Il faut ajouter à ce poème de Lanza Del Vasto que le premier des ressorts de ce qu’il nomme « conjuration » est la nécessité pour l’organe politique de développer des moyens d’action, afin de procurer, pour les politiques les mieux intentionnés, un certain équilibre à la nation qu’ils gouvernent. De là vient que les rois de la terre privilégient les inventions qui procurent des moyens, sur la science proprement dite, qui s’efforce d’élucider les mystères entourant la vérité, science que l’Antiquité pour cette raison ne distingue pas de l’art.
Ne voit-on pas l’art affecté du même mal que la science, les artistes plus préoccupés par la fabrication de fétiches, c’est-à-dire d’objets de culte qui contribuent à l’art de vivre, mais laissent l’homme sur sa faim de choses spirituelles ?
Je crois, RUE1793, que vous devriez approfondir d’abord, plutôt que la notion du temps, qui ne se mesure que par ses effets, celle de vide ou plutôt d’espace. De là dérivent des conceptions physiques, voire métaphysiques, différentes, selon qu’on conçoit l’espace comme une topographie purgée de la matière, une « réalité virtuelle », ou bien l’espace entre deux objets, planètes, etc. plein d’une matière plus ou moins éthérée et meuble, ou encore comme c’est souvent le cas, l’espace aérien comme un mélange d’espace/vide et de particules de matière.
La plus ancienne conception d’un vide mêlé à la matière, déduit le vide du mouvement, posant en principe que, sans espace pour se mouvoir, la matière demeurerait immobile.
- J’approuve l’esprit critique de Bingofuel. Sous prétexte que la théorie d’Einstein ne colle pas avec la physique quantique, on se défausse sur une nouvelle thèse, celle de Lee Smolin, qui a pour seul effet d’accroître le brouillard mathématique.
- On peut penser que le caractère spéculatif de la théorie d’Einstein est en effet bien accordé avec les préjugés en vigueur dans les milieux financiers. Les catastrophes engendrées par l’application de modèles mathématiques dans le domaine économique présentent bien l’inconvénient majeur de réduire la réalité économique à de pures statistiques.
- La science d’Einstein n’est pas une science mais une religion. L’hypothèse d’un point de coïncidence entre deux événements ou deux vecteurs, l’un représentant le temps, l’autre l’espace dématérialisé, n’a rien d’expérimental. C’est un postulat de principe, utile sur le plan balistique, technologique, mais qui n’a pas de réalité physique. On peut tout réduire ainsi à des principes. Le seul principe qui reste absolu, en définitive, c’est le principe énoncé par Einstein.
- La prétendue expérience de Michelson et Morley est complètement bidon. Compte tenu de la vitesse extrême de déplacement qu’elle attribue à la lumière, l’expérimentateur le moins sérieux sera obligé d’admettre que des expériences complémentaires s’imposent, et que quelque chose, à ce train d’enfer là, a bien pu passer inaperçu. L’idée même que la lumière est d’une nature unique, et qu’il n’y a pas plusieurs lumières de natures différentes, paraît un peu trop bien faire le jeu des équations mathématiques pour ne pas être scrutée plus profondément, de façon expérimentale.
- S’il est un peu abusif de dire que « le temps n’existe pas » (est-ce que le temps n’est pas de l’argent ?), du moins est-il vrai que le temps ne peut être appréhendé que par ses conséquences (biologiques). Dans cette perspective, l’espace-temps humain n’est pas le même que celui des montagnes. La spéculation mathématique, mesurant la chaîne des causes et des conséquences, a vite fait de faire du temps la cause primordiale, et de signifier cette cause par un point, un trou noir, l’antimatière. La matière sort ainsi du néant, et la conception de l’univers qui s’impose de lui est qu’il ne serait que l’effet du temps, épousant ses différentes formules, une sorte de pâte à modeler.
- Le capitalisme est bien fonctionnel ; mais la fonction décrit l’énergie ou la puissance ; et il n’y a pas de puissance ou d’énergie qui ne finisse par décliner.
- L’idéologie engendrée par le capitalisme est une idéologie de type physiocratique. Marx est beaucoup plus clair que S. Sizek là-dessus, qui ne fait qu’embrouiller inutilement les choses. On retrouve par exemple dans le nazisme ce vitalisme.
Bien plus dangereuse car plus opaques les doctrines socialistes, fachistes ou autres, qui visent à méduser les masses, peu susceptibles d’adhérer seulement à un discours physiocratique dont on voit trop bien qu’il sert surtout les intérêts des élites financières. Parfaitement logique de la part de Sarkozy de donner une coloration socialiste à son discours. Un bon conseil d’Alain Minc, sans doute.
Autrement dit, le Capital a besoin de la religion, d’un discours qui purifie la morale et présente les rapports juridiques et monétaires comme susceptibles de retranscrire autre chose que des rapports de forces. Et ce sont les partis socialistes qui assument ce rôle religieux, c’est-à-dire le parti des fonctionnaires. Considérable l’effort de l’éducation nationale en France au cours des quarante dernières années pour faire croire que le nazisme n’est pas un régime libéral ordinaire, ou seulement différent des autres à cause de la crise économique très grave que l’Allemagne a connue.