Technicien informatique de 38 ans résidant à Strasbourg, je m'interesse à tout, je lis encore un peu la presse (presse de tous les bords, presse inféodée comme presse indépendante), les livres en général et la science-fiction en particulier.
Et alors, ça t’apporte quoi d’être un descendant de Charlemagne ? Moi aussi, j’apprécie l’Histoire de mon pays et c’est pour cette raison que je considère la nationalité française comme étant d’abord une histoire d’état d’esprit, c’est un pacte. Et que tu sois descendant de Charlemagne ou d’un clochard du Mali, j’en ai un peu rien à cirer. Maintenant que ces jeunes rejettent le pacte que leur propose la société française, ça semble évident mais les raisons me semblent tout aussi évidentes et comme ayant trés peu à voir avec leur couleur de peau. Comme toute criminalité, elle a une origine sociale. Suffit de regarder la ghettoisation, l’état des écoles, des logements, suffit de voir leur pourcentage d’admission dans les grandes écoles, suffit de constater la discrimination à l’embauche maintes fois prouvée... C’est le taux de chomage, d’alphabetisation, de scolarisation... dans ces quartiers qui est la cause de la criminalité. Et ces jeunes n’en sont pas responsables !!! Ils étaient enfants ou même pas nés lorsqu’ont été prises les décisions qui ont amené à la création de ces ghettos. Ils sont le produit de cet environnement, tout comme moi même, je suis le produit de mon environnement. Il ne s’agit pas de les excuser encore une fois mais pour résoudre le problème, il faudrait déjà commencer par correctement en analyser les causes sinon on risque d’y apporter des solutions pires que le mal. C’est à mon avis ce qui se passe avec la conduite ouvertement raciste de notre police qui va conduire ces jeunes à une révolte pour le coup que d’un point de vue historique, on ne pourra considérer que comme étant légitime.
La plupart sont français, ils sont nés en France, parlent français, ont toujours vécu en France, nous sommes camarades et si un jour, la nation est en danger, ils seront nos frères de lutte, il le faudra. Et je ne doute pas que la grande majorité (81% au dernier sondage de 2002) pense comme moi.
Pour ma part, la réponse que j’ai trouvée est que notre démocratie est déjà morte dans l’esprit et que la facade était tranquillement en train d’être démontée brique par brique. Cette dictature s’installe sous couvert d’ordre et de sécurité comme toutes les dictatures. Sarko est un dictateur à la française, relativement soft (pour l’instant) mais il en est bien un : concentration de tous les pouvoirs entre ses mains, detournement de l’etat à son profit et celui de son clan, mépris du peuple et de l’expression du peuple(constitution européenne, « casse toi pov’ con »...), aucun respect de ses contradicteurs ou opposants, culte du passage en force (en démocratie, on privilégie les compromis), son parti aux ordres, controle des médias sans précédent depuis De Gaulle (il l’a même probablement surpassé)... Bref, un dictateur élu, mais un dictateur quand même. Le fait d’organiser des élections ne signifie pas que notre pays est une démocratie.
Je te plains, ça ne doit pas être facile de vivre dans cet état d’esprit. Désolé mais pour moi qui vis à Nancy dans un quartier HLM, tout ce dont tu parles (en gros, une invasion à la fois sociale, culturelle, territoriale, religieuse...) c’est du pur fantasme. On ne manque pas d’immigrés, comme partout, mais ils sont parfaitement civilisés, on peut leur adresser la parole sans qu’ils nous agressent, leur religiosité eventuelle se cantonne à leurs sphère privé et il arrive même lorsque j’en croise que j’en arrive à oublier leurs différences pour n’y voir qu’un citoyen comme un autre. On a aussi nos cailleras mais assez étrangement, elles viennent toutes de quartier délabrés, à l’écart de la ville, où le chomage atteint des proportions dantesques et où la Mairie se contente de renover les facades. La denière trouvaille de notre maire est formidable puisqu’il a eu l’excellent idée de construire une nouvelle prison en face du Haut-du-Lièvre, un de nos quartiers « difficiles ». Sans doute pour que les bambins du quartier comprennent bien à quoi on les destine.
Bien sur, je ne doute pas que pour toi ce sont les « allogènes » qui habitent le quartier qui l’ont dégradé et rendus dans cet état car « c’est dans leur nature ». Pour moi qui ne croit pas en l’existence de races (tout simplement parce que l’on a jamais réussi à le prouver scientifiquement. Il est tout à fait possible que tes gènes soit plus proches d’un africain pris au hasard que de moi malgré le fait que ta peau soit blanche.), je pense que le comportement de ces caids de banlieue est en tout point comparable à celui des caids de toutes les époques, souvent issus des populations immigrés du moment d’ailleurs. Bien sur à ces époques diverses, il s’est à chaque fois trouvé des gens comme toi pour expliquer que l’Etranger était le danger.
Le danger, il est bien français, le danger ce sont tous nos politiques corrompus et mafieux qui dirigent le pays vers sa faillite et les pauvres enfants des arabes que l’on a fait venir dans les années d’après guerre n’ont rien à voir avec la Crise, avec les guerres, avec l’inflation... Ils on à voir avec la criminalité dites-vous. Oui, mais la criminalité a à voir avec la misère et certainement pas avec la race. Sortez-moi une seule étude qui prouve que les peuples arabes sont davantage portés par le crime que les occidentaux ? C’est complétement absurde. Par contre, des études prouvant que la criminalité est directement lié aux conditions socio-économiques, il en existe des centaines. De toute façon, pour quiconque a vécu la misère, et donc la tentation du crime, c’est une évidence.
Je retourne l’argument. Il faudrait donc qu’une entreprise demande une autorisation à l’Etat pour transférer du travail vers les pays pauvres ?
Et bien non, si je suis votre discours sur la coercition, il suffirait que le patron obtienne l’assentiment de ses employés, je n’ai nulle part parlé d’une autorisation de l’Etat.
Et pour répondre à votre deuxième affrirmation, je vais vous surprendre, mais je ne suis pas pour que les pays pauvres restent pauvres.