Technicien informatique de 38 ans résidant à Strasbourg, je m'interesse à tout, je lis encore un peu la presse (presse de tous les bords, presse inféodée comme presse indépendante), les livres en général et la science-fiction en particulier.
Incroyable, les pauvres commencent à peine à faire parler d’eux que déjà on les compare aux nazis.
Dans le genre association dégueulasse, j’en reste pantois...
Ce n’est pas la croissance économique en tant que tel qui est responsable de notre niveau de vie actuel. C’est une combinaison de l’amélioration de la technique, de la science, de l’hygiène, de la scolarisation, de la qualité de l’alimentation, des soins etc...
Bien sur que la croissance économique a été utile pour être ce que nous sommes, il a bien fallu au préalable grandir, nous sommes tous d’accord MAIS doit-on grandir indéfiniment au point de dévorer tel un virus l’hôte sur lequel nous vivons.
Les décroissants ne pronent pas la décroissance dans l’absolu, ils pronent la décroissance dans la situation actuelle de nos pays occidentaux, gorgés de consommation. On fait une pause, quoi.
On s’arrete et on regarde ce qui est vraiment nécessaire de ce qui ne l’est pas.
Par exemple, est-ce qu’il est vital pour la société d’avoir 1500 modèles de portables différents ? Est-ce qu’il est vital pour la société d’investir autant d’argent dans la publicité ? Un capitaliste te dira oui sans hesiter puisque cela fait travailler des gens, cela genere de l’argent et en plus ça augmente la consommation. Mais a-t-on le droit de penser le contraire sans être traité d’amiche ? Les publicitaires sont des parasites, ils ne servent à rien sinon à nous pousser à consommer.
Il n’y a aucun à priori sur la technologie, ça n’a rien à voir. Au contraire, redeployer les efforts de l’humanité se ferait sans aucun doute au bénéfice de la recherche et de l’éducation tant les besoins de solutions à des tas de problèmes sont immenses. En tout cas, on est en droit de l’imaginer.
Etre contre les voitures à essence ne veut pas dire qu’on veut retourner au chariot à bras. Etre contre la publicité n’implique pas l’abandon de l’electricité. Etre contre les innovations de la finance virtuelle ne signifie pas que l’on soit un retrograde passéiste.
Bien sur, les decroissants proposent la décroissance dans les pays où ça a un sens. Du genre, des pays où l’on meure d’obésité, des pays où l’on dépense plus pour son animal domestique que la somme nécessaire à nourir un être humain, des pays où l’on est suffisamment riche pour se payer des 4x4 alors que la lutte contre le CO2 est une priorité et que ces engins consomment de manière monstrueusement inefficace etc, etc...
Appliquer la décroissance dans les pays africains, y avait qu’un opposant à la décroissance pour y penser !
Personne ne veut abolir le travail mais qui a dit que le travail devait être la valeur suprême autour de laquelle toute notre vie doit s’organiser ? Ce qui est bien le cas à notre époque du reste.
Absurde... On peut aujourd’hui se renseigner sur la décroissance et éviter de porter ce genre d’accusations sans fondements.
De ce que j’ai pu lire sur le sujet, les décroissants savent bien que la décroissance tel qu’il l’imagine ne pourrait se faire qu’avec le consentement démocratique du peuple. C’est une évidence, vouloir imposer une décroissance par les armes et la répression, c’est déjà ce que fait le capitalisme, ça n’aurait aucun intérêt.
La décroissance proposée par ces personnes n’a rien à voir avec la récession que l’on connait aujourd’hui. La récession d’aujourd’hui est une sorte de chateau de carte qui s’ecroule alors que la decroissance qu’il propose reviendrait à demonter le chateau de cartes, carte par carte, patiemment et en prenant garde de pas tout faire tomber d’un coup.
Une utopie ? Sans nul doute... Comme le libéralisme d’ailleurs.
Par exemple, on force les industriels (par la taxation/incitation) à diminuer de 80% les emballages. Fatalement, cela va provoquer une baisse de l’activité, tous les gens qui travaillaient à fabriquer ces foutues emballages se trouvent à la rue, moins de rentrée fiscales pour l’état... Oui, mais... imaginons les économies à l’autre bout de la chaine, moins de frais de traitement des déchets qui diminueraient considérablement. Par contre, ça fait encore du travail en moins, tous ces gens qui ramassaient les déchets, les triaient etc... mince alors.
C’est précisément à cause de ces considérations que les écologistes capitalistes se retrouvent piégés. Ils ne peuvent pas pratiquer l’écologie sans s’en prendre à l’économie. La croissance verte est un oxymore, un mensonge.
La décroissance signifierait donc moins de consommation et donc moins de "confort" matériel MAIS elle signifierait une humanité qui cesserait de cannibaliser la planète, une humanité qui n’aurait plus honte d’elle-même, une humanité qui travailleraient moins, qui aurait plus de temps à consacrer à sa famille, ses amis, le farniente...
Personnellement, je suis prêt à ça. Et sans me forcer en plus.
Donc, plutot que de renoncer à l’écologie, acceptons en les conséquences à savoir la décroissance. Bien sur, tout le noeud du problème est de gérer la décroissance. Mais c’est un problème qui se pose aussi dans le capitalisme, comme par exemple en ce moment...
Et puis, un peu de bon sens, on ne peut pas être écologiste et à la fois, réclamer plus de (plus de salaires, plus de pouvoir d’achat, plus de voitures, plus de joujous high-tech, plus de fringues, plus, plus, plus...). La décroissance fait une oeuvre salutaire en nous rappelant à tous le prix que l’on devra payer le jour où l’on se convertira à l’écologie (si on a pas tout bousillé avant).