Bonsoir @ Latitude 0, Vous avez bien résumé la situation. Nous vivons, en ce moment, la dérégulation de la « dérégulation », cad la destruction des derniers « verrous » de sécurité mis en place par les accords de Bâle 1,2 et 3. Ensuite, ce sera la curée. En paraphrasant la réplique « Barnes, il n’y a que Barnes pour tuer Barnes » du film Platoon, d’Oliver Stone, je dirai « les marchés, il n’y a que les marchés pour tuer les marchés » car ils sont tellement voraces, prédateurs, qu’ils s’entretueront en entre eux, y compris le dernier survivant blessé à mort. Ce sera la fin de l’Apocalypse et un monde meilleur en sortira.....peut-être
Tout cela vient de loin, de l’abrogation du Glass-Steagall Act, des accords de Bretton-Woods qui ont permis la mise en place de « special purpose vehicle », de la tritrisations des créances, de supports qui ont conduit à la crise des subprimes. Mais aussi, à la dérégulation, la dérèglementation des activités bancaires et financières mondiales avec les « black pools » et le « shadow banking » (marché financier parallèle, organisé dans les paradis fiscaux concurrençant les marchés réglementés, tout en dissimulant les actifs pourris, toxiques en « hors bilan ». En ce moment, nous assistons, en Europe, à une dérégulation de la « dérégulation », cad que vont sauter les derniers « verrous » de sécurité mis en place par les accords de Bâle 1, 2 et 3. Enfin ce sera la curée. Désolé pour ce constat catastrophique, mais nous en sommes en partie responsables collectivement et individuellement par notre silence, notre confiance aveugle dans les « experts » politiques et autres.
« Pour triompher, le Mal n’a besoin que l’inaction des gens de bien » Edmund Burke
@ Viktor, sur
ce coup je ne vous suis pas en vous le disant amicalement et en vous
copiant un de mes précédents commentaires. Ne nous
laissons pas distraire pas des pétards comme cette « germanophobie »,
le « MOX », le « capitaine de pédalo » et tutti
quanti car il s’agit de manoeuvres politiques pour occulter le débat
de fond qui est autrement plus important et occuper l’espace
médiatique.
Lisez au plus vite "La fabrique du
consentement" de Noam Chomsky
Même
avant Maastricht, les dirigeants de l’Union Economique Européenne,
avaient déjà décidé de la construction d’une Europe fédérale, entre eux. Lors
de la préparation, du vote du Traité de Maastricht, ensuite de ceux
d’Amsterdam, Nice, Lisbonne, cette volonté est demeurée présente et
toujours non affirmée, non revendiquée notamment par Jacques Delors,
Pascal Lamy, Giscard d’Estaing,.... Dans les voeus pieux de cette construction européenne figuraient des convergences économiques, financières, sociales et fiscales mais ces deux dernières n’ont jamais été discutées et pas conséquent pas mises oeuvre. Au
contraire, tout s’est construit sur des moins-disant fiscaux et sociaux
entre tous les partenaires, notamment Irlande, Portugal, après la chute
du Mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, avec les pays de
l’Est.
Merkel a réussi son coup avec les
Monti, Draghi, Papedemos et un Sarkozy qui a baissé son froc, à
savoir lancer la Grande Braderie de l’Europe au seul bénéfice de
cette oligarchie, avec une BCE qui rachète de la dette souveraine
plus ou moins pourrie sur les marchés primaire et secondaire
devenant une Bad Bank (en contradiction avec tous les traités) en
attendant de la transférer au FESF, ce qui limitera dès maintenant
les possibilités d’intervention du Fonds.
En effet, elle a obtenu ce qu’elle
exigeait depuis toujours : Une modification radicale,
profonde du Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne
(TFUE) donc du Traité de Lisbonne en intégrant des sanctions automatiques, une pseudo intégration fiscale, etc..
Mais cette modification du traité se fera en dehors de tout
cadre référendaire européen, en utilisant l’article 48 du
TFUE (Traité de Fonctionnement de l’Union Europe
Européenne). Ce procédé avait déjà été utilisé le
16/12/2010 par le président du Conseil Européen, Herman Von Rompuy
pour l’accord du 11/03/2011, par amendement de l’article 136 du
TFUE et de l’instauration d’un mécanisme permanent, le FESF et
le MES, le 11 juin 2011. Des sanctions automatiques ou décidées
par la Commission sur plainte d’un état pour non respect des
engagements budgétaires.
Créer un mécanisme permanent de sauvetage.
Une règle d’or des 3% et de 60% du PIB, tout en sachant que
cette règle définie lors du traité du Maastricht n’a jamais été
respectée (même par l’Allemagne, qui prévoit d’augmenter son
déficit en 2012) reposait sur les éléments suivants :
Les taux de 3% du déficit, et de 60% pour la dette sont le
résultat d’un calcul représentant une situation d’équilibre :
si un État a une dette de 60% du PIB, un déficit de 3% du PIB et
une croissance du PIB de 5% (en € courants) alors la dette de cet
État reste stable à 60% du PIB (même si cette dette augmente en
valeur absolue).
"En juin 1981 qu’il était chargé de mission à la
Direction du Budget du ministère des Finances, l’économiste Guy
Abeille raconte avoir été mandaté avec son chef de bureau de
l’époque Roland de Villepin d’établir un critère économique
utilisable par le Président Mitterrand dans ses discours. Faute de
mieux, Abeille et Villepin proposent alors ce critère relativement
simple basé sur un ratio déficit/PIB qui, du propre aveu d’Abeille,
« ne mesure rien » et sur une norme (3%) qui « n’a
pas d’autre fondement que celui des circonstances » (le
déficit budgétaire de l’époque atteint déjà presque 2% du
PIB)".
En l’espèce, il n’y a pas de crise de l’Euro en tant que tel, quitte à faire hurler beaucoup de lecteurs, il s’agit d’une crise des banques et des assurances, du « shadow banking » qui estoccultée, dissimulée, par des imprécations « religieuses », « mystiques » de défense de l’Euro seul « sauveur » de L’Union.
Pour l’expliciter, je vous copie l’analyse très fine d’un professionnel de la finance :
L’euro se porte bien en valant 1,38 $ depuis quelques années. Les normes
« prudentielles » comptables Bâle II, mais aussi Bâle III, IASB et FASB
autorisent les banques à « interpréter les signaux du marché » (<<< Sources : Mazars, page N°8, Bank News Octobre 2010), à donner à leurs dettes l’aspect de bénéfice, c’est à dire à tricher
réellement ou à tricher virtuellement pour réduire leurs dettes. Dans la
première voie les banques émettent des obligations, appelées
« obligation corporate ». Par exemple elles émettent sur les marchés
financiers 1000 obligations et reçoivent 1000 en cash. Puis les
investisseurs doutent de la solvabilité de ces banques et les
obligations chutent à une valeur de 400. La banque rachète ses propres
obligations décotées à 400 et son bénéfice net est de 600. Les normes
prudentielles comptables ont pensé à la pénibilité du travail des
banquiers, et leurs recommandent de simplement déclarer une augmentation
de bénéfice de 600, un « gain contre intuitif », sans réaliser la moindre des opérations quand elles
doivent se recapitaliser. Les banques procèdent massivement à ce jeu
depuis 2008, mais les trillions d’actifs pourris et en pourrissement
sont toujours cachés dans les banques. En réalité, la banque n’a même
plus les moyens de sortir 400 pour se recapitaliser et couvrir sa dette.
Ici aussi l’effet de levier entre en jeu, et plus une banque perd, plus
elle annonce des bénéfices. Mais le day of reckoning arrivera avant
même que de réels et très graves plans de rigueur ne prennent effet. Il
n’y a pas de crise de l’euro, mais la crise des banques.
Une rapide analyse du dispositif du FESF mis en place le
28/10/2011 pour démontrer qu’il est catastrophique :
l’abandon de créance de 50% par les banques européennes
sera limité par l’obligation de recapitalisation des banques
grecques aura une efficacité réelle de 19 à 27%. A l’issue de
ce G20 inénarrable, il est passé à 60% alors que la provision
devrait être de 100%. - la garantie de 20% de la première perte
sur des obligations souveraines est insuffisante pour rassurer les
marchés et les banques, à terme. - le renforcement du fond par
un effet de levier est dangereux car il mènera à la création
d’une pyramide de Ponzi. -la création dans le FESF d’un
« special purpose vehicle » ou Fonds Commun de Créances est
un clone des supports à l’origine des ’subprimes" Après
la mise en place du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui
devrait se faire très rapidement, certainement avant les
présidentielles de 2012 (et non en juin 2013, comme prévu), nous
serons livrés pieds et poings liés à une organisation
supranationale européenne qui gèrera directement les budgets de
tous les états européens.
Description de la Banque-MES : 1°) Organisation
Internationale, siège social au Luxembourg, d’une durée
illimitée 2°) détient la personnalité et la capacité
juridique et peut donc contractualiser, transiger en son nom 3°)
les dirigeants, collaborateurs, la personne morale bénéficient
d’une immunité juridique et d’un secret total sur tous leurs
actes, missions. Par conséquent, aucune institution européenne,
état, association, ne peut l’attaquer en justice sur ses actes,
décisions même s’ils sont avérés avoir porté préjudice. 4°)
Montant de départ de garantie de 700 mds d’euros qui seront
complétés par des apports complémentaires décidés et imposés
par la Banque-MES suivant ses analyses. Ceci signifie qu’elle
pourra réquisitionner automatiquement les capitaux qu’elle estime
nécessaires et par conséquent avoir la mainmise sur les budgets des
états.
5°) les états européens seront contraints de garantir de
manière irrévocable et inconditionnelle la dette créée par le MES
et sa Banque
Et maintenant le tabou du découplage de la zone euro entre pays
forts et faibles est levé et cette option est clairement envisagée,
en cours d’évaluation.
In fine, la création d’une Europe Fédérale gérée par une
techno-structure ultra-libérale, totalement anti-démocratique qui
organisera, contrôlera les budgets de tous les états européens
avec un pouvoir de sanction exorbitant.
Ce même Sarkozy veut nous vendre une Europe « plus
démocratique, solidaire », qui exigera le renoncement aux
acquis du Conseil National de la Résistance, du Front Populaire pour
prétenduement pour « conserver notre niveau de vie ». Il
y a là une contradiction fondamentale.
Souvenez-vous de son discours de 2002, où il invoquait avec
haine la destruction de l’esprit de Mai 1968, source de tous les
maux de notre société. Ce jour là j’ai eu peur, une peur qui
tordait le ventre, qui me rappelait cette Peste Noire et Brune qui a
dévasté l’Europe et le monde.
Aujourd’hui, nous vivons un dangereux « parallélisme »,
car si l’histoire ne se répète pas, elle bégaie, balbutie en
produisant des avatars.
Sachant que les textes votés par nos parlementaires sont à 70,
80% la mise en conformité de directives européennes, rajoutez le
vote d’une Loi de Finances, d’une révision de la Loi de Finances
N-1, imposée de l’extérieur et vous aurez le solde de ce qui
restera notre souveraineté.
Dans ce discours, il a parlé de la peur des citoyens tout en
omettant qu’il est le responsable, le pompier pyromane, de cette
peur, de cette insécurité, des stigmatisations, du racisme, qu’il a
su entretenir en soufflant sur les braises, aidé par des Hortefeux,
Guéant, Besson.
Il a parfaitement assimilé « Le Prince » de Machiavel
En 2006/2007, Paul Jorion, Nouriel Roubini avaient lancé l’alerte
sur les risques « subprime », ils ont été traités de fous
et ceux qui ont relayé l’information, de
« conspirationnistes » Au-delà des personnages (Sarko,
Merkel, Dragui, Van Rompuy....), d’institutions (Conseil Européen,
Commission, FESF, MES, BCE), il s’agit de l’aboutissement d’une
stratégie lente mais continue du contrôle de l’économie mondiale
par une oligarchie financière qui se dévoile à l’aube de son
succès.
Je vous propose de consulter le blog d’un professionnel de la
finance (peut-être actuaire bancaire ou trader) qui donne de très
bonnes analyses et informations
fiables : http://www.renovezmaintenant67.eu/
Mais aussi, le blog d’un actuaire bancaire Olivier Berruyer,
avec ses analyses extrêmement pertinentes et son livre "Stop !
Tirons les leçons de la crise’ ( très
accessible) : http://www.les-crises.fr/
Dans leur grande majorité, les citoyens ne croient plus aux
« politiques », à la « cuisine », aux programmes
« soupes » électoralistes mais continuent à voter pour le
moins pire.
Merci @ Michel de cette bonne synthèse sur ce « hold-up » des institutions et j’attends de vous un article sur le « recyclage » des élus ayant perdu leur mandat, dans certaines institutions comme le Conseil Economique et Social et tutti quanti. Il y a du grain à moudre.
Dans leur grande majorité, les citoyens ne croient plus aux
« politiques », à la « cuisine », aux programmes « soupes » électoralistes
mais continuent à voter pour le moins pire.
Une mesure de salubrité publique et citoyenne : interdire les partis
politiques, leur idéologie et appeler à un Comité de Salut Public.
Quelques pistes : Constitution : une nouvelle Constitution issue d’une Assemblée Constituante et d’un référendum Pour les grandes décisions économiques, sociales, financières, juridiques, vote référendaire, le parlement n’ayant qu’un rôle technique de conseil et de mise oeuvre des décisions. Mise en pratique des référendums régionaux et locaux
Elections : Casier judiciaire vierge Publication de l’ensemble des revenus élargie, du patrimoine et % détention de capital d’entreprises, SCI Absence de conflit d’intérêt Un
mandat unique non renouvelable et sans cumul Proportionnelle
intégrale Référendum à mi-mandat de l’action du Président de la
République et de son gouvernement
Finances Publiques : Renégocier les Traités Européens pour
« casser la dictature des marchés » et la création d’une Banque centrale
citoyenne avec la capacité de créer la monnaie et dirigée par des
organisations syndicales, de consommateurs, des collectifs. Les
« experts » financiers n’auront qu’un rôle de conseil technique. Contrôle des mouvements de capitaux (spéculation) Renégocier
la dette publique par un audit sur la dette « indûe » ou l’effacer,
purement et simplement en accord, si possible, avec les autres états
européens. Réformer la fiscalité, notamment l’IR, CSG, CRDS (cf Thomas Piketty Pour une révolution fiscale)
Justice : Indépendance des Procureurs de l’exécutif Renforcement du rôle des Juges d’Instruction Réformer
les différents codes, notamment sur les infractions
politico-économiques et financières qualifiées de crime relevant de la
Cour d’Assises. Suppression des juridictions d’exception comme la Cour de Justice de la République. Responsabilité pénale du Président de la République, de son gouvernement, des conseillers pendant la mandature Modifier les critères de l’immunité parlementaire, des élus sinon la supprimer
Création d’une Université de la République donnant une formation pour
exercer les mandats, à tous les citoyens de toute origine et condition