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Bovinus

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  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 19 avril 2011 12:37

    Eh bien, sur le film, je resterais beaucoup plus réservé. Il n’est pas mauvais, mais il est loin, très loin d’être excellent. En tout cas, il ne vaut clairement pas les éloges dithyrambiques dont il a fait l’objet. C’est un bon film grand public, sur un sujet intéressant et même quelque peu original ; à part cela, rien de transcendant. Je pense que M. Villach n’a pas tort de souligner le phénomène qui fait l’objet de l’article, à savoir, la soumission aveugle à l’autorité, et non le film proprement dit.



  • Bovinus Bovinus 19 avril 2011 12:25

    @ Cocasse

    C’est dommage, votre commentaire était intéressant, mais vous l’avez gâché par les trois dernières interrogations. Notamment celle-ci : « Pour mettre quel pouvoir en place ? Une dictature rouge ? »

    Faut pas être frileux comme ça ! Tout est toujours possible, il suffit de s’en donner les moyens. Un groupe de « révolutionnaires professionnels », genre parti communiste russe de Lénine, n’est pas forcément indispensable de nos jours. On a des outils de communications que ces gens n’avaient pas ; de même, il est impensable que dans la France ou même l’Europe d’aujourd’hui, les forces de l’ordre dépassent les bornes et se mettent à tirer sur la foule, comme les soldats du Tsar. Le risque existe toujours, mais il est tout de même très réduit.

    Ce qui est rouge n’est pas forcément une dictature ; inversement, un régime conservateur, peut très bien devenir une dictature. Par exemple, l’Espagne de Franco. Le Portugal de Salazar. La Grèce des Colonels. La plus grande partie du continent Latino-américain, au cours des années 50-70.

    Vous devriez méditer sur ce qui s’est passé tout récemment en Islande.

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-revolution-islandaise-acte-1-89229
    http://www.lefigaro.fr/international/2009/02/02/01003-20090202ARTFIG00040-l-islande-ebranlee-par-la-revolution-des-casseroles-.php
    http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/la-revolution-silencieuse-de-l-86854



  • Bovinus Bovinus 15 avril 2011 20:59

    Marc Gélone :
    Tout cela démontre les qualités intrinsèques du peuple russe.

    Si vous voulez. Un astrologue y verrait sûrement les effets d’un trigone Lune-Mercure-Jupiter en maison XII au cours du mois d’octobre 1917.

    Et on imagine à quel degré de prospérité et de développement, il aurait pu parvenir s’il n’avait pas été lancé dans une impasse.

    Si l’on considère, d’après les idées d’un certain penseur que vous et moi respectons également, que l’idéologie d’un peuple est toujours pour une part l’expression de ses rêves et de ses aspirations profondes, et en aucun cas fortuite, il est possible que le peuple russe se soit lancé dans cette « impasse » tout seul. Après tout, les élections de 1918 auraient pu donner la majorité à un autre parti que le parti bolchévik. Enfin, il y eut cette autre impasse tentée dans les années 90, et qui s’est avérée un désastre total au bout d’à peine 8 ans : l’ultra-libéralisme.

    J’ajoute que, dans toutes ses variantes, elle tue, et que, dans toutes ses variantes, elle fait faillite, économiquement parlant.

    Remplaçons le syntagme « idéologie communiste » dont il est question ici par celui de « fraise tagada ». Nous obtenons ceci : « dans toutes ses variantes, la fraise tagada tue, et fait faillite, économiquement parlant ». Absurde, n’est-ce pas ? Ce n’est pas l’idéologie qui tue et fait faillite, mais des hommes biens réels qui prétendent agir en son nom. Exactement comme les Inquisiteurs ont tué, en prétendant agir au nom du Christ.

    Nous sommes sur un quiproquo : je vous parle d’idéologie, en tant qu’objectif ultime à atteindre, et vous me répondez régime, ou méthode de gouvernance (qui peuvent être pluralistes ou totalitaires). Le totalitarisme militariste américain, qui se prétend démocratique (et qui en effet prêche une idéologie qu’on pourrait appeler « parlementarisme marchand »), jette autant de discrédit sur la « démocratie » quand il envahit le Vietnam ou l’Irak que Staline sur le « communisme » lorsqu’il partageait la Pologne avec Hitler. Le régime américain est-il pour autant l’incarnation idéale de la « démocratie » ? Si c’est en effet le cas, je ne la souhaite à personne.

    Quoi que vous fassiez, il faudra toujours une minorité pour commander à une majorité.

    Je ne le conteste pas. Ce que je conteste, c’est que cette minorité s’arroge le droit de commander pour ne servir, au final, que ses propres intérêts. En ce sens, j’estime - personnellement, bien sûr - que le communisme est une idéologie plus « souhaitable » qu’une idéologie qui prône la prospérité universelle par le libre-échange et la démocratie (amen). À ce stade, cela ne peut être évidemment qu’une question d’opinion, ou de valeurs, si l’on veut.

    En tout cas, j’ai eu plaisir à échanger avec vous, vous êtes un débatteur (presque toujours) de bonne foi et cultivé. À la prochaine fois, et bien à vous.



  • Bovinus Bovinus 15 avril 2011 16:34

    Pas le risque, le temps ! En le moins de mots possibles : le communisme est une doctrine contre nature qui postule l’existence d’un homme utopique.

    Et pourtant, le communisme est peut-être l’idéologie moderne la plus proche d’une autre « idéologie » qui compte plus d’adeptes que toute autre dans le monde aujourd’hui, dont elle est directement inspirée : le christianisme. Oui, vous avez raison, faire le pari de l’humanité de l’homme est peut-être « contre nature », dans le sens où d’autres ont choisi de faire le pari de l’inhumanité, avec le succès que l’on sait. Comme le disait Bernanos, « Il y aura toujours plus à gagner sur les vices de l’homme que sur ses vertus ».

    Je ne m’appuierai que sur ce que je connais le mieux - à savoir, le communisme soviétique - pour vous livrer ce simple bilan : un peuple illettré à 90% en 1917, qui construit en peu de temps un État totalement industrialisé, qui remporte quasiment seul la plus terrible des guerres que l’humanité ait jamais connue, celle contre l’Allemagne nazie, qui reconstruit tout sans la moindre aide chez soi mais également en Europe de l’Est, qui tient tête à tout l’Occident et qui, pour finir, envoie le premier homme dans l’espace, moi ça me paraît être de l’ordre de la science-fiction. J’ignore quelle est la part exacte et réelle du communisme là-dedans (car, remettons les choses à leur place, le régime soviétique n’était dans les faits que d’inspiration communiste - il était simplement oligarchique et socialiste), mais si elle fût, ne serait-ce qu’une sorte de phare perdu au loin, guidant les hommes, cette idéologie mérite le plus grand respect.

    Certes, il y eut les délires mégalomanes et paranoïaques de Staline. Vous ne me croirez pas, mais objectivement, Staline n’avait rien d’un communiste. Il n’était rien d’autre qu’un vulgaire autocrate exceptionnellement brutal et sanguinaire, ayant usurpé le pouvoir à son seul profit et n’hésitant jamais à dévoyer l’idéologie du régime selon son bon vouloir, s’en servant comme d’une caution quand cela lui convenait, ou la contournant pour « raisons d’État » quand elle lui était incommode. Il fut désavoué par ses prédécesseurs (Lénine et Trotsky, qu’il fit d’ailleurs assassiner) ainsi que par ses successeurs (Khrouchtchev et tous ceux qui ont suivi). Beaucoup de ses décisions ont été totalement irrationnelles et contre-productives (purge de l’Armée Rouge, collectivisation des terres, terreur et répression aveugle, gestion calamiteuse de la guerre contre l’Allemagne, etc, etc).

    Ainsi que le dit Léo le Sage, dont je salue l’intervention ci-dessus, le chemin pour parvenir à une société plus juste, plus équitable et plus fraternelle, est le plus difficile et le plus périlleux qui soit, mais c’est aussi le seul choix réellement possible et raisonnable. Aussi longtemps qu’une minorité asservira la majorité, celle-ci sera condamnée à être renversée par celle-là, et nous serons contraints de faire du sur-place, à revivre éternellement les mêmes malheurs.



  • Bovinus Bovinus 15 avril 2011 13:16

    Que ce soit vous qui disiez que le Monde diplo est un « torchon » ou que ce soit moi qui qualifie votre livre du même sobriquet, on n’est guère avancés. Encore une fois, vous dénigrez sans réellement prendre le risque d’argumenter. Vous n’êtes pas sans savoir, pourtant, qu’en termes d’idéologie, l’Occident et le monde « communiste » ont été antagonistes durant plus de 40 ans (quand bien même les enjeux véritables étaient en réalité ailleurs). Quelle crédibilité, dans ces conditions, accorder aux critiques prenant trop ouvertement le parti de l’un ou de l’autre camp ?

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