Bonjour chère Cassandre, demain je vais vous faire un peu de pub en diffant des tracts à la manif pour la paix qui partira à 15h place de Barcelone à Paris. Je ne vous demande pas de me remercier, j’espère juste que si ce n’est pas déjà fait vous écrirez un peu à Anna. Elle m’a dit qu’elle reçoit beaucoup de lettres, et qu’elle essaye de répondre à toutes.
je ne comprends pas bien ce qui vous gêne. Bon, déjà, Wagner n’existait pas encore, mais surtout, comme c’est bien dit en page 45, l’Autriche non seulement n’était pas membre de l’OTAN, mais elle ne pouvait l’être, du fait d’un traité signé en 1955 par de grandes puissances militaires.
Et j’insiste, oui, pour des Russes « remuants », il ne vaut mieux pas vivre dans un pays de l’OTAN. Aucun soucis pour mon épouse par exemple. Mais pour Xenia Fedorova, interdite de travailler pour sa passion, le journalisme. Je parle du vrai journalisme, pas le journalputisme.
je pense aussi à Anna Novikova, en prison depuis plus de 15 jours pour être venue en aide à des victimes du Donbass. En prison, quoi, une innocente, juste parce qu’elle a du sang russe, la sensibilité qui va avec, et qu’elle est un peu remuante dans un pays de l’OTAN.
Je devais avoir douze ans lorsque, pour la première fois, je mettais un pied sur le sol occidental. Ma mère avait fait le choix de l’Autriche. Le pays avait obtenu de conserver son indépendance au terme d’un traité signé en 1955 entre l’URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. L’accord prévoyait le départ des troupes des puissances alliées en échange de la neutralité militaire permanente de l’Autriche. Il ne comptait pas encore parmi les membres de l’Union européenne, mais les Autrichiens aspiraient résolument à l’être. Cela convenait à ma mère. D’autant plus qu’elle avait trouvé une petite maison dans un village, à proximité de Vienne.