant et sous-évaluation n’ont rien à voir. C’est même l’inverse.
Par contre, lorsqu’une économie est peu compétitive, hors prix, il est d’autant plus difficile de le devenir qu’elle doit en plus lutter avec une monnaie surévaluée.
La balance commerciale française était équilibrée quand 1euro valait 1 dollar. Les exemples sont maintenant trop nombreux de l’échec du maintien d’un taux de change artificiellement élevé : Argentine, Suède, et sous nos yeux tous les pays de la zone euro moins compétitifs que l’Allemagne, hors prix.
Il devrait être évident que ce n’est pas en entravant son secteur touristique par une monnaie surévaluée que la Grèce deviendra la Ruhr. Bref, à économie différente, monnaie différente.
Quant à la Grande-Bretagne, l’importance de son secteur financier plaide peut-être bien (?) pour l’euro, mais comme le prix en est une intégration fiscale, budgétaire, sociale... accrue, les Anglais ont bien raison de s’y refuser.