Je partage l’avis de Castor sur le caractère inapproprié de l’analogie. Depuis Outreau, tous ceux qui se retrouvent devant la justice crient à une répétition de l’affaire Outreau.
Mais il y a des différences fondamentales.
Lorsque Colonna s’est barré dans le maquis, il savait très bien de quoi il était soupçonné. Il ne s’est sûrement pas dit "pourquoi moi ?"
Les innocents à Outreau ont tous pensé naïvement dès le départ : "je n’ai rien fait, c’est un malentendu, je vais m’expliquer et tout va s’arranger."
Colonna n’a jamais admis qu’il puisse y avoir une justice devant laquelle on puisse - tout le monde - être amené à se justifier.
A supposer que les enquêteurs aient eu Colonna dans leurs petits papiers cinq mois avant mai 1999 (ils se sont probablement intéressés à des dizaines de suspects), on ne voit pas pourquoi ils auraient tenu absolument à ce qu’il fasse partie du lot. Cela paraît absurde.
Quand à imaginer qu’on puisse faire pression sur plusieurs personnes pour qu’elles donnent indépendamment le nom de Colonna, c’est fantaisiste.
Dans l’hypothèse de son innocence, ils avaient au moins deux bonnes raisons de ne pas le nommer, même sous la torture :
1) son innocence
2) le fait que c’était un ami intime.
"Pourquoi désespérément ? D’abord, parce que tout le reste innocente Colonna,"
Je crois que c’est vous qui voulez désespérément vous focaliser là dessus. Parce qu’il y a beaucoup d’éléments à charge par ailleurs.
Ses quatre années dans le maquis ne plaident pas en sa faveur. Pas plus que ses liens avec le commando, ses appels à Martin Ottavioni ou le fait qu’il ait vidé son compte en banque avant que la police vienne le chercher.
Et ça, ce n’est M. Lebbos qui l’a inventé.
Par ailleurs, je doute qu’on puisse forcer six personnes à donner le nom d’un ami en sachant que cela risque de le faire condamner à la perpétuité, même en étant manipulateur ou violent.
Il faudrait me mettre beaucoup plus que quelques baffes pour que je donne le nom d’un ami.
Ils n’ont pas été torturés. Ils n’ont même pas dit qu’on les avait frappés.