« ...l’homme n’est pas plus maître de son destin, que de celui de la planète. »
J’en profite pour glisser ici que Schopenhauer a culbuté tous les philosophes de la planète, ou presque, le jour où il a écrit
« Certes, l’homme peut faire ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu’il veut ! »
J’ai
découvert cet aphorisme tardivement mais je l’avais en moi sous une
forme plus rustique. Et j’ai découvert ce matin ce qu’en dit Einstein
dans « Mon Credo » :
"Je ne crois pas
au libre-arbitre. Les mots de Schopenhauer : « L’homme peut faire ce qu’il veut,
mais il ne peut pas vouloir ce qu’il veut », m’accompagnent dans toutes les
situations tout au long de ma vie, et me réconcilient avec les actions des
autres, même si elles sont pénibles pour moi. Cette conscience d’absence de
libre arbitre m’empêchera de me prendre moi-même ainsi que mes collègues trop
au sérieux, et de perdre mon sang-froid".
En ce qui me concerne, ces mots ne me réconcilient avec personne, ils
montrent que les hommes pourris ne méritent pas plus d’indulgence, que
les hommes vertueux ne méritent d’admiration. Les uns et les autres se
limitent à être ce qu’ils sont.
En revanche, je souscris
pleinement à la dernière phrase de la citation, en notant que, qui que
nous soyons, nous n’avons pas plus droit à de l’indulgence qu’à de
l’admiration.
* * *
Un homme se jette dans les flammes pour sauver une personne prisonnière d’un véhicule en feu.
- Vous êtes un héros, lui dit-on.
- Pas
du tout, je n’ai simplement pas pu faire autrement. Et si je prends le
temps d’y réfléchir, je me dis que j’ai vraiment pris un risque insensé.
Moi non, mais je connais quelqu’un qui en a vue une. De tout près. Voici ce qu’il écrivait dans son journal, le Irish independent, du 10 juillet 2008 :
Alors
même que les États africains refusent de prendre des mesures pour restaurer un
semblant de civilisation au Zimbabwe, il nous faudrait de nouveau faire
l’aumône, à l’Ethiopie cette fois. L’Éthiopie était déjà au centre de
l’actualité il y a près de 25 ans, avec la campagne contre la faim de Bob
Geldof. Et durant ce laps de temps, la population du pays a bondi de 33,5 à 78
millions d’habitants…
Pourquoi diable
devrais-je de nouveau encourager la croissance démographique catastrophique de
ce pays ? Où est la logique ? Il n’y en a aucune. Et deux choses me disent que
la logique ne compte pas dans cette affaire.
La première,
c’est ma conscience. La seconde, c’est l’image, une fois de plus, d’un de ces
enfants qui, une fois de plus, fixe l’objectif, de ses yeux une fois de plus
grand ouverts, illustrant une fois de plus la tragédie qui une fois de plus,
etc.
Désolé mais
moi, j’ai parcouru ce pays. A pied et financièrement. Contrairement à beaucoup
d’entre vous, je suis allé en Ethiopie. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai
craché au bassinet pour les bonnes œuvres qui là-bas luttent contre la famine.
L’enfant aux yeux grand ouverts que nous avons sauvé il y a 20 ans est
désormais cet homme en rut, arborant une Kalachnikov et procréant comme bon lui
semble au gré de ses poussées hormonales.
Il y a sans
doute de bonnes raisons pour prolonger ce système économique, social et sexuel
détraqué et destructeur. J’ignore lesquelles.
Et vous, vous les connaissez, ces bonnes raisons ?
@CN46400 "En fait, pour moi, le communisme est un idéal dont on s’approche tous
les jours (Sécu en 45,Obamacare en 2012...etc code du travail...)...«
On est vraiment loin de compte, tant de la réalité que de l’idéologie.
»Mais pour vous c’est une maladie...«
Non, c’est une illusion, une chimère. Et ce sont ses tentatives de changer la nature humaine qui sont à l’origine de dizaines de millions de morts.
»...l’espèce humaine est, au contraire, toute entière contenue dans une destinée supranaturelle tracée et inévitable..."
Je ne sais pas ce qu’est une destinée supranaturelle. Tout ce que je sais, c’est que l’homme n’est pas plus mettre de son destin, que de celui de la planète. Tout ce qu’il pense et décide de faire prend naissance dans un inconscient que, par définition, il ne contrôle pas.