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M. Mourey :
Deux options s’offrent à moi :
-soit vous n’entendez rien à ce que j’écris, ce qui me désolerait vu que je vous ai épargné l’offense de mon langage habituel et si raffiné (mon « petit noir »), langage qui forme le socle de ma désastreuse réputation ici-même.
-soit vous en voulez à ma santé mentale. Et reconnaissez que ce serait là me destiner à une cruelle réclusion…
Soit…reprenons :
Vous écrivez : « Non ! Les Helvètes qui venaient du Centre Europe n’ont jamais été sous influence romaine avant leur défaite contre César, de même que la Germanie. » c’est pour cela que je mettais en exergue la question des recensements. Il ne me semble pas que les tribus celtiques, helvètes ou germaines se soient livrés à de tels recensements au cœur de la forêt hercynienne ou dans leurs oppida. Votre évocation des recensements sous-entendait pour moi automatiquement la période de domination romaine des Helvètes et donc après leur défaite face à César.
Poursuivons : « Pour le reste, puisque vous acceptez que des dirigeants d’un peuple puissent passer d’une langue écrite à une autre, je ne vois pas pourquoi le passage d’une langue sémite à une langue indo-européenne serait l’obstacle que vous imaginez. Je sais que certains historiens rêvent encore de vagues d’invasion venues de l’Inde, de steppes désertiques ou de peuples de la mer venus on ne sait d’où, ou d’Atlantide en Amérique ; je ne crois pas à ces fables et ne suis pas le seul. Je raisonne sur un monde connu, déjà socialement et militairement organisé. »
D’un, il faudrait préciser de quel passage vous parlez. Les linéaires mycéniens seraient la source de l’alphabet phénicien ? Cela ne se tient pas, même les grecs (indoeuropéens) ont préféré opter pour l’alphabet phénicien (sémitique).
Et si vous pensez à une pratique généralisée (vous parliez bien de passage) d’une ou plusieurs langues indo-européennes en Canaan ou en Chaldée, il n’en pas trace. Ni physique, ni mythique. Et si vous vous référez aux Peuples de la Mer, à nouveau il y aurait anachronisme.
Bref, il serait tout de même intéressant que vous précisiez votre propos parce que votre passage (repris ci-dessus en italique) ne fournit aucun élément de compréhension. Ce qui est le problème depuis le début de notre échange : vous êtes confus, vous ne précisez pas votre propos.
Exemple : « Je sais que certains historiens rêvent encore de vagues d’invasion venues de l’Inde, de steppes désertiques ou de peuples de la mer venus on ne sait d’où, ou d’Atlantide en Amérique ; je ne crois pas à ces fables et ne suis pas le seul. Je raisonne sur un monde connu, déjà socialement et militairement organisé. »
De quoi parlez-vous ? si j’interprète correctement vous évoquez les diverses théories sur l’origine des proto-indoeuropéens ou bien encore sur les aryens. Problème étant que nous parlons des Celtes (donc bien après) et que le développement de la civilisation celte ainsi que son expansion continentale sont plutôt bien connus (Hallstadt, la Tène, Danube, etc…)
Quant aux PIE, les théories les plaçant dans un espace compris entre la steppe pontique et l’Oural et imaginant des migrations à la fois vers l’Ouest (Europe) et vers l’Est (Inde, Perse, ect…) me semblent pertinentes.
A nouveau, je vous le rappelle nous sommes tel que vous le rappelez assez souvent aux alentours du Xème siècle avant JC, non pas au Néolithique.
Continuons :
« Vous dites que les habitants de Canaan ne s’appelaient pas Cananéens mais du nom de leur cité. C’est exactement ce que je dis en ce qui concerne les Kinnésiens. Aujourd’hui, après les fouilles dont je vous ai indiqué le lien, vous ne pouvez pas nier l’importance de Kinneret. Connaissez-vous le nom des habitants de cette cité ? En ce qui concerne les Chaldéens dont le mot aurait disparu au Xème siècle, je vous laisse la responsabilité de votre déclaration. »
A nouveau, vous prenez ce qui vous intéresse et ignorez le reste, il me semble que je vous ai renvoyé à l’Ancien Testament (source que vous considérez comme fiable) et à l’énoncé des divers noms des clans cananéens, sur les noms liés aux cités je me référais plus à la Phénicie. Mais bon, cela ne change rien, oui l’identification pouvait se faire par l’origine (cité, région, etc…).
Et encore une fois, je dois vous répéter que vos acrobaties linguistiques ne tiennent pas : il n’y a aucune raison à ce que le r’ de knr devienne un s’ dans kinnésiens. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y a aucun obstacle linguistique ou problème voyellisation/vocalisation à ce que de l’hébreu kinnereth (racine knr) on arrive à une forme semblable en grec par exemple.
Si je pars de kinnereth, j’obtiendrai kinneri pour un habitant de cette ville, comme nazari pour Nazareth, soit en français (langue indoeuropéenne) kinnérien comme nazaréen . et même si par une anomalie linguistique l’habitant de cette ville se nommait kinnereti le passage à une langue indoeuropéenne n’entrainerait pas la perte du r’ ou du t’ final, car cela ne présente absolument aucun problème en cas d’emprunt ou transfert.
Un autre exemple, en espèrant que vous comprendrez : l’hébreu (ha)-Galil , soit la racine gll devient sans aucune mutation ou perte au sein du groupe des langues indoeuropéennes : Galileia en latin, Galilée en français, Galilee en anglais, Galiläa en allemand, Galilea en polonais ou néerlandais ou tchèque, Galilæa en danois, ect…
Pour Nazareth, plus proche de votre exemple, la règle est la même la racine nzr est conservé ainsi que le t final.
Les variations possibles sont liées au processus de voyellisation qui n’interfèrent sur les racines strictement consonantiques des mots issus de langues du groupe sémitique.
Donc, j’espère que vous entendrez après cela que la mutation que vous proposez et qui serait la source hypothètique de ces malheureux kinnésiens est plus qu’improbable.
bahhh...dé ke ze parle normal, za part en glaoui...e zi en a ki me demande de parler
mé bon fô pas flipper mé zéries...
Zilé old skool, de la vieille école le Colonel...il voulait zuste dire que ke Son Ôguste Insanité Môaaa-je parle pas correctueusement le langaige françoys kan ze suis en, trônze guruïque...
komme zil a pas su zi zétait un zaccent provenu du groupe nilo-saharien, nizéro-congolais ou khoïsan ben zila dit zen petit nègre...zen bamboola..koi...wazzup nigga ! à l’ancienne...zun peu comme le tirailleux nénégalais sur la bôaate à kakao...
bahhh...cool..zalé pas nous le tuer kan meuh-me !
alé fo ke ze riposte à zon nouvel zattentat terrostorique...za va zêtre Dien Bienn Fôo !! ze vous le dis...
bahhhh....
bahhh...mon petit moussaillant ! rezpects zenkaissés...ozourd’hui zé le jakpolpott !
bahhh..trô KON mé bon ze me zuis effortué kan meuh-me zun peu...
donk repos zérébrominical ! marre de la grabatologie zozostorique...alé zenkor BAHHHHH....
M. Mourey
Ben je crois qu’on va s’amuser.
Vous écrivez : « Je n’ai toujours pas trouvé un linguiste qui m’explique pourquoi les Helvètes rédigeaient leurs tablettes de recensement en grec alors que c’était un peuple celte, mais passons. »
Bon, je vous dirai d’un : je ne suis pas spécialiste de la bureaucratie helvète antique et de deux quel est l’intérêt de savoir (quant au sujet qui nous concerne) pourquoi les Helvètes rédigeaient en grec leurs tablettes de recensement.
Mais bon voyons : oui les Helvètes étaient celtes et oui les Grecs ne sont pas celtes, mais ces deux peuples sont indo-européens.
Question : pourquoi les Turcs, peuple non indo-européen, utilise l’alphabet latin (indo-européen) pour rédiger leurs tablettes de recensement (en turc) ? ou bien encore pourquoi les Iraniens (perses indoeuropéens), peuple non-sémite donc, utilise l’alphabet arabe (sémite donc) pour rédiger leurs lettres de recensement (en persan) ? mais aussi pourquoi les Indonésiens, peuple non indo-européen, utilise l’alphabet latin (indo-européen) pour rédiger leurs lettres de recensement (en malais) ?
(vous noterez, en passant, que dans chacun de ces exemples, nous parlons de langues usant d’un alphabet n’appartenant pas à leur groupe, alors que dans votre exemple langue grecque et helvète (celtique) sont toutes deux des langues indo-européennes)
Bref : à un moment ou un autre, ces peuples (leurs dirigeants) ont opéré ce choix pour des raisons diverses et variées. J’imagine donc que pour les Helvètes, sous domination romaine (puisque vous évoquez les recensements) le choix du grec a pu s’imposer pour telle ou telle raison : influence intellectuelle des Grecs dans le monde romain, contacts antérieurs Celtes/Grecs (il me semble que Delphes s’en souvient encore, non ?)…
Encore bref : ce que vous considérez être comme un argument anti-linguiste n’a que peu de valeur, puisque le turc peut être étudié que ce soit écrit en arabe ou en latin, tout comme le perse, ou l’indonésien…de même pour l’helvète. Les alphabets savent s’adapter aux langues qui les adoptent.
Continuons.
« C’est uniquement la logique qui m’amène à faire des rapprochements linguistiques. Car si par les textes et les vestiges, je suis amené à chercher les colons phéniciens au Proche et au Moyen-Orient, il faut bien que je retrouve leurs noms dans leurs pays d’origine puisqu’ils ne s’appelaient pas Phéniciens. Or, contrairement à ce que vous dites, il me semble bien que les noms qui avaient cours à cette époque sont bien ceux de Chaldéens, Cananéens etc... »
Je vous demande alors quelle est votre logique ? comme déjà dit, les dits Chaldéens ( en sémitique Kaldu du pays dit mat Kaldi ou mât Bit Yakin) sont postérieurs à l’époque que vous évoquez. Ensuite sur les noms, effectivement que les Phéniciens ne s’appelaient pas entre eux phéniciens, mais se reconnaissaient par leur appartenance à telle ou telle cité (Tyr/Sur, Sidon/ Sydwn, Byblos/Gebal,etc…) et d’une manière plus large dans l’ensemble sémitique (tradition toujours actuelle) l’appartenance à telle ou telle tribu, ou par origine géographique ( régions, montagnes, désert,etc...).
Quant aux Cananéens, ils sont la fâcheuse tendance d’être un peu partout et nulle part dans l’espace syropalestinien antique, d’où la nécessité de bien cibler à la fois la période historique et la zone géographique lorsque vous les évoquez. Comme vous semblez être un lecteur avisé de l’Ancien Testament, pour vous faire plaisir donc, je vous renverrai aux diverses évocations de ce « peuple » (Nombres, Genèse) où Canaan, fils de Cham a pour descendance Sidon, Heth, le Jébusite, l’Amorrite, le Guirgashite, le Hivite, l’Arquite, le Sinite, l’Arvadite, le Hamathite et le Zémarite…bref que du beau monde ! d’autant plus que si je continue, dans la foulée, , j’apprendrai que cette fertile descendance (les divers clans cananéens) se disséminent un peu partout, de Sidon vers Guérar jusqu’à Gaza, vers Sodome et Gomorrhe, Adma et Cevoïm jusqu’à Lesha.
J’imagine (j’espère) que vous saisirez non seulement la variété des cultures, systèmes de croyances et dialectes de cette fine bande de terre entre mer et désert.
Soit, continuons.
Vous écrivez : « et comme vous n’avez jamais trouvé l’origine du mot celte - ou alors expliquez-vous - ni celle des Kinnésiens, acceptez que j’aille les chercher dans leur pays d’origine. »
J’avoue que je ne sais si je dois rire ou me sentir désolé pour vous. Que m’écrivez-vous donc ?
1. et comme vous n’avez jamais trouvé l’origine du mot celte - ou alors expliquez-vous
l’origine du mot « celte » ne pose pas problème, le sens peut-être. Les Celtes eux-mêmes se désignaient de bien des manières, de plus vous devez savoir que la tribu était la première référence pour l’individu celte, quant à keltoï là était la manière dont les Grecs non-celtes désignaient ces peuples.( en passant, je vous ai proposé les diverses origines probables : Kel-kol= colonisateur/colon , Keleto= rapide (référence au cheval),
*kel- / *(s)kel- racine plus ardue (sans doute la plus primitive) et dont les sens sont multiples : soit à une noble stature (héros/libre), à la notion de mouvement( cheval), et à l’action de frapper/couper(épée)) Il est à noter qu’on retrouve des notions similaires pour les Aryens (noblesse, cavalerie, épée)
2. ni celle des Kinnésiens, acceptez que j’aille les chercher dans leur pays d’origine.
Cela ne me dérange absolument pas que vous vouliez retrouver les racines d’un peuple que vous considérez comme orphelin, mais la probabilité de trouver les racines d’un peuple identifié celte et indoeuropéen en plein cœur du monde sémitique, me semble somme toute limitée.
Mais vos acrobaties fantaisistes qui font de Kinneret leur zone d’origine relève de la pure spéculation et de la pseudo-science. Cela ne tient pas la route une seconde, avec la Bible ou sans. De même pour Keltos et Chaldée, pure spéculation sans fondement : il n’y a aucune preuve tangible de lien entre Celtes d’Europe Continentale et les habitants de Chaldée ou de Babylonie. Les peuples indo-européens les plus proches du Golfe Persique sont bien répertoriés, il s’agit des Perses et d’une bonne partie des habitants de l’Inde.
Bref continuons : « Maintenant permettez-moi de vous posez des questions. Sur quels éléments vous appuyez-vous pour affirmer qu’au Xème siècle, tout le Proche-Orient parlait et écrivait sémite ? J’ai évoqué l’influence mycénienne, mais il y en a aussi bien d’autres. J’ai plutôt l’impression d’une sacrée concurrence d’où la plus fiable s’est imposée à l’extérieur, il est vrai beaucoup plus tard, dans le koinè. »
Je n’ai jamais dit que tout le Proche-Orient parlait et écrivait sémite, puisque la langue sémite n’existe pas en tant que telle ! il existe ( et a existé) des peuples sémites et des langues sémitiques (phénicien, cananéen, punique, éblaïte, akkadien, hébreu, arabe, ammonite, moabite, amorrite, babylonien, ougaritique, assyrien, araméen, etc…)
Sur la concurrence mycénienne à la période que vous évoqué, soit en plein dans les âges sombres côté grec, me semble peu à même de s’opposer aux deux pôles d’influence de cette même époque : pôle égyptien et pôle babylonien (monde sémitique). De plus de quelle influence parlez-vous ?
Soit…vous écrivez : « Autre question : quelle langue parlait-on dans les colonies phéniciennes qui ont peuplé les rivages de la Méditerranée occidentale avant les Grecs ? Carthaginois à Carthage, peut-être, mais avez-vous trouvé des racines sémites dans les autres colonies ? Je n’en ai pas connaissance. »
Sur la langue parlée dans les colonies phéniciennes occidentales donc domaine carthaginois (entre parenthèses il faudrait plutôt parler de comptoirs que de colonies) et bien tout simplement le phénicien dans sa variante dite punique qui était la langue de l’élite et des peuples sous domination carthaginoise (Numides, Berbères, Ibères, etc…), à l’évidence des patois et dialectes ont pu se développer en Afrique du Nord (proximité avec les langues du groupe berbère puisque toutes du groupe chamitosémitique) et dans les diverses îles de la Méditerranée, mais le punique n’a pas subsisté après les invasions arabes (autre langue sémitique).
De fait, les cités fondés par les Phéniciens ici ou là, portent généralement un nom sémitique et donc avec des racines sémitiques (vous avez donné l’exemple de Carthage, me semble-t-il), ce qui est somme toute logique, les Grecs donnaient des noms grecs, les Romains des noms latins,etc…
J’en arrive donc à votre conclusion :
« Pour en revenir à Baal, je pense que c’est un lieu commun que de rappeler que, dans l’évolution de son sens, c’est devenu le diable en personne sous la pression médiatique des scribes hébreux. Evidemment si vous réfutez les textes bibliques, je comprends qu’il ne vous reste que la forme du lac de Galilée, en forme de lyre, pour faire le lien avec vos interprétations linguistiques et c’est moi à qui vous reprochez de ne pas être sérieux ? Dommage ! On aurait pu approfondir le sujet dans une autre direction. »
Sur Baal, il me semble avoir été clair, je ne parlais pas de l’évolution ultérieur et négative (diabolique) de ce nom (titre) mais de l’impossibilité de savoir de quel Baal vous parliez. Je vous ferai d’ailleurs noter que j’en suis toujours au même point : vous ne m’avez toujours pas précisé de quel Baal vous parliez !
Sur la forme du lac et le fait qu’elle est inspiré quelque lyrisme aux habitants du lieu, il me semble que c’est un phénomène assez courant que pour nommer un lieu de prendre pour référence un MOT pré-existant au dit-lieu et pouvant symboliquement le signifier : rien de linguistiquement sophistiqué.
Sur la réfutation des textes bibliques, elle n’a pas formé la matière de mon propos, sur ce point précis j’ai dit que les références mythologiques et imprécises ne pouvaient servir de base au raisonnement que vous tenez.
Un exemple parmi d’autres : vous évoquiez le périple du patriarche Abraham : la référence chaldéenne dans le texte biblique est postérieure à l’exil en Babylonie sous le règne de Nabuchodonosor : soit daté de 605 avant JC à 562 avant JC et donc 4 siècles après la période que vous évoquez !
Or Abraham se voit attribué une origine chaldéenne (Ur-Kaśdim) à une époque où les Chaldéens n’existent tout simplement pas. Si je suppose que la légende abrahamique se situe au début du second millénaire avant JC, je suis bien en pleine période sumérienne. Donc anachronisme. Ou peut-être faille dans le continuum espace-temps si vous préférez.
Sur ce, je me dois de vous dire que j’ai répondu à l’ensemble de vos questions, et que vous n’avez répondu pour ainsi dire à aucune de mes questions si ce n’est par d’autres questions. Comme je l’avais écrit dans mon premier commentaire vous faites bel et bien fi de tout ce qui dérange votre délirante thèse. Il n’y a ni logique ou raisonnement, ni même argumentation ou référence sérieuse, spéculatif et fantaisiste.
Dommage. Car lassant.
M. Mourey
J’ai accusé réception de vos réponses et donc je vais commencer par la fin en toute logique…
Dans un premier temps, disons que si la linguistique ne vous sert pas de fil directeur, il faudra alors m’expliquer le pourquoi de vos rapprochements linguistiques entre Baal et Bélénos, Therouanne et Terah, Keltoï et Chaldée, etc…
Vous vous fondez sur quoi ? votre ouïe ? J’avoue la méthode est peu orthodoxe et d’autant plus téméraire que vous vous reposez sur la voyellisation/vocalisation actuelle de ces vocables et noms. Sacrée gageure, notamment avec des langues sémitiques consonantiques où la voyellisation opérée par le locuteur d’une langue indoeuropéenne est assez souvent hasardeuse (voir tragique pour certains touristes).
Bref donc vous ne fondez pas sur la linguistique. J’accuse réception.
A votre question : « Et pourquoi pensez-vous qu’il y ait une racine sémite dans le mot Kinneret, et pourquoi pas grecque ou proto-grecque ? » tout simplement parce que la racine knr voyellisée en kinnor (hébreu) a pour sens harpe ou lyre, instrument dont les contours spécifiques évoquent ceux de ce lac galiléen. Ce qui nous éloigne donc du grec κιθάρα (kithara) au sens similaire.
Donc à votre question, je répond donc qu’il est logique que ce lac situé en pays sémite, ait été nommé par les habitants sémites de cette contrée par un mot issu de leur langue elle-même sémitique (hébreu) correspond à la topographie du lieu. Si un mot grec ou mycénien ou de quelque autre variante de grec ancien vous semble plus adéquat, plus cohérent, je serai ravi que vous m’en informiez.
Bref fin de cet intermède linguistique.
Vous m’écrivez :
« En ce qui concerne vos remarques sur Baal, je n’ignore pas ce que vous dites mais je me place au Xème siècle. Je parle en connaissance de cause et n’ignore pas que dans les textes hébreux de la fin du règne de Salomon et dans ceux qui vont suivre, le Baal dont il s’agit a un sens bien précis et non multiple et que ses adorateurs sont bien des adorateurs solaires. Je ne mélange pas les époques.
Quant au lien que je fais avec Belenos, j’ai bien écrit que d’autres l’avaient dit avant moi. Et j’espère bien qu’un jour on remettra un peu d’ordre logique dans un nombre conséquent d’objets archéologiques qu’on attribue, par facilité et convention, aux dits Gallo-romains. De même pour les monnaies gauloises aux chevelures famboyantes comme les rayons du soleil. Les Romains ont toujours fait preuve d’une grande habilité pour récupérer les anciens dieux barbares, le christianisme également. »
A nouveau, je me répète, Baal est un terme générique, je veux bien que vous parliez en connaissance de cause mais cela ne m’informe pas pour autant quant au baal que vous évoquez. Avouez qu’entre la Chaldée, Canaan et les cités phéniciennes ou puniques, nombreux sont les baal(s) !
De la même façon, vous évoquez les textes hébreux, Salomon …j’imagine donc que vous vous référez et inspirez avant tout des textes bibliques (cf. vos évocations de Moïse, Abraham, Salomon), et qu’ainsi donc vous fondez avant tout votre raisonnement sur des textes religieux, relevant donc du mythologique voir du fantastique et non pas sur les sources linguistiques, historiques, archéologiques, etc…somme toute plus fiables.
Je ne vois pas sincèrement comment nous pourrions continuer d’échanger, si les périples d’Abraham ou Moïse ou l’hypothétique temple de Salomon vous servent de repères spatio-temporels et si votre Baal (exclusivement solaire) est le Baal biblique ( indéterminé) soit la somme des divers baals des panthéons proche et moyen-orientaux.
Bref, pas vraiment sérieux tout çà.
Continuons.
Vous écrivez :
« Si je parle de Sumer, c’est uniquement pour rappeler une origine historique, notamment dans le domaine des croyances religieuses qui, à mon avis, sont beaucoup plus ancrées dans les populations et dans le cours du temps qu’une écriture de scribes et de notables qu’une simple révolution ou invasion suffit à remplacer. Le marqueur de l’écriture est-il fiable ? J’en doute. Donc, si je parle de Sumer, c’est uniquement pour rappeler une origine de croyances. Les mots que j’utilise sont « Chaldéens » et « Cananéens » car ce sont les mots de cette époque où je me place pour raisonner, au Xème siècle, et je ne vois pas pourquoi on irait en chercher d’autres. Je ne vois pas pourquoi les Phéniciens qui ont émigré auraient porté d’autres noms, ou alors expliquez-vous. Selon moi, je ne vois dans la région que des Tyriens, des Sidoniens, des Chaldéens, des Cananéens et des Hébreux. Je ne vois venir les Hébreux dans le pays qu’avec Moïse, bien après Abraham qui apporta en Canaan ses croyances d’Ur en Chaldée, notamment en Sin et en Yerah, la lune, d’où mon grand intérêt pour les fouilles de Tel bet Yerah dont j’ai parlé (au moins 16 strates à étudier). »
J’ai compris le sens de votre évocation de Sumer, matrice du monde sémitique. Il n’empêche qu’entre Sumer comme civilisation originelle et la période que vous évoquez, disons que beaucoup d’eau a coulé sous beaucoup de ponts, d’autres civilisations sont nées, mortes et autant les religions que les cultures ou les langues ont évoluées. Mais bon, je prends acte.
Maintenant une question : vous évoquez, dites-vous, le Xème siècle avant JC : donc où et quand placez-vous exactement ces tribus (originellement pasteurs nomades) prenant le contrôle de la Babylonie aux alentours du 6ème siècle avant JC ( soit l’empire néobabylonien/11ème dynastie) et qui sont communément appelés Chaldéens ?
De la même façon, cet empire ou royaume étant avant tout terrestre, par quel biais les Chaldéens du Sud mésopotamien deviennent-ils des marins à même de coloniser une partie de l’actuelle France ?
Dernière question sur le sujet : qu’entendez-vous par Chaldéens ? terme générique biblique pour la Babylonie ou période historique précise ? ce qui expliquerait la confusion, les Chaldéens entrant en scène après le Xème siècle.
Je vais conclure sur votre introduction :
« Je ne pose que des questions, mais je ne suis pas ignorant au point de ne pas savoir qu’il existe nombre de controverses dans cette discipline et beaucoup d’incertitudes et d’interrogations. Quand on constate avec quelle rapidité et facilité - relative - un peuple change de langue, j’en arrive même à me demander si l’on peut vraiment faire confiance à la linguistique pour retrouver le fil de l’histoire. »
Je ne sais si on peut vouer à la linguistique une confiance aveugle mais elle me semble tout de même plus fiable que des textes mythologiques, passés de scribes à copistes, d’une langue à l’autre pendant des siècles…Et sur « retrouver le fil de l’histoire », la linguistique permet bien de remonter le cours de l’histoire…
Cordialement,
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