Votre raisonnement me paraît faussé par des années de trafics boursiers internationaux, qui vous font croire que l’économie n’est qu’un jeu monétaire, virtuel, et que l’on peut se retirer au moment où on veut. Le simple retrait des troupes françaises envoyées en Afghanistan pour assurer le contrôle stratégique de cette région est extrêmement compliqué, alors même que les troupes françaises ne jouent là-bas qu’un rôle symbolique, afin que les Etats-Unis ne soit pas la seule puissance colonisatrice.
- Revenir au franc reviendrait presque à réorganiser la bourse complètement, et cet effort coûterait énormément. Vous ne vous rappelez pas l’extraordinaire propagande médiatique s’agissant de l’euro ? Il faudrait tout recommencer, sans aucune chance de convaincre quiconque en dehors de quelques militants du FN et de Mélenchon, ceux qui ont sans doute le moins de pognon. Avant d’être un peu encombrant, l’euro et la dérégulation des marchés ont permis de maintenir la croissance, et donc la cohésion du pays, à un niveau impossible sans eux. Tant que vous n’aurez pas trouvé un nouveau procédé « d’enrichissement sans cause », comme disent les gangsters capitalistes, vous ne convaincrez personne de lâcher l’euro.
- N’oubliez pas qu’un pays endetté au niveau où l’est la France n’est pas « souverain », c’est-à-dire qu’il appartient aussi à ses créanciers, qui n’ont probablement pas envie de votre « franc », et qui se tamponnent de la drachme comme de leur premier faux en écriture.
Personnellement je n’ai pas encore croisé d’électeur du PS favorable à la croissance (sur 4 ou 5 seulement, je dois avouer) : ils sont tous « décroissants », comme Abélard. Suffit pas de dire « croissance », faut encore apporter le viagra à la bête, qui bande tout mou.
- Le problème de la décroissance, c’est qu’elle nie que l’économie est un principe érotique, alors qu’elle l’est. Sur le plan personnel, la décroissance peut être bénéfique (surtout passé un certain âge), mais on ne peut pas faire de politique avec ce truc. Marx n’a d’ailleurs jamais contesté que le capitalisme est la meilleure organisation possible : il a simplement dit qu’elle relève de la barbarie concurrentielle, et que l’infarctus se produira tôt ou tard.
Bien dit, Kemilein. Ne comptons pas trop sur ceux qui chialent seulement quand le porte-monnaie est vide, laissons voter les abrutis qui votent comme on va à la messe : parce que l’espoir fait vivre, et évitons de vivre notre vie par procuration pour satisfaire aux lois du marché, parce que, sinon, autant crever tout de suite.
D’accord avec le taulier, je ne vois pas ce que Syriza vient faire dans cette galère. Syriza dit d’ailleurs tenir à l’euro et à l’appartenance de la Grèce à la zone euro, parce que ce parti ne vee ut pas lâcher la goupille qui risque de plonger la Grèce dans le bordel. Cependant c’est ce qui risque d’arriver, et Syriza fera alors un coupable idéal pour que banques et politiciens libéraux puissent se retirer en imputant à Syriza la banqueroute grecque et ses conséquences. Déjà il semble que les banques ont renoncé à récupérer leurs mises ; ne résistent plus que les politiciens, Merkollande en tête, vu l’ampleur de la catastrophe diplomatique et stratégique pour la France et l’Allemagne, si la Grèce devait être lâchée.
Autre scénario possible : la reprise en main de la Grèce par l’armée après une parenthèse Syriza, militaires soutenus par des banques européennes : là encore, qu’est-ce que Syriza vient faire là-dedans.
Et Mélenchon ? Le parti communiste a eu l’occasion de prendre le pouvoir à la Libération ; il ne l’a pas fait, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va s’y mettre.
- L’auteur de cet article semble oublier que Hollande s’est contenté de tenir le discours qu’il devait tenir pour se faire élire. Un point c’est tout. La réalité commence maintenant et, dans cette réalité, les décisions économiques sont prises d’une manière qui invite à regarder la démocratie pour ce qu’elle est : un défoulement populaire sporadique.
La République prouve qu’il y a bien d’autres façons de sacraliser la propriété que la religion, puisque ce régime a fait de la propriété sa pierre angulaire, dont toute son éthique découle.
Ethique et droit IMPLIQUENT le caractère religieux.
D’ailleurs on ne peut pas dire que la République française en principe laïque de Philippe Val ou Finkielkraut soit beaucoup gênée de fournir d’appoint militaire aux Etats-Unis confessionnels, et par conséquent à l’assassinat légal d’indigènes afghans.
Autrement dit, le nationalisme est un argument religieux déguisé, ou moderne, et il a fait des centaines de millions de victimes depuis le XIXe siècle. Le proprio républicain a tellement les pétoches qu’il se réfugie dans l’idéologie la plus meurtrière de tous les temps : on dirait du André Breivik.
- Il est totalement faux d’affirmer que la spiritualité juive a quelque chose à voir avec l’attribution de la propriété d’Israël au peuple hébreu. C’est prêter au judaïsme la caractéristique d’une religion païenne. Fonder le nationalisme de certains juifs sur la Bible relève de la plus grossière mystification. C’est le juif Job qui le relève lui-même, pour s’en étonner : le dieu des Juifs n’accorde aucun droit à son peuple, mais seulement des obligations.
C’est aussi le meilleur moyen de cautionner ainsi le détournement de la religion véritable au profit d’intérêts particuliers.
- Pour ce qui est du christianisme, le port d’arme et même le fait d’emprisonner autrui entraînent la damnation (Apocalypse, chap. XIII) ; aucune défense de la propriété n’est possible selon le christianisme. La tartufferie de l’Eglise romaine est parfaite quand elle reconnaît les crimes du passé, des croisades prêchées par Bernard de Clairvaux et Dominique, tout en cautionnant actuellement une aumônerie catholique qui délivre le même genre de quitus immonde.
- Thomas d’Aquin, cité plus haut, est l’inventeur d’une doctrine militaire d’intervention au nom de la paix : 1/ absolument dépourvue de fondement chrétien ; 2/ dont l’histoire a prouvé depuis qu’elle sert la stratégie impérialiste hypocrite de conquête « au nom de la pacification », qu’on ne peut demander aux musulmans de gober comme les lecteurs de « Charlie-Hebdo » ou les militants du FN.